Stéphane Lhomme, Porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 22/10/2009 à 17h21 par Michel95.


STÉPHANE LHOMME, PORTE-PAROLE DU RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE

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Stéphane Lhomme, Porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire

Information recueillie par Michel95

Plutonium... Plutôt PIRE oui ! !

Faiblement émetteur de CO2, le nucléaire est souvent envisagé pour combattre le réchauffement climatique.

Mais les incidents à répétition (uranium stocké en Russie, plutonium de Cadarache, pour ne citer que les événements récents), la gestion problématique des déchets radioactifs, et le manque de transparence autour de cette industrie fâchent chaque jour un peu plus les Français avec l'atome.

Developpementdurable.com a donc décidé de faire le point sur la situation avec Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire (créée en 1997, il regroupe 842 associations).

Developpementdurable.com : Avec le réchauffement climatique, beaucoup, en France et à l'étranger, souhaiteraient développer le nucléaire pour réduire les émissions de CO2.

Qu'avez-vous à leur répondre ?

Stéphane Lhomme : Je leur demande de regarder les données officielles sur l'énergie dans le monde : le nucléaire représente aujourd'hui seulement 2 % de la consommation mondiale d'énergie, et sa part dans la production d'électricité globale, qui était il y a quelques années de 17 %, est passée à 14 %.

Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, le grand retour du nucléaire n'est pas une réalité.

La plupart des réacteurs en service sur Terre sont très anciens et ferment les uns après les autres, tandis que les innombrables nouveaux réacteurs annoncés avec tambours et trompettes ne sont pas au rendez-vous.

La raison ?

Ils sont beaucoup trop chers. Vous remarquerez d'ailleurs que les annulations de projets, étrangement, sont annoncées beaucoup plus discrètement.

Trop faiblement représenté et promis à une lente disparition, le nucléaire aura donc un impact quasi-nul dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Il ne sauvera pas la planète.

C'est ce que nous voulons faire comprendre à travers la campagne internationale « Don't nuke the climate ! » (« N'atomisez pas le climat »).

Autre argument qui nous fait dire que le nucléaire est incapable d'agir en faveur du climat : les milliards d'euros qui sont injectés dans la recherche sur l'atome, c'est autant d'argent qui n'est pas investi dans les énergies renouvelables.

Or elles ont un bel avenir : elles représentent déjà 16 % de la consommation mondiale d'énergie, soit huit fois plus que le nucléaire !

Sans compter que la politique nucléaire empêche toute économie d'énergie.

Enfin, les promoteurs du nucléaire eux-mêmes reconnaissent que l'industrie nucléaire est émettrice de gaz à effet de serre.

L'argument « énergie propre » ne tient donc pas non plus.

dd.com : A Cadarache, un stock de plutonium a été sous-évalué et l'incident dissimulé trois mois. Ce genre d'agissements est-il fréquent dans l'industrie nucléaire ?

S. L. : C'est le réflexe habituel dans le milieu.

Dès que se produit un événement imprévu, et surtout lorsqu'il est grave, l'industrie nucléaire commence par le cacher.

Si l'information a été dissimulée aussi longtemps, et si l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n'a pas été tenue au courant, c'est certainement que les exploitants ont essayé de trouver une solution pour se débarrasser du plutonium. Cela dit, on ne se débarrasse pas de 39 kg de plutonium comme ça !

Au passage, il faut également signaler que l'ASN a mené plusieurs inspections dans ce fameux atelier de plutonium : c'est la preuve que le gendarme de l'atome n'est pas capable de se rendre compte de ce qui se passe.

Ainsi, les exploitants agissent en toute impunité.

Quant à la thèse de l'accumulation de poussière avancée par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), qui aurait produit autant de plutonium, on a beaucoup de mal à y croire...

dd.com : Et les opérations d'espionnage dont vous et Yannick Jadot ont été victimes sont-elles monnaie courante ?

S. L. : A partir de 2003, ce fut le branle-bas de combat chez EDF (ainsi que dans les plus hautes sphères de l'Etat, car la politique nucléaire en France est une politique d'Etat) !

La cause ?

Deux événements quasiment simultanés : la publication par notre réseau d'un document « confidentiel défense » sur les vulnérabilités du réacteur EPR, et l'intrusion de militants de Greenpeace dans une centrale nucléaire à Penly, en Seine-Maritime.

Il fallait réagir.

Des mesures assurément illégales ont alors été prises : l'espionnage et la surveillance.

Il est difficile de dire que c'est monnaie courante, mais ce sont des pratiques inhérentes au nucléaire : c'est une industrie tellement dangereuse, tellement problématique, qu'elle pousse les gens à avoir des attitudes tout à fait condamnables.

Je rappelle à ce propos que Sortir du Nucléaire ne demande pas la transparence, car celle-ci n'existera jamais avec le nucléaire !

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