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Cette actualité a été publiée le 17/12/2009 à 09h00 par Tanka.


SOMMET DE COPENHAGUE : L'EFFET DU RÉCHAUFFEMENT SUR L'OCÉAN MONDIAL

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Sommet de Copenhague : l'effet du réchauffement sur l'océan mondial

Information recueillie par Tanka.

Augmentation du niveau de la mer par dilatation thermique, acidification, modification de la circulation des courants : les océans seront durablement affectés par une élévation des températures et par l'augmentation de la teneur en dioxyde de carbone. Guy Jacques et Jacques Merle, océanographes, nous expliquent ce que l'on sait, ce que l'on suppose, ce que l'on ignore et ce que l'on peut prédire.

L'océanographie est une science jeune, née à la fin du dix-neuvième siècle. Les mesures que les scientifiques réalisent dans l'océan (températures et salinité en particulier, qui jouent un rôle fondamental dans la circulation de l'eau horizontalement et verticalement) sont bien moins nombreuses que celles effectuées dans l'atmosphère.

La compréhension de cette gigantesque mécanique thermique qu'est l'océan mondial reste encore bien modeste. De plus, les relations entre les réactions de l'océans, qui se mesurent souvent en siècles, et celles de l'atmosphère, où l'on compte en jours ou en mois, sont complexes et étudiées depuis seulement quelques décennies. Or, ce couplage océan-atmosphère est l'une des clés pour prédire les évolutions futures du climat.

Analyser l'effet d'une élévation globale des températures terrestres n'est donc pas chose facile, comme nous l'expliquent ces deux océanographes.

Guy Jacques, ancien directeur de recherche au CNRS en océanographie biologique, spécialiste du phytoplancton et de la productivité marine, s'est intéressé aux écosystèmes pélagiques des upwellings. Il a lancé en 1977 le programme français d'étude de l'océan austral. Conférencier et auteur de livres de vulgarisation, Guy Jacques a fondé Sciences 66, une association de vulgarisation scientifique et préside l'association ConnaiSciences.

Jacques Merle, docteur ès Sciences physiques, est un ancien Directeur de Recherche en Océanographie physique, au Département Milieux Environnement de l'IRD (Institut de recherche pour le développement).

Futura-Sciences : Quels sont les grands rouages du couplage océan-atmosphère ?

Jacques Merle : Depuis la mise en évidence, dans les années 1920, par le Britannique Sir Gilbert Walker, de « téléconnexions » affectant les pressions atmosphériques, à la fois dans l'océan Pacifique tropical (appelée Southern Oscillation ou SO) et dans l'Atlantique (appelée North Atlantic Oscillation, NAO), la chasse aux signaux climatiques s'est intensifiée à partir des années 1960. Leurs relations avec des oscillations parallèles de l'océan se sont confirmées, accréditant l'hypothèse que l'océan et l'atmosphère étaient intimement liés par des processus d'interactions complexes, locaux, ou pouvant se manifester à distance d'où leur appellation, dans ce cas, de « téléconnexions ».

Le plus célèbre de ces signaux, qui a reçu une large audience médiatique, est incontestablement ENSO, abréviation de El Niño and Southern Oscillation, qui couple un phénomène de réchauffement des eaux superficielles de l'océan Pacifique équatorial oriental, appelé El Niño, observé depuis des siècles par les populations riveraines du Pérou et de l'Equateur, et une Southern Oscillation reliant les variations de la pression atmosphérique observée aux deux extrémités de l'océan Pacifique tropical (centre de basses pressions au nord de l'Australie et centre de hautes pressions au voisinage des îles Galapagos à 20.000 kilomètres de là).

C'est un météorologue américain, Jacob Bjerknes, qui en 1969 proposa un schéma théorique expliquant cette oscillation météo-océanique se manifestant à une fréquence de 2 à 3 événements par décennie. L'affaiblissement (ou au contraire l'augmentation) du gradient de pression atmosphérique entre l'est et l'ouest du Pacifique tropical entraînant un ralentissement (ou au contraire une intensification) des vents alizés, expliquaient que les eaux chaudes superficielles accumulées et normalement contenues dans l'ouest Pacifique pouvaient se répandre le long de l'équateur dans le Pacifique central et oriental (épisode chaud, El Niño) si ces vents venaient à faiblir, ou au contraire découvrir les eaux sous-jacentes froides quand ces mêmes vents viennent à s'intensifier (épisode froid, La Niña). Depuis, de nombreux auteurs ont tenté d'améliorer ce schéma en suggérant différents mécanismes impliquant notamment des propagations d'ondes à l'équateur et dans la zone tropicale (la théorie, un temps la plus connue mais maintenant abandonnée, fut celle dite de l'oscillateur retardé) pour expliquer comment et pourquoi on passait d'une phase (chaude-El Niño ou froide-La Niña) à l'autre et inversement.


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