Sans moules, plus de Baltique - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/07/2009 à 11h24 par Alain THONONT.


SANS MOULES, PLUS DE BALTIQUE

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Sans moules, plus de Baltique

Le petit mollusque est vital pour l'écosystème de cette mer septentrionale. Or le changement climatique menace sa survie.

Dans l'écosystème de la mer Baltique, un bassin fermé et dont la profondeur moyenne est de 55 mètres, la moule commune – Mytilus edulis – joue un rôle considérable, souligne Nils Kautsky, professeur au Centre de recherches marines de Stockholm. Dix pays bordent la Baltique, et le détroit du Danemark constitue sa seule ouverture sur la mer du Nord. Or, les changements de température et de salinité de ce bassin perturbent la faune et la flore locales. En raison des conditions environnementales difficiles – une bonne partie de ses eaux sont prises dans les glaces plusieurs mois de ­l'année –, les espèces vivant dans la Baltique dépensent beaucoup plus d'énergie que leurs homologues de l'Atlantique ou de la mer du Nord. C'est la raison pour laquelle elles sont généralement plus petites. La moule de la Baltique ne mesure pas plus de 2 centimètres, contre 10 centimètres pour sa cousine de la mer du Nord.

Autour de la Baltique vivent 90 millions de personnes qui exploitent ses eaux et y rejettent des polluants comme les engrais chimiques. C'est pourquoi, outre la surpêche, l'eutrophisation, due notamment à la surconcentration en azote et en phosphore, constitue un vrai danger pour l'écosystème local. Les engrais contribuent à la propagation des algues, dont les plus toxiques sont les cyano­bactéries.

Dans la Baltique, les zones les plus profondes (de 60 à 80 mètres de profondeur), plus salées et moins oxygénées, sont presque des zones mortes. La vie se développe à des profondeurs plus faibles. Partout, à l'exception des golfes de Botnie, de Finlande et de Riga, où l'eau n'est pas assez salée pour elle, la petite moule de la Baltique a colonisé les fonds marins jusqu'à 30 mètres de profondeur. Là où le fond est rocheux, elle représente 90 % des espèces vivantes. Cette abondance est une aubaine, car les moules font office de stations d'épuration, captant les impuretés (no­­tamment celles rejetées par l'homme) et les transformant en ­substances nutritives. “En une année, les moules filtrent et oxygènent la totalité de l'eau de la Baltique”, explique le Pr Kautsky.

Cependant, selon les données climatologiques, le bassin de la mer Baltique recevrait de plus en plus de précipitations. “Ce qui signifie que l'eau sera encore moins salée qu'aujourd'hui”, explique Nils Kautsky. D'après les scénarios les plus pessimistes, la salinité de la Baltique pourrait tomber de 7 ‰ à 5 ‰. Si cela arrive, la zone de répartition de la moule, marquée au nord par le golfe de Botnie, pourrait se rétrécir et se déplacer à l'ouest de l'île de Bornholm, au Danemark. Et l'ensemble de l'écosystème de la Baltique serait alors bouleversé.

Tomasz Ulanowski