Soja GM – Deux études à long terme réalisées avant celle de Séralini - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 22/12/2012 à 18h30 par Jacky.


SOJA GM – DEUX ÉTUDES À LONG TERME RÉALISÉES AVANT CELLE DE SÉRALINI

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Soja GM – Deux études à long terme réalisées avant celle de Séralini

 

Dans son opinion sur l'étude de Séralini, l'Anses souligne que « Seules, deux études, conduites sur un délai proche de l'espérance de vie moyenne des animaux concernés, employant une PGM résistante au glyphosate (soja) et pouvant à ce titre être comparées à celle de Séralini et al. (2012), ont été retenues. Il s'agit des études de Sakamoto et al. (2008) et Malatesta et al. (2008) »

Deux études : c'est nettement moins que les dizaines d'études à long terme citées, notamment par l'Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) qui n'auraient montré aucun effet des PGM sur la santé. A l'appui, le travail de Snell et al. qui recense notamment 24 études à long terme (12 à long terme et 12 multigénérationnelles). Mais selon l'Anses, seules deux études se sont effectivement intéressées aux effets à long terme sur vie entière de rats du soja GM pour résister à des herbicides : l'étude de Sakamoto de 2008 et celle de Malatesta de 2008 également.

Sakamoto : des différences non significatives ?

Concernant l'étude de Sakamoto, la publication des résultats a été faite en anglais. Inf'OGM rend compte ici de l'analyse qu'en a fait l'Anses qui a fait traduire pour elle-même cette étude. L'Anses présente cette étude comme ayant eu pour objectif d'évaluer la sécurité à long terme d'un soja génétiquement modifié (évènement CP4 EPSPS).

L'expérience fut conduite sur trois groupes de rats F344 (50 rats/sexe pour deux groupes et 35 rats/sexe pour un groupe) qui ont reçu comme alimentation durant deux ans, donc leur vie entière, un régime contenant soit 30 % de soja GM tolérant des herbicides, soit 30% de soja non GM quasi-isogénique, soit un régime standard sans soja (groupe de 35 rats/sexe).

L'Anses indique que si les auteurs n'ont pas relevé de différence dans le taux de survie, le poids ou encore la consommation de nourriture des rats, « certains paramètres hématologiques (hémoglobine, hématocrite, concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine) sont significativement diminués dans le groupe GM comparé au groupe non GM », des variations inférieures à 4 % et donc, selon l'Anses, sans signification biologique... Pour l'Anses, « cette étude montre que le soja GM [...] n'entraîne pas de modifications significatives comparé au soja non GM ».

Malatesta : des foies atteints

Concernant l'étude de Malatesta, l'équipe italienne de recherche a étudié les effets à long terme (deux ans) du soja GTS 40-3-2 génétiquement modifié pour tolérer l'herbicide Roundup sur le foie de 10 souris de la race Swiss. Concrètement, un groupe de dix souris a été nourri pendant deux ans avec une ration contenant 14% de soja GM et un groupe témoin de dix souris avec une ration contenant 14% soja non GM.

Les chercheurs ont mis en évidence que 39 protéines sont présentes en plus grande quantité et dix en moins grande quantité (sur un total de 1400) chez les souris nourries au soja GM par rapport aux souris témoins. Une majeure partie de ces protéines (20) interviennent dans divers voies métaboliques comme la réponse au stress, la voie du calcium ou le métabolisme hépatocytaire (du foie).

Aucune différence de mortalité, poids ou tumeurs n'ont été observées. Comme le souligne l'Anses dans son avis rendu sur l'étude de Séralini, ces résultats amènent les chercheurs à conclure « à une influence du soja GM sur la capacité métabolique des hépatocytes et le processus de vieillissement. Ils soulignent l'importance de mener des recherches sur les effets à long terme d'une alimentation contenant des OGM ».

La Pr. Malatesta n'est pas inconnue dans le domaine des OGM. Cette scientifique italienne, qui a participé à l'étude de G.-E. Séralini et co-signé le papier, avait déjà publié une étude en 2006 sur les impacts de la consommation de soja GM sur les cellules de pancréas, de foie et testicules de rats. Suite à cette publication, la Pr. Malatesta avait connu des difficultés dans son travail (budgets de recherche en baisse, critiques répétées...) qui l'avait conduite à quitter l'Université d'Urbino où elle travaillait. Elle travaille aujourd'hui à l'Université de Vérone.

 

Un article de Eric Meunier, publié par infogm.org et relayé par SOS-planete

 

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Auteur : Eric MEUNIER

Source : www.infogm.org