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Cette actualité a été publiée le 19/10/2009 à 00h30 par Phil.


S.O.S. « OCÉAN EN DÉTRESSE »

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S.O.S. « océan en détresse »

Information recueillie par Phil'

Il y a une quinzaine d'années encore, l'absorption de 30 % du dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère par les activités humaines était considérée comme bénéfique car limitant la concentration de CO2 dans l'atmosphère.

C'était sans prendre en compte les conséquences de cette absorption sur la chimie de l'océan et sur les organismes et les écosystèmes marins. Les océanographes tirent à présent la sonnette d'alarme.

400 milliards de tonnes : c'est la quantité de gaz carbonique issu des combustibles fossiles qui est absorbé par les océans, depuis le début de l'ère industrielle.

L'International Panel on Climate Change estime à environ 750 parties par million (ppm) la pression partielle de CO2 dans l'atmosphère en 2100, soit une augmentation d'un facteur 2,5 par rapport à sa valeur préindustrielle.

Dans la même période, la calcification marine benthique devrait diminuer de 10 % dans les zones tropicales.
Le corail en danger

La prise de conscience de cette catastrophe écologique potentielle ne s'est faite que très tardivement.

Les premiers travaux datant d'à peine dix ans ont montré que les algues et les animaux marins à squelette calcaire (CaCO3) sont directement menacés par ces rejets de CO2.

Une partie du gaz carbonique atmosphérique excédentaire se dissout dans l'eau de mer et se combine avec des ions carbonates, ce qui entraîne une baisse de la concentration en carbonate (qui est l'une des briques utilisée pour fabriquer du calcaire ou carbonate de calcium) et du processus de calcification dans l'océan.

Les plus touchés, les récifs coralliens, édifices calcaires qui jouent un rôle majeur dans les zones côtières tropicales dont ils protègent les rivages de l'action destructrice de la houle et des cyclones.

Ou encore les Ptéropodes, mollusques pélagiques responsables d'environ 12 % de la calcification globale, qui influent sur le réseau trophique des eaux polaires et subpolaires et représentent une part importante de la diète des poissons et mammifères marins.

Ces organismes sont les premières victimes de l'acidification des océans car leur squelette est constitué d'aragonite, la plus soluble des formes de carbonate de calcium, et leur aire de distribution s'étend dans les zones froides, qui seront vite sous-saturées, y compris dans la couche de surface, d'ici quelques décennies.

60 % des écosystèmes mondiaux sont dégradés, en particulier les écosystèmes marins, alors qu'ils sont cruciaux pour la régulation du climat et les ressources alimentaires.

Et le problème ne fait que s'amplifier et se complexifier de jour en jour.

L'océan, régulateur du climat et indicateur de tendance

L'océan est CO2-phage. La chimie de l'eau de mer nous renseigne sur le pH et l'acidité des océans.

Le CO2 est un élément naturel quand il émane de la végétation, industriel quand il provient de l'activité humaine.

La croissance du squelette ou des coquilles calcaires de ces organismes est ralentie par la forte présence locale de CO2.

Le CO2 n'a pas a priori d'effet direct sur la santé humaine mais peut, à terme, en avoir sur le climat, l'alimentation, l'environnement, les écosystèmes marins et terrestres.

L'activité économique a introduit dans l'atmosphère davantage de dioxyde de carbone et de méthane, de protoxyde d'azote, d'ozone ainsi que des composés artificiels comme les fréons et autres halogénures de carbone thermiquement très absorbants.

Du fait de la combustion des fuels fossiles (charbon, gaz, hydrocarbures liquides), de la déforestation accélérée et de la combustion des bois, que nous rejetons annuellement dans l'atmosphère.

Epoca à la rescousse

Les chercheurs n'ont guère de réponse pour l'instant à apporter sur les conséquences de l'acidification des océans.

C'est pourquoi l'Union européenne a confirmé son soutien au programme Epoca (European Project on Ocean Acidification) qui a été lancé à Nice le 10 juin 2008.

Epoca vise à mieux comprendre l'acidification des océans, à étudier ses conséquences sur la biologie marine, les prédire pour le siècle à venir et surtout, émettre des recommandations vers les décisionnaires politiques.

Coordonné par Jean-Pierre Gattuso, ce programme réunit 27 partenaires, parmi lesquels le CNRS et le CEA, répartis sur 9 pays.

Il bénéficie d'un budget de 16,5 millions d'euros sur 4 ans, dont 6,5 millions d'euros financés par l'Union européenne.

Vers un scénario catastrophe ?

À en croire les estimations des équipes internationales, l'évolution thermique moyenne à la surface de la Terre, est perturbée par l'activité de l'homme depuis le début de l'ère industrielle et le réchauffement global actuellement observé est d'origine anthropique.

L'émission de gaz à effet de serre est liée à l'activité économique et à la démographie à l'échelle mondiale.

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