Sami de Scandinavie : le dernier peuple nomade d'Europe condamné ? (vidéo) - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 13/12/2011 à 00h35 par Kannie.


SAMI DE SCANDINAVIE : LE DERNIER PEUPLE NOMADE D'EUROPE CONDAMNÉ ? (VIDÉO)

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Sami de Scandinavie : le dernier peuple nomade d'Europe condamné ? (vidéo)

 

Jon Tomas Utsi évolue au rythme de ses rennes, au gré des transhumances et des caprices du temps. Le jeune Sami est le héros d'un documentaire sur son peuple : "Jon face aux vents". Les aléas climatiques menacent aujourd'hui l'existence de la communauté nomade, qui a, jusqu'ici, toujours su s'adapter. Rencontre avec le réalisateur, Corto Fajal, et son coproducteur sami, John Erling Utsi.

Corto Fajal est fasciné par le 'peuple du soleil et du vent'. Pendant près d'un an, il a vécu auprès d'une famille sami, dans les montagnes scandinaves du Scarek en Laponie suédoise, au-dessus du cercle polaire. Son documentaire, "Jon face aux vents", sort en salles ce mercredi 14.

Le réalisateur y fait le récit d'un peuple nomade moderne, à l'écoute de son environnement. Respectueux face à sa générosité, humble face à sa loi parfois impitoyable. « Avant de couper un arbre, je lui demande toujours la permission d'en faire quelque chose », confie ainsi Jon Tomas Utsi.

Chevelure dorée et regard bleu acier, cet éleveur de rennes et artisan d'art sami y narre un quotidien en dents de scie, au sein d'un milieu extrême, de plus en plus marqué par l'inconstance et les colères du climat.

Les Sami vivent encore essentiellement de ce que la terre leur apporte. Ils forment une 'communauté d'intérêt', dans laquelle la place de chacun est au sein d'un territoire où "tout est vivant, au même titre que soi-même", explique Corto Fajal. Cette communauté a pourtant ses limites. Moto-neige, hélicoptère, voitures, téléphones... Bien qu'elle soit "au service de l'économie traditionnelle", la modernité coûte cher, fragilisant ce modèle ancestral basée sur l'élevage de rennes, la chasse et la pêche.

De plus, si les familles sami sont propriétaires de leurs troupeaux, elle ne le sont pas de leurs terres, gérées collectivement. "Ils ont ainsi évité l'écueil de nos sociétés individualistes. Mais leur terre est à la merci de la spéculation, car elle est riche en ressources", nuance C.F.

En outre, avec les hivers de plus en plus difficiles, des conflits naissent parfois entre les éleveurs, qui doivent se partager les mêmes zones d'élevage.

Pour le réalisateur, "il y a aujourd'hui une sorte d'addition d'adversité contre les Sami. Leurs territoires sont annexés par l'industrialisation. Des mines s'installent. Ils subissent une déforestation de leur territoire d'élevage."

« Chaque jour est une lutte »

"Oy oy oy, hi, hi !" : debout sur son skidoo, Jon rassemble ses bêtes : "Le renne est spécial. Il t'apprend la nature". Le peuple Sami a épousé le mode de vie des rennes. Comme eux, les Lapons vivent au rythme des saisons, des vents et des migrations.

"L'une des chansons les plus connues en sami dit que le renne est la propriété du vent, intervient John Erling Utsi, journaliste et écrivain sami, coproducteur du film. Tu ne peux pas contrôler le renne, c'est lui qui te contrôle."

Avec une économie basée sur des ressources naturelles, des rennes comme “portefeuille”, les éleveurs sami sont tributaires des humeurs du ciel.

 


 

Dernier peuple nomade d'Europe, ils sont parmi les premiers à être touchés par les bouleversements environnementaux. Depuis quelques années, la communauté indigène sent véritablement un changement. Les hivers notamment, plus chauds et pluvieux, gâchent les pâturages et perturbent les transhumances des troupeaux.

"En regardant la Voie lactée, les anciens sami voyaient le climat à venir. Aujourd'hui, cette méthode ne fonctionne plus. Il faut sans doute qu'ils trouvent d'autres codes de lecture", commente Corto Fajal.

"Je ne suis pas un expert du climat, mais je vis dans la nature. Je vois les effets sur mon travail ou sur les rennes. Si la température prend deux degrés en automne et en hiver, l'effet pour nous est énorme. Ce sera très dur de s'en sortir", confie Jon dans le documentaire, avec devant lui, à perte de vue, une immensité blanche, fascinante, inquiétante.

Peu de temps avant, le jeune éleveur a vécu un drame. En novembre, par -15°, il fait traverser un lac glacé à ses 3000 bêtes, en quête de nouveaux pâturages. Alors que les rennes se déplacent lentement vers le rivage, la glace se fissure, happant les animaux dans un épais brouillard glacé. Le reste du troupeau, affolé, se hâte d'atteindre la côte neigeuse. Jon est accablé. 10% de son cheptel s'est noyé sous les eaux gelées. "ça avait toujours fonctionné avant, mais pas cette fois-ci."

Et John de renchérir : "Ce problème environnemental est invisible. Tu ne peux accuser personne parce que le soleil change ! C'est de pire en pire et cela m'inquiète vraiment."

Adaptation : jusqu'où ?

Adaptation. C'est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche de John Erling Utsi. Car c'est la raison de la survie du mode de vie sami. "Mon oncle, Paulus Utsi, était un poète sami réputé. Il disait que nous étions comme les branches d'un bouleau. Ils ne sont pas droits et raides, ils se tordent, partent dans tous les sens. Nous nous adaptons à la nature, à ses caprices. Nous sommes capables de changer nos manières de vivre. Il faut agir, avancer, toujours chercher à trouver des solutions."

La bande annonce du film :
 


 

Les derniers éleveurs nomades d'Europe seront-ils nos premiers réfugiés climatiques ? s'interroge Corto Fajal à travers son documentaire en forme d'hommage aux Sami.

Ces derniers font désormais face à un choix : continuer à vivre ou disparaître. Jusqu'où peut aller leur capacité d'adaptation ?

 

Un article de Frédérique Josse, publié par nationalgeographic.fr

 

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Auteur : Frédérique Josse

Source : www.nationalgeographic.fr