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Cette actualité a été publiée le 03/01/2010 à 09h35 par Tanka.


SAIGNANT, VOTRE STEAK IN VITRO ?

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Saignant, votre steak in vitro ?

Information recueillie par Tanka

L'alimentation de demain pourrait comprendre de la viande synthétique. Plusieurs équipes de chercheurs y travaillent déjà.

F uneste coïncidence : alors que l'appétit de la planète ne cesse de se creuser, le garde-manger apparaît tout à coup bien vide. Les océans ont pour ainsi dire été vidés de leurs poissons. Et les nouvelles terres cultivables sont rares. Or la nourriture des humains est en compétition avec l'éthanol des voitures. Pire, il y a de plus en plus de bouches à nourrir : il y aura 2,5 milliards d'individus en plus sur la planète d'ici à 2050. Pas étonnant que les coûts de l'alimentation ne cessent d'augmenter.

La viande, en outre, est appréciée comme elle ne l'a jamais été : les Chinois et Indiens aisés se régalent de porc, de boeuf et de poulet. Pourtant, l'élevage qui nourrit cette fringale carnivore mondiale est de plus en plus critiqué pour les quantités de gaz à effet de serre et de déchets toxiques qu'il produit (ainsi que pour la violence des traitements imposés aux animaux).

Envoyer paître Marguerite...

Et malgré des siècles de sélection, les animaux continuent de faire montre d'un piètre rendement nourriture ingérée/viande produite : le ratio protéines végétales ingérées/protéines animales produites varie de 4 pour 1 pour un poulet, à 20 pour 1 pour un boeuf en parc d'engraissement intensif. Le temps est peut-être venu d'envoyer paître Marguerite et de produire de la viande sans animaux. La viande in vitro, c'est déjà demain.

L'idée d'ersatz carné est surtout connue du grand public depuis qu'en avril 2008 l'organisation PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) a offert une récompense de 1 million de dollars à quiconque saurait mettre au point du poulet in vitro commercialisable d'ici à 2012. L'affaire n'est pas aussi fantasque qu'il y paraît. Les chercheurs produisent des tissus vivants en laboratoire depuis les années 1880, même si c'est le plus souvent à des fins médicales. En 1912, le Français Alexis Carrel, chirurgien et lauréat du prix Nobel, a commencé dans son laboratoire du Rockefeller Institute for Medical Research de New York la culture de cellules cardiaques de poulet, et il est parvenu à maintenir en vie des lignées cellulaires durant plus de vingt ans. Cette expérience avait suscité un immense intérêt pour les techniques scientifiques laissant entrevoir une possible immortalité humaine. Ces dernières années, dans la recherche biomédicale, les cultures de tissus se sont banalisées et ont été perfectionnées jusqu'à permettre la création de tissus humains. La peau humaine cultivée en laboratoire est ainsi utilisée pour soigner les brûlés.

Créer des organes à des fins de greffe est une forme d'art. En revanche, produire suffisamment de viande pour satisfaire la demande mondiale nécessiterait une efficacité et des économies d'échelle façon Wal-Mart. Pour l'heure, même la production de viande à très petite échelle se révèle encore problématique. La Nasa finance ce type de travaux depuis des années dans le cadre de ses recherches sur l'alimentation dans l'espace. Le dernier projet en date, qui a été développé en 2001 au Touro College de Bay Shore, dans l'État de New York, a débouché sur la fabrication de minuscules échantillons de muscle de poisson rouge. Vu les maigres résultats obtenus, la Nasa a décidé qu'il valait mieux que les astronautes cultivent leur jardin.

À quel coût ?

Naturellement, le plus simple serait que le monde entier devienne végétarien : c'est un régime plus sain, plus économique et plus doux pour l'environnement (puisque les vaches, grosses émettrices de méthane, contribuent fortement au réchauffement climatique). Mais la proposition est loin de faire l'unanimité dans notre monde de fervents omnivores. Si près d'un tiers de la population indienne ne mange pas de viande, les végétariens ne sont que 3 % aux États-Unis, selon un sondage Harris Interactive réalisé en 2008 pour le Vegetarian Times. Ce n'est pas demain que la viande disparaîtra de nos assiettes.

La commercialisation de la viande synthétique de boeuf reste cependant problématique, surtout en termes de coût et de goût. « Le prix de revient des protéines nécessaires à la fabrication d'un steak haché se chiffre en milliers de dollars », estime Douglas McFarland, éminent professeur de biologie musculaire à l'université d'État du Dakota du Sud. Et malheureusement, il ne suffit pas de supprimer l'animal vivant de l'équation pour résoudre tous les problèmes éthiques.

Nancy Shute, US News & World Report (extraits), Washington - Source : bienpublic.com

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