Sur les traces des Martiens - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 25/11/2011 à 23h45 par Kannie.


SUR LES TRACES DES MARTIENS

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Sur les traces des Martiens

 

Le robot Curiosity décolle aujourd'hui de la base de Cap Canaveral, en Floride. Il a pour mission de traquer la vie sur Mars

Curiosity est l'héritier d'une lignée de vaillants explorateurs. De vaillantes exploratrices, plutôt, puisque à la NASA tous les robots sont femelles.

Ses prédécesseurs, Spirit et Opportunity, avaient atterri en 2004 sur Mars avec comme mission de «suivre l'eau».

La petite nouvelle –qui n'est pas petite du tout– est, elle, chargée de traquer les traces de vie à la surface de la planète rouge. Elle doit décoller ce samedi de la base de Cap Canaveral, en Floride, à bord d'une fusée Atlas V, pour un voyage de huit mois et demi.

«C'est de loin l'appareil le plus grand et le plus complexe jamais envoyé sur le sol d'une autre planète», commente Doug McCuistion, directeur des programmes martiens à la NASA.

De la taille d'une petite voiture (deux mètres de haut, six roues, 900 kg), Curiosity farfouillera autour d'elle grâce à un bras dépliable de deux mètres de long.

Elle pourra forer les roches sur quelques centimètres ou sonder le sol pour détecter la présence d'eau.

L'exploratrice est aussi une chimiste accomplie qui transporte tout un laboratoire pour analyser les échantillons prélevés. A la recherche de molécules organiques, notamment.

Mais le clou de son attirail est digne d'un maître Jedi : le rayon laser sortant de son unique oeil rouge pourra faire évaporer des roches jusqu'à neuf mètres de distance, ce qui lui permettra d'analyser leurs émanations et d'en déduire leur composition sans se déplacer.

Avec un robot cinq fois plus lourd que les précédents, la NASA a laissé tomber les panneaux solaires. Curiosity tirera son énergie de 4,8 kg de dioxyde de plutonium. «Nous n'aurons plus de problèmes de poussière, ni d'ensoleillement en hiver», se réjouit Pete Theisinger, directeur du projet.

L'autonomie de Curiosity et de son générateur nucléaire a été calculée pour durer au minimum une année martienne (687 jours) et une vingtaine de kilomètres.

Mais, avant de se lancer dans l'exploration, encore faut-il qu'elle arrive saine et sauve à destination, après une phase d'approche particulièrement complexe, en août 2012.

«C'est un immense défi, on n'a jamais fait ça», souligne Doug McCuistion. Après avoir décéléré un maximum, la capsule déploiera son parachute. A 7 km d'altitude, elle larguera son bouclier thermique, puis, à 1,8 km, le robot et son train d'atterrissage –sa «grue spatiale»– se sépareront de la coque.

La grue volante enclenchera alors des rétro-propulseurs afin de se stabiliser et de faire descendre Curiosity au bout de filins jusqu'à la terre ferme. Là, des explosifs couperont les filins et la grue partira s'écraser plus loin. Pete Theisinger prévoit déjà de se ronger les ongles.

Ce dispositif devrait permettre au robot de se poser avec beaucoup plus de précision que le système d'airbags rebondissants de Spirit et Opportunity, sur un site sélectionné avec soin. Le choix s'est arrêté sur Gale Crater, un cratère d'impact, avec une montagne centrale. Il fait 150 km de diamètre et surtout quelques milliers de mètres de profond: une distance de freinage supplémentaire non négligeable quand il s'agit de décélérer dans une atmosphère aussi ténue que celle de Mars.

Proche de l'équateur, le site bénéficie en outre d'un bon ensoleillement –un plus pour préserver la santé de l'électronique de bord– et il est peu rocailleux –un plus pour préserver l'état général du robot à l'atterrissage.

Le site a aussi été choisi en fonction de la mission. Soit la recherche de traces de vie. Une vie microbienne, par exemple, qui aurait eu plus de chances d'exister dans des conditions moins froides et plus humides que ne l'est actuellement la surface martienne.

Pour déterminer à quelle période la planète aurait pu être «habitable», les experts observent les zones qui conservent encore des marques du passage d'eau liquide. Au nombre de cratères d'impact qu'on y trouve, ils estiment qu'il faut probablement remonter à 3,5 milliards d'années.

Gale Crater fait partie de ces terrains anciens, avec les vestiges d'une rivière, d'un canyon et d'un petit delta.

«Le plus intéressant, ce sont les strates qui affleurent sur les flancs de la montagne centrale, relève Ashwin Vasavada, responsable scientifique adjoint de la mission. En bas, on a de l'argile, puis des sulfates et en haut de la poussière martienne. C'est potentiellement un résumé de l'histoire de la planète.» Les minéraux argileux, surtout, repérés depuis les sondes en orbite autour de Mars, attirent les chercheurs.

«Il faut que les roches interagissent avec beaucoup d'eau pour qu'ils se forment», poursuit Ashwin Vasavada. «L'argile se forme dans des conditions plus neutres, plus propices à la vie, que les sulfates, qui correspondent peut-être à une période plus acide», note Charles Frankel, qui enseigne la géologie martienne au Middlebury College, dans le Vermont. Il ajoute qu'il s'agit d'un substrat très intéressant du point de vue des molécules organiques qui peuvent s'y fixer.

Mais la NASA n'ose pas trop compter là-dessus : «On ne sait pas si Mars a la capacité de retenir les matériaux organiques», précise Ashwin Vasavada. Ces composés à base d'atomes de carbone sont la matière première de la vie sur Terre.

«La vie les utilise parce que les atomes de carbone ont des liaisons très malléables, mais le revers de la médaille, c'est qu'elles sont très fragiles, explique Charles Frankel. Il y en a nécessairement eu sur Mars puisqu'il en pleut beaucoup du ciel (sur des météorites notamment). Mais les conditions qui règnent aujourd'hui à la surface, avec une atmosphère trop faible pour filtrer les rayons UV, et la nature supposée très oxydante du sol peuvent décomposer ces molécules.»

Dans les années 1970, la sonde Viking n'en avait pas trouvé. «Soit il n'y en a pas, soit il y en a très peu, commente le planétologue. Du moins à la surface.» En outre, si les précieuses molécules sont un prérequis à la vie telle que nous la connaissons, elles ne sont pas encore un synonyme de vie.

La NASA préfère donc ne pas se fixer d'objectif aussi précis.

«Personne n'avait prévu qu'Opportunity tombe sur des «myrtilles» (des cristaux d'hématite qui se forment par action érosive de l'eau), or il s'avère qu'il y en a des millions, c'est une découverte importante, relève Doug McCuistion.

La sonde Mars Reconnaissance Orbiter a repéré des traces de saumure qui pourrait être liquide pendant de courtes périodes. A chaque fois, Mars nous réserve des surprises: on trouve des choses qu'on ne cherchait même pas.»

Si elle arrive à bon port, qui sait ce qui attend Curiosity ? Que la force soit avec elle.

 

Un article de Lucia Sillig, publié par letemps.ch

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Lucia Sillig

Source : www.letemps.ch