Sommet de Copenhague : « le niveau de l'océan va continuer à monter » - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 17/12/2009 à 10h03 par Tanka.


SOMMET DE COPENHAGUE : « LE NIVEAU DE L'OCÉAN VA CONTINUER À MONTER »

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Sommet de Copenhague : « le niveau de l'océan va continuer à monter »

Information recueillie par Tanka.

Bruno Voituriez, spécialiste des océans et de leurs relations avec le climat, emboîte le pas à Yves Fouquart à l'occasion du sommet de Copenhague. Selon lui, les effets du changement climatique sont déjà là et « le niveau de l'océan va continuer à monter ».

De combien s'élèvera le niveau de la mer ? Va-t-elle nous engloutir ? Quels sont les liens entre les océans et l'atmosphère ? Le Gulf Stream peut-il s'arrêter ? Bruno Voituriez, ancien directeur de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et membre du Club des Argonautes, répond à ces questions aux relents de Déluge.

Futura-Sciences : Quelles sont les prévisions d'élévation du niveau moyen des océans à l'horizon 2100 ?

Bruno Voituriez : Les mesures marégraphiques (NDLR : du niveau des marées) montrent qu'au cours du 20ème siècle, le niveau moyen des océans s'est élevé de 1,7 millimètre par an. La mesure du niveau de la mer depuis l'espace par altimétrie satellitaire apporte une amélioration considérable à cette évaluation car, à la différence des marégraphes (appareils qui mesurent le niveau des marées) qui sont ponctuels et « attachés » à la terre (littoraux continentaux ou insulaires), les satellites couvrent la quasi-totalité des océans. Ainsi dispose-t-on d'une série continue de mesures d'altimétrie satellitaire depuis 1992, date de lancement du satellite Topex/Poseidon (1992-2006), suivi de Jason1 lancé en 2001 puis de Jason2 mis sur orbite en 2008. Elles font apparaître depuis 1993 une élévation du niveau moyen de la mer au rythme de 3,3 mm/an. Le Giec (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) dans son 4ème rapport de 2007 évaluait cette élévation à l'horizon 2100 entre 18 et 59 cm.

FS : Qu'en est-il aujourd'hui de cette évaluation du niveau des océans ?

Bruno Voituriez : Le niveau moyen des océans intègre deux paramètres. La température d'abord : plus l'océan est chaud et plus il est volumineux. La quantité d'eau qu'il contient ensuite : plus il y a d'eau dans l'océan, plus son niveau est élevé, c'est une lapalissade... Le réchauffement climatique apporte de la chaleur à l'océan : plus de 80% de la quantité de chaleur apportée par l'effet de serre additionnel d'origine anthropique se retrouve dans l'océan dont la température augmente. Depuis 1955, la température moyenne de la couche superficielle océanique (700 mètres) a augmenté de 0,04°C. Le réchauffement fait aussi fondre glaciers et calottes polaires dont l'eau de fonte se retrouve nécessairement dans l'océan. Donc le niveau de l'océan va continuer à monter.

Depuis le 4ème rapport du Giec, des progrès très importants ont été faits dans les mesures et les observations. Côté température des océans, on dispose maintenant avec le programme Argo lancé en 2000 d'un réseau dense d'observation de l'océan. Depuis 2007, plus de 3.000 flotteurs sont déployés en profondeur dans tout l'océan ; tous les 10 jours ils remontent en surface en mesurant température et salinité le long de la colonne d'eau sur 2.000 mètres d'épaisseur. Ce sont ainsi 100.000 sondages océaniques qui sont effectués chaque année.

Côté bilan de masse, le système satellitaire Grace lancé en 2002 mesure le champ de gravité terrestre et en fait une couverture globale en un mois. Les variations temporelles du champ de gravité correspondent à des transferts de masse que l'on peut ainsi mesurer. Ainsi évalue-t-on les variations de la masse océanique, celles des calottes glaciaires et aussi celles des eaux continentales. On dispose en outre pour les glaciers de montagne d'observation in situ directes et de mesures altimétriques couplées à des modèles numériques de terrain. On dispose donc actuellement de tous les termes du bilan.

FS : Dans ce cas, que peut-on déduire de ce bilan des masses d'eau ?

Bruno Voituriez : On en tire les trois conclusions suivantes :

1. La composante stérique, c'est-à-dire le changement de volume dû à la dilatation thermique des océans, est variable et dépend de la variabilité climatique naturelle aux échelles pluriannuelles et décennales que le réchauffement climatique modifie mais n'annule pas.

On y retrouve les grandes oscillations océaniques (El Niño, NAO, etc.). On a observé entre 2003 et 2008 une baisse significative de cette composante (0,4 mm/an contre 1,6 mm/an entre 1993 et 2003). Il y a correspondu une diminution du rythme de l'élévation du niveau de la mer, passé à 2,5 mm/an contre 3,3 mm/an de moyenne, de 1993 à 2009.


Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

Pour en savoir plus sur la situation planétaire