Sommet de Copenhague, les quatre raisons d'une grande déception - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 21/12/2009 à 15h01 par Tanka.


SOMMET DE COPENHAGUE, LES QUATRE RAISONS D'UNE GRANDE DÉCEPTION

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Sommet de Copenhague, les quatre raisons d'une grande déception

Information recueillie par Tanka

La conférence de Copenhague s'est déroulée dans une tension extrême, un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre ayant des implications importantes pour chaque pays concernant l'activité économique, l'emploi, la vie quotidienne et la fiscalité. Quatre facteurs peuvent expliquer le manque d'ambition de Copenhague

1. Des États qui n'étaient pas prêts à bouger

Les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète – la Chine et les États-Unis – étaient arrivés avec la même détermination de ne pas signer un accord juridique contraignant qui lierait leurs engagements de réduction des émissions.

Les Chinois étaient également opposés à toute surveillance de la mise en oeuvre de leurs engagements, ainsi qu'à la mention d'un objectif commun de réduction pour 2050.

Vendredi 18 décembre, le président Obama s'est réuni avec les dirigeants indien, sud-africain, brésilien et chinois. « Ils ont mis en forme le texte final. Ensuite, le président américain est venu expliquer cela aux Européens, puis s'est éclipsé. Cet accord est une opération de politique intérieure américaine. Pour les pays émergents, cet accord est l'assurance de ne pas avoir de sanctions commerciales américaines », estimait vendredi soir, un négociateur français.

2. Une conduite maladroite de la conférence par le Danemark

Le Danemark, pays hôte de la conférence, n'a pas su manier les subtilités d'une conférence internationale exposée de manière exceptionnelle aux médias et à la société civile. La ministre danoise de l'environnement, Connie Hedegaard, a alterné les déclarations va-t-en-guerre et les réunions opaques pour tenter de faire avancer les négociations par petits groupes de pays.

Mercredi, elle a dû laisser la place à son premier ministre, Lars Loekke Rasmussen, qui semblait peu au fait des procédures lors de la dernière séance plénière.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé que « le groupe des G77, présidé par le Soudan et regroupant des pays en développement et émergents, dont la Chine, a empêché la présidence danoise de conduire les débats ».

3. Des règles onusiennes lourdes

À Copenhague, 193 États négociaient un texte d'accord qui devait être adopté à l'unanimité. Chaque État peut donc bloquer les négociations. Le secrétaire général de la conférence sur le changement climatique, Yvo de Boer, paraissait en retrait des débats et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est limité à une intervention en séance.

Depuis la conférence de Bali, en décembre 2007, une multitude de négociations techniques se déroulent pour bâtir mot après mot des textes communs. Pour affronter ces négociations très techniques, les pays les moins avancés reçoivent l'appui de membres d'ONG. « C'est trop facile de dire que le système onusien est compliqué. Pendant des mois, les politiques n'ont pas donné de mandat aux négociateurs pour trouver des compromis et permettre la remontée vers les chefs d'État d'un foisonnement de petits accords qu'ils auraient pu finaliser ici », estimait le député européen Europe Écologie Yannick Jadot.

4. L'absence d'une direction européenne

La conférence de Copenhague devait être la priorité du président en exercice de l'Union européenne, le Suédois Fredrik Reinfeldt. Dans les faits, la présidence suédoise, qui avait le mandat pour négocier au nom des 27 États membres de l'Europe, s'est effacée devant les grands dirigeants européens.

L'Europe n'a pas non plus mis sur la table sa proposition d'augmenter de 20 % à 30 % ses réductions d'émissions pour 2020, en cas d'accord satisfaisant. José Manuel Barroso a expliqué que « jamais personne ne nous a demandé d'augmenter nos ambitions de réduction d'émissions. En revanche, on nous a demandé d'augmenter notre contribution financière. C'est ça, la réalité de la négociation », concluait-il, acide.

Une allusion, sans doute, aux 10,6 milliards de dollars (7 milliards d'euros) mis par l'Europe sur la table de l'aide à court terme aux pays en développement, alors que les États-Unis, au final et à la surprise générale, n'auront promis que 3,6 milliards de dollars soit 2,4 milliards d'euros.

La-Croix - Pierre COCHEZ, à Copenhague

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