Sur le Tara, ils veulent percer le mystère du plancton - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 12/08/2009 à 22h18 par Isabelle.


SUR LE TARA, ILS VEULENT PERCER LE MYSTÈRE DU PLANCTON

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Sur le Tara, ils veulent percer le mystère du plancton

Information sélectionnée par Isabelle

Une équipe de la station biologique de Roscoff se prépare pour l'expédition Tara Océans.

Le voilier va parcourir les mers du Globe, à partir de septembre.

Une grande aventure scientifique.

« Nous allons relever des échantillons de plancton dans tous les océans, et établir un catalogue de la biodiversité jamais vu jusqu'ici. »

Johan Decelle, doctorant chercheur à la station biologique de Roscoff (Finistère), a les yeux qui pétillent. Comme huit autres membres du groupe de recherche sur l'évolution du plancton, le jeune homme va participer à l'expédition Tara Océans.

Après sa médiatique mission en Arctique, terminée l'an passé, la goélette Tara, basée à Lorient (Morbihan), repart en effet pour une nouvelle aventure scientifique ambitieuse.

Durant trois ans, des chercheurs du monde entier vont se relayer sur le voilier, pour « élaborer des données de référence sur l'état du poumon de la planète ».

« Dans la peau d'explorateurs »

Le poumon que désigne Christophe Boutte, chercheur à Roscoff, n'est autre que le plancton marin.

En effet, une large part des micro-organismes dispersés dans l'eau de mer absorbe plus de la moitié du CO2 généré sur Terre, en partie responsable du réchauffement climatique.

« Malgré son importance, on dispose encore de peu de connaissances précises sur la diversité et le rôle du plancton dans l'écosystème », souligne Johan Decelle.

L'expédition est coordonnée par le CNRS et le Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) de Heildeberg, en Allemagne.

L'objectif est de comprendre les interactions entre les milliers d'espèces de plancton des mers du globe, des virus aux larves de poissons.

L'équipe de chercheurs de Roscoff, dirigée par Colomban de Vargas, est chargée de l'étude des protistes, plancton unicellulaire mesurant entre un micron et un millimètre.

Mais en quoi cette expédition sort-elle de l'ordinaire ?

« En général, une mission en mer dure un mois tout au plus, détaille Fabrice Not, chercheur au CNRS. Là, on aura l'occasion d'avoir une vision globale de l'état des océans à un moment donné. Et la goélette nous donne une flexibilité inimaginable comparée aux navires océanographiques classiques. »

L'embarcation sur le Tara d'outils sophistiqués pose néanmoins problème.

Pour les membres de la station biologique léonarde, l'actuelle préparation logistique est synonyme de casse-tête.

« Le Tara est un simple voilier, explique Fabrice Not. Il faut donc adapter nos instruments à ses petits espaces. » Pompes, microscopes, cabine de filtration... le moindre appareil doit être allégé et ne pas consommer trop d'électricité.

« On se sent un peu dans la peau d'explorateurs, confie Christophe Boutte. Cela change de l'image du scientifique en blouse blanche dans son labo. »

Les membres de l'expédition se relaieront durant les trois ans, la goélette ne pouvant accueillir que quinze personnes à la fois.

D'ici le grand départ de Lorient, le 5 septembre, les chercheurs vont peaufiner la préparation du bateau durant le mois d'août, « excités comme des enfants ! »

Régis MASSINI.