Soûleries étudiantes : expression d'un malaise existentiel - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 28/04/2012 à 22h00 par Fred.


SOÛLERIES ÉTUDIANTES : EXPRESSION D'UN MALAISE EXISTENTIEL

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Soûleries étudiantes : expression d'un malaise existentiel

 

Faut-il vraiment s'étonner de ce que les fêtes et soirées étudiantes dégénèrent de plus en plus souvent en soûleries dangereuses pour leur santé ?

N'est-ce pas, tout simplement, l'expression d'un malaise de plus en plus perceptible chez les jeunes, même (ou surtout ?) parmi ceux des milieux les plus favorisés ?

Depuis que leur capacité de jugement s'est éveillée, ils entendent parler de crise économique, de chômage, de désastres écologiques, de réchauffement climatique, de négligences scandaleuses vis-à-vis de la nocivité de pesticides et autres substances dangereuses pour la santé, et de bien d'autres horreurs !

Où sont les motifs d'optimisme et d'espoir en un avenir meilleur ? Dans plus de mondialisation et de concurrence pour obtenir plus de croissance économique et consommer davantage ?

Les étudiants des filières les plus prisées et les plus porteuses sont-ils enchantés à l'idée de devenir les meilleurs soldats d'une économie si peu soucieuse du respect de la dignité humaine, constamment en crise, et dans laquelle il faut toujours produire plus d'on ne sait trop quoi ?

Pourtant, un pays comme la France fait partie des plus riches du monde. S'il y a des pauvres, ce n'est pas parce que le niveau de la production est insuffisant, mais parce que les richesses produites sont très mal réparties à cause du chômage, du travail à temps partiel subi, de la précarité de l'emploi et de la faiblesse de nombreux salaires. D'ailleurs, le volume du produit intérieur brut par habitant a plus que doublé depuis le début des années 1970 !

On peut également s'interroger sur la pertinence d'un système économique qui exige le renouvellement rapide des automobiles, appareils électroménagers, ordinateurs, ou téléphones portables, alors que le stress au travail s'amplifie, que les pollutions se multiplient, que de nombreuses ressources naturelles s'épuisent, que la banquise est en train de fondre, ou que la fréquence des tempêtes, inondations et cyclones est clairement imputable à l'activité humaine.

Les jeunes les plus instruits - ou les moins victimes d'une télévision qui, selon la fameuse et lamentable expression de Patrick Le Lay (ancien président de TF1), se donne pour objectif de vendre à Coca-Cola, par exemple, des cases de cerveau humain disponible - ressentent bien, au fond d'eux-mêmes, qu'ils vivent dans un monde tyrannisé par la concurrence ; un monde qui tend à faire de l'économie une fin en soi, alors qu'elle n'est qu'un moyen au service d'un bien-être humain qui ne réside pas seulement dans une consommation effrénée.

Ils savent bien que la raison économique est loin d'être toujours la meilleure, surtout lorsqu'elle n'est pas en harmonie avec d'autres raisons comme la raison sociale, la raison du développement durable, ou la raison des droits de l'homme.

Les étudiants ne seraient-ils pas moins enclins à rechercher l'ivresse au cours de leurs soirées et nuits de fêtes s'ils vivaient dans une société plus soucieuse de cette recommandation, formulée en 1931 par le grand économiste J. M. Keynes dans un article intitulé "Perspectives économiques pour nos petits enfants" :

"Mais surtout n'attachons pas une importance excessive au problème économique, et ne sacrifions pas à des nécessités présumées des valeurs d'une signification plus profonde et plus durable."

 

Un article de Alain Euzéby, publié par lemonde.fr

 

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Auteur : Alain Euzéby

Source : www.lemonde.fr