Sommet de Copenhague - Diplomates et experts envisagent les conséquences d'un échec - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 17/12/2009 à 10h13 par Tanka.


SOMMET DE COPENHAGUE - DIPLOMATES ET EXPERTS ENVISAGENT LES CONSÉQUENCES D'UN ÉCHEC

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Sommet de Copenhague - Diplomates et experts envisagent les conséquences d'un échec

Information recueillie par Tanka.

Officiellement, la conférence sur le climat de Copenhague ne peut pas conduire à un échec, mais en coulisses, diplomates et experts envisagent déjà les conséquences politiques de l'éventuel fiasco d'un sommet.

« Quelque 120 dirigeants viennent à cette conférence. Ils ne peuvent en repartir les mains vides, sans un accord qui prenne en compte les espoirs des gens », a assuré mercredi le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas. L'enjeu politique est important : le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, y joue son prestige, tandis que les déclarations des chefs d'Etat ou de gouvernement du monde entier reflètent, jusque-là, les espoirs de succès de 194 nations.

Mais depuis plusieurs mois, depuis qu'il est évident qu'il sera impossible de signer à Copenhague le traité contraignant attendu depuis la conférence de Bali en 2007, les nuages s'amoncellent au-dessus de Copenhague. Au mieux, le sommet de demain accouchera d'une stratégie ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il faudra alors de nouvelles négociations, l'an prochain, pour en préciser les détails et surtout le transformer en accord contraignant.

Le gros problème de cette conférence de l'ONU sur le climat est qu'elle met en compétition les intérêts nationaux et l'intérêt général planétaire qui implique des sacrifices individuels. Mardi soir, la présidente de la conférence Connie Hedegaard a même reconnu en ouverture de la session ministérielle que l'on risquait un échec. « Nous pouvons encore réussir, mais... je dois vous le dire, nous pouvons échouer », a-t-elle lancé.
Le Premier ministre danois prend la présidence de la conférence

Yvo de Boer, le plus haut responsable de l'ONU chargé du climat, qui compte dix années de pratique de négociations sur le sujet, prévient qu'il y aura « un énorme coût politique si nous ne parvenons pas à trouver un accord cette semaine ».

« La société civile continue de faire pression sur cette question (climatique). S'il n'y a pas d'accord ici, les dirigeants rentreront chez eux et certains y paieront le prix politique », estime également le vice-président du Pew Center sur les changements climatiques, Elliot Diringer.

Le Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen, a par ailleurs pris mercredi la présidence de la conférence climat de l'ONU à Copenhague en remplacement de Connie Hedegaard, chargée des consultations informelles pour boucler l'accord contre le réchauffement. Les chefs d'Etat ou de gouvernement prennent couramment la main dans les dernières heures des conférences. Mme Hedegaard, qui va désormais se consacrer exclusivement aux consultations informelles des ministres pour aboutir à un accord demain, a cependant été plusieurs fois vivement critiquée pour son mode de gestion des travaux, notamment par les pays en développement.

La pression est d'autant plus grande sur les négociateurs de Copenhague que les populations du monde entier ont fortement réagi aux mises en garde des scientifiques concernant les menaces d'inondations, de sécheresse ou de montée des eaux.

Ainsi, en Californie, touchée par les incendies, ou en Australie, ravagée par la sécheresse, la population a-t-elle vu dans ces phénomènes catastrophiques une preuve du dérèglement déjà avancé du climat. Si bien que le ministre britannique de l'Environnement, David Miliband, a parlé de la formation d'un « mouvement mondial » autour des questions climatiques.

« Nous ne pouvons changer la science, alors changeons de politique ! Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d'hommes politiques ! », a lancé ce week-end à Copenhague devant une foule de 30.000 manifestants le directeur de Greenpeace, Kumi Naidoo. Il est également responsable de la campagne mondiale TckTckTck de sensibilisation aux dangers immédiats des changements climatiques.

Malgré tout, il n'est pas établi qu'un échec à Copenhague mettrait un terme aux carrières de certains responsables politiques. Car ceux-ci restent élus sur la base de programmes de défense des intérêts nationaux, plus que de l'intérêt commun...

Pour en savoir plus sur la situation planétaire