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Sécuritarisme = anti-humanisme ? - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 15/05/2011 à 02h16 par Kannie.

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Sécuritarisme = anti-humanisme ?

 
Titre initial :
Serge Portelli : «Rendre la justice demande du temp »

 

ENTRETIEN - Président de la XIIe chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Serge Portelli s'interroge sur l'idéologie sécuritaire du moment. Il vient de publier Juger (éd. de l'Atelier).

TC : À vous lire, une des principales menaces idéologiques planant sur nos sociétés serait ce que vous appelez le « sécuritarisme ». De quoi s'agit-il exactement ?

Serge Portelli : Le sécuritarisme, c'est tout simplement l'obsession folle de vivre dans la sécurité absolue. C'est le principe de précaution poussé à l'infini. Ce dernier vise à essayer de se prémunir de tout, à tisser un filet de plus en plus serré sur toute la société pour se protéger des déviants, des gens qui marchent en dehors des clous. On le vit un peu tous les jours sans s'en rendre compte mais nous n'en sommes qu'aux prémices. Sans savoir où cela mène. Au début, le sécuritarisme rassure. Il joue sur l'émotion. Or, l'émotion est neutre, on n'y trouve ni le bien ni le mal, ni la démocratie ni le totalitarisme. Mais elle est aussi manipulable. En l'occurrence, on la suscite aujourd'hui contre les libertés, contre l'espoir, et jamais dans le sens de l'humain.

TC : Théoriquement, la rigueur policière et judiciaire ne touche cependant que les délinquants. Pourquoi ceux qui n'ont rien à se reprocher devraient-ils s'en inquiéter ?

Est-on jamais sûr de n'avoir rien à se reprocher ? On croit toujours, au début que les mesures répressives ou privatives de liberté ne concernent que les gens malhonnêtes. Quand se sont multipliées les gardes à vue à partir des années 2000, personne ne disait rien. La presse a commencé à s'émouvoir quand un brave retraité qui traversait hors d'un passage protégé a été interpellé puis emmené en garde à vue et qu'il s'en est indigné publiquement. Ces questions ne sont pas théoriques : elles sont chaque jour de plus en plus concrètes.

TC : Y a-t-il des résistances à l'idéologie sécuritaire ?

Début 2009, le président Sarkozy a voulu suprimer le juge d'instruction. Des politiques et des juristes ont expliqué patiemment que, malgré ses défauts, ce magistrat était le poil à gratter de la démocratie. Il fallait le garder pour que la justice s'attaque aussi aux puissants. Sans quoi, on donnerait les pleins pouvoirs aux procureurs de la République, dépendant par définition du pouvoir. Nous avons été écoutés par les Français et cette réforme n'est toujours pas entrée en application. La lutte contre le fichier Edwige a elle aussi donné une autre leçon d'espoir. Grâce à une vraie résistance de la société civile, grâce à internet, le gouvernement a reculé. La société civile résiste plus et mieux que les forces politiques traditionnelles. C'est à la fois inquiétant pour ces forces politiques, mais aussi porteur d'espoir. Regardez les sondages, c'est assez intéressant : parmi les institutions traditionnelles, la police et la justice ne sont pas trop mal classées. En queue de peloton, on trouve les hommes politiques et les journalistes (rires).

TC : Il y a donc de l'espoir... Il n'empêche qu'on a l'impression que, ces derniers temps, l'idéologie sécuritaire rencontre un réel succès.

C'est là qu'est le danger. Il est forcément très difficile d'expliquer que le principe de précaution est périlleux. Nous avons tous besoin de nous prémunir contre les catastrophes, les épidémies et, pourquoi pas, contre la délinquance. Le problème, c'est qu'en matière de délinquance, il s'agit d'hommes, pas de techniques ou de phénomènes naturels. Appliquer le principe de précaution à des hommes est un anti-humanisme. L'homme est imprévisible par nature. Il faut faire avec. Acceptons ce risque, mais sans baisser les bras. Essayons de mettre en oeuvre une politique de prévention et de répression intelligente. Nous avons tellement dans les oreilles le discours sécuritaire selon lequel les juges feraient n'importe quoi... C'est évidemment faux. Dans la chambre correctionnelle que je préside, je donne effectivement très peu de peines de prison. Mais pourquoi ? Parce que j'essaie tout simplement de choisir des peines intelligentes, adaptées, en faisant comprendre la décision par le condamné et par la victime. Et je ne suis pas tout seul à agir dans ce sens. Et pour autant, Paris n'est pas à feu et à sang...

TC : La justice se construit-elle toujours face au pouvoir ?

C'est la base même de la démocratie. Il faut se méfier du pouvoir, ou des pouvoirs, qui ont une tendance naturelle à s'étendre. Le totalitarisme n'est pas seulement un moment de l'Histoire, mais un phénomène d'extension du pouvoir et d'écrasement des autres qui demeure latent. Le sécuritarisme nous propose un nouvel ennemi : l'homme en général. Nous savons en effet que chacun d'entre nous peut devenir dangereux. Le pouvoir joue avec cette idée. Le danger n'est donc pas seulement le peuple ou l'étranger, comme en d'autres périodes de l'histoire. C'est beaucoup plus flou. Et les mesures qui sont censées nous protéger contre ces dangers sont d'autant plus extensibles. Dans ces conditions, il convient d'être très attentif à la limitation de nos libertés.

 


 

TC : Entre la police et le parquet, la place des juges semble aujourd'hui difficile à trouver. Mais est-ce vraiment si inquiétant que cela dans une démocratie assurée ?

Qu'est-ce qu'une démocratie assurée ? En tout cas, comme la démocratie, l'apareil judiciaire vit de l'équilibre entre les membres qui le constituent : procureur, avocat, juge. Ils se confrontent, se neutralisent, et c'est ainsi que se crée la justice. L'aproche sécuritaire, elle, perçoit d'abord le juge comme un élément d'un apareil essentiellement répressif, et non pas comme un chercheur de solution juste. L'indépendance des juges est une chose récente. Elle émerge réellement à la fin de la Seconde Guerre, en même temps qu'une nouvelle ère démocratique. Après des siècles de servitude, cette conquête demeure donc fragile... tout comme la démocratie.

(...)

 
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Un article de J. Anciberro, P. Clanché, publié par Témoignage Chrétien

 

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Source : www.temoignagechretien.fr

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