Salaires: Nestlé menace de quitter la Suisse - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 14/09/2009 à 13h42 par Tanka.


SALAIRES: NESTLÉ MENACE DE QUITTER LA SUISSE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Salaires: Nestlé menace de quitter la Suisse

Information recueillie par Tanka.

Le président du groupe, Peter Brabeck, ne veut pas entendre parler de plafonnement des rémunérations pour les dirigeants.

Peter Brabeck en a visiblement assez. Hier, dans Sonntag, le président de Nestlé répondait à la question de savoir ce que le groupe veveysan ferait si le monde politique décidait de plafonner les hauts salaires: «Nous serions amenés à nous demander si la Suisse est toujours, pour nous, le lieu le plus approprié.»

En fait, une telle mesure serait carrément «le début de la fin». Peter Brabeck s'inquiète en effet de la lente érosion de l'Etat de droit et de la souveraineté juridique qu'il observe en Suisse: «Il y a eu, récemment des pressions extérieures sur la Suisse, ainsi que des pressions populistes à l'intérieur. Or, qu'avons-nous constaté? Que le gouvernement et le parlement se sont empressés de démontrer leur disposition à modifier les lois. C'est préjudiciable. La Suisse avait la réputation de ne pas céder à ce type de pressions.»

Sur les traces de Novartis

Le précédent d'UBS, contrainte à livrer les noms de 4450 clients américains non déclarés, fâche tout particulièrement Peter Brabeck. Ses propos sont d'autant frappants qu'ils proviennent d'un industriel et non d'un financier.

Avant lui, Daniel Vasella, patron de Novartis, avait, en début d'année, défendu ses 21 millions de francs de revenus pour 2008: «C'est de l'argent honnêtement gagné. J'ai non seulement créé une plus-value pour les actionnaires, mais également contribué au développement économique de Bâle et de sa région.»

Avant Nestlé, Novartis avait également menacé de quitter la Suisse, si l'initiative contre le génie génétique était acceptée par le peuple. Peter Brabeck suit donc cette logique: après avoir touché quelque 14 millions de francs en 2008, le président de la multinationale s'est empressé de quitter La Tour-de-Peilz pour se domicilier à Verbier, en Valais.

Limiter les écarts entre hauts et bas revenus

Sur le plan national, le débat concernant les revenus des patrons n'est de loin pas terminé. L'an dernier, l'initiative Minder «contre les rémunérations abusives» a largement abouti, avec 114 260 signatures. Le peuple sera donc appelé à voter.

Il y a quelques semaines, en outre, les Jeunes socialistes ont annoncé le lancement d'une nouvelle initiative populaire, qui veut plafonner les plus hauts salaires, afin que ces derniers n'excèdent pas douze fois les plus bas revenus. Aujourd'hui, ce multiple peut atteindre un multiple de 430!