Ruée vers l'or noir de l'océan Arctique - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 04/06/2010 à 17h04 par Frederic.


RUÉE VERS L'OR NOIR DE L'OCÉAN ARCTIQUE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Ruée vers l'or noir de l'océan Arctique

L'accord frontalier conclu en avril entre la Russie et la Norvège ouvre de nouvelles zones maritimes à la prospection pétrolière et gazière dans le Grand Nord, rendu plus accessible par la fonte de la banquise.

(...)

Le 27 avril dernier, à l'occasion de la visite à Oslo du président russe Dmitri Medvedev, la Norvège et la Russie ont mis fin à un différend territorial qui portait sur une zone maritime de 175.000 km2.

«L'accord du 27 avril est le plus important pour la politique extérieure de la Norvège depuis son adhésion à l'Otan en 1949 !» estime Rune Rafaelsen , le directeur du secrétariat norvégien de Barents, un organisme de coopération régionale établi à Kirkenes.

(...)

À l'image véhiculée ces dernières années dans les médias d'une ruée sur l'or noir du Pôle, et de risques d'escalade militaire, le ministre Store oppose une logique de coopération.

La compagnie norvégienne Statoil, associée au français Total, travaille depuis deux ans avec Gazprom pour développer le gisement gazier géant de Chtokman, à 500 km au large de Kirkenes, dans les eaux russes.

La mer de Barents, et l'océan Arctique de manière générale, regorge d'hydrocarbures, pour la plupart nichés sous le plateau continental, par une profondeur d'eau de quelques centaines de mètres seulement. Bien moins que les 1500 mètres de la plate-forme BP dans le golfe du Mexique.

Selon les estimations citées par le secrétaire d'État norvégien aux Affaires étrangères, Erik Lahnstein, 40% des découvertes mondiales de pétrole et 30% des découvertes de gaz se situent dans l'Arctique. Et les neuf dixièmes de ces richesses se situeraient dans les eaux russes.

Des chiffres à prendre encore avec des pincettes, conviennent tous les experts.

En Arctique, les Russes, faute de maîtrise technologique, n'exploitent pas encore de gisement en mer.

Les Norvégiens puisent depuis deux ans du gaz dans le champ de Snohvit, qu'ils liquéfient dans une usine construite non sans mal, sur la côte.

(...)

Difficultés techniques

Les Russes de Gazprom sont venus chercher l'expertise de Statoil, ainsi que celle de Total pour développer le grand projet Chtokman.

Officiellement, les premiers mètres cubes sont attendus à partir de 2016, mais beaucoup d'observateurs pensent que ce projet pharaonique -30 milliards d'euros d'investissement au bas mot- sera encore retardé.

La saturation actuelle du marché mondial du gaz et les difficultés techniques rendent peu probable un respect du calendrier.

L'accord frontalier avec la Russie ouvre une nouvelle zone, grande comme un cinquième de la Norvège, à la prospection, plus proche des côtes que Chtokman.

Du côté norvégien, la réglementation environnementale impose des années d'études avant de commencer l'exploration.

Et les Russes ne possèdent pas la technologie pour se lancer seuls dans l'aventure de leur côté de la frontière maritime.

La ruée sur l'or noir du pôle Nord se fera donc au ralenti.

Rune Rafaelsen est convaincu que «ces décennies de travail en commun dans le Grand Nord sont la meilleure garantie pour la paix».

Route du Nord-Est : la glace a fondu

Même en été, malgré la fonte accrue de la banquise ces dernières années, le passage du Nord-Est n'est jamais complètement libre de glace.

Pourtant, observe Thomas Nilsen, du Secrétariat norvégien de Barents, organisme de coopération régionale basé à Kirkenes, «en septembre dernier, pour la première fois, des navires sont passés sans brise-glace».

«Cet été, autre première, un pétrolier partira de Varandey, du Grand Nord russe pour livrer l'Asie du Sud-Est». Un transport de minerai de fer est aussi prévu en partance de Kirkenes vers la Chine.

«La fonte de la banquise est beaucoup plus rapide que prévue», poursuit Thomas Nilsen.

La route du Nord-Est pourrait faire gagner aux navires entre 14 et 20 jours de mer, par rapport à celle du canal de Suez.

«Le temps de parcours Rotterdam-Yokohama pourra être raccourci de 40%», affirme le secrétaire d'État norvégien aux Affaires étrangères Erik Lahn­stein.

Rune Rafalesen, directeur du Secrétariat de Barents, voit Kirkenes, seul port en eaux profondes de la région, devenir un «hub» maritime pour exporter l'or, le cuivre, le nickel ou la bauxite dont regorgent les sous-sols norvégien, finlandais et russe.

Mais armateurs et assureurs jugent encore la route du Nord dangereuse et coûteuse. Elle ne deviendra pas une autoroute maritime avant dix ou vingt ans.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........

 





Auteur : Fabrice Nodé-Langlois

Source : www.lefigaro.fr