Sommes-nous esclaves ou maîtres de notre assiette ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 24/10/2009 à 03h57 par Philippe BOISSEAU.


SOMMES-NOUS ESCLAVES OU MAÎTRES DE NOTRE ASSIETTE ?

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Sommes-nous esclaves ou maîtres de notre assiette ?

Information recueillie par Phil'

"J'aime ma planète, mais ne touchez pas à mon assiette", c'est un discours que j'entends souvent lorsqu'on parle de l'impact de notre consommation de viande sur le climat, de l'épuisement des stocks de poissons dans les océans, de la condition animale dans les élevages (à terre et en mer !).

On est incapables de modifier notre comportement alors que l'évidence est là.

L'élevage est responsable d'environ un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. L'équilibre des écosystèmes océaniques est modifié par notre boulimie aveugle, avec des conséquences qu'on ne connaît pas encore : n'oublions pas que les océans fournissent 50% de l'oxygène que l'on respire.

On traite les animaux, êtres vivants et sensibles avec lesquels on partage cette planète, à la guise d'une marchandise semblable au plastique ou au carton (pour la façon industrielle de laquelle on les traite ainsi que pour le goût !).

C'est quoi le problème ? On préfère ignorer plutôt que de réviser sa liste de courses ? On a peur de perdre en goût ? De se priver de ce qu'on aime tant : la bonne côte de boeuf et le filet de saumon ?

Rien n'est plus fou !

Deux livres, très différents, mais qui se complètent, nous viennent en secours !

Le premier est l'oeuvre de l'auteur américain Marc Bittman : "Mangeons responsable".

Ce journaliste tient un blog sur le site Internet du New York Times. Sa particularité : des recettes simples, bonnes et saines.

Alors, après une introduction générale sur l'impact de notre alimentation sur la planète, le voilà qu'il propose des menus pour 4 semaines...

Exactement comme pour un régime ! Pour ceux qui, comme moi, n'ont jamais réussi à dépasser le jour 2 de ces tableaux, allez directement aux recettes.

De l'houmous, des nouilles aux champignons, des poivrons rouges rôtis... du ragoût de pois chiches et poulet rôti, de la salade de boeuf thaï et des aubergines et poulet au parmesan.

Eh oui, manger responsable, ce n'est pas forcément devenir végétarien. C'est consommer moins de viande, en plus petites quantités, comme un ingrédient parmi d'autres. C'est acheter de la viande de meilleure qualité (bio ou de petits élevages locaux), plus chère, mais puisqu'on en consomme moins...

Le deuxième est l'enquête passionnante de Fabrice Nicolino sur l'industrie de la viande.

Comme son "Pesticides, révélations sur un scandale français", "Bidoche" est un récit passionnant qui révèle des vérités qui dérangent. Il faut le lire. C'est de notre devoir d'êtres humains que de le faire. "Ce livre est dédié à tous les animaux morts sans avoir vécu", c'est la première page du livre.

Mais les êtres humains sont également victimes de l'industrialisation de l'élevage, alors que plus de 92% des employés des abattoirs souffrent de troubles musculo-squelettiques.

Sans compter que notre passion pour la viande amène tout droit à la famine : "la FAO estime qu'il faut de 4 à 11 calories végétales pour obtenir 1 calorie de viande", rapporte Fabrice Nicolino. "Le bétail [...] gaspille par millions de tonnes de céréales qui font défaut dans une multitude de maisons humaines, toutes situées au Sud, il est vrai, loin de nos regards. Bien qu'un tel gaspillage alimentaire soit l'un des plus graves sujets de notre temps, il n'est presque jamais abordé, ce qui est bien étrange", conclut le journaliste.

Ce n'est pas une question de culpabiliser les gens, comme se plaignent ceux qui "en ont marre" des conseils des écolos. C'est dire les choses, sortir du tabou et de là voir si une autre direction est possible.

MANGEONS RESPONSABLE, Marc Bittman, avec Damien Galtier, Ixelles éditions, 19,90 euros

BIDOCHE, L'INDUSTRIE DE LA VIANDE MENACE LE MONDE, Fabrice Nicolino, Ed. LLL, 21 euros