Roumanie : cheval de Troie des OGM dans l'UE ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 11/01/2011 à 15h16 par Tanka.


ROUMANIE : CHEVAL DE TROIE DES OGM DANS L'UE ?

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Roumanie : cheval de Troie des OGM dans l'UE ?

Les vingt dernières années en Roumanie ont vu la restructuration de l'agriculture issue du système communiste vers un système libéral de type « économie de marché ».

Avec l'adhésion à l'Union européenne en 2007, la Roumanie a commencé à faire face à une nouvelle série de problèmes : la transformation de l'agriculture roumaine, comme évoqué plus haut, va vite, très vite, et il n'est pas impossible que le visage de l'agriculture roumaine ressemble, dans vingt ans, à celui des autres pays de l'Union européenne : concentration des terres, agrandissement des exploitations agricoles, exode rural, utilisation de semences hybrides et mécanisation.

La Roumanie est un pays d'agriculteurs. Cela ne peut échapper aux voyageurs... Partout des paysans fauchent, travaillent la terre, souvent avec pour seul soutien, le cheval. La population active est pour un tiers agricole. Ce pourcentage a tendance à diminuer assez rapidement. Il serait d'après les services officiels roumains autour de 28% en 2008, alors qu'il était encore à 35% en 2003. On estime donc la population active agricole à plus de 2,6 millions, soit une baisse de près de un million en cinq ans.

En parallèle, on note une augmentation de l'émigration roumaine vers les autres pays de l'Union européenne, l'Australie, ou le Canada. A titre indicatif, en France, la population active agricole est inférieure à 3% avec 805 857 emplois dans l'agriculture en 2007 (selon l'Insee).

Au niveau de la mécanisation, la différence entre la France et la Roumanie est là encore assez importante. D'après la FAO, en 2007, la Roumanie comptait 174 000 tracteurs, alors qu'en France, il y avait 1,135 million de tracteurs, soit plus d'un tracteur par actif agricole (et en proportion vingt fois plus qu'en Roumanie).

Une agriculture duale

Roumanie : parcellaire très morcelé Contrairement à la plupart des pays européens, les agriculteurs roumains sont clairement divisés en deux classes : d'un côté 2,6 millions de fermes de moins d'un hectare qui pratiquent une agriculture paysanne, et de l'autre 9 600 exploitations agricoles de plus de 100 hectares.

Ce sont ces grandes exploitations qui perçoivent la plus grosse part des subventions agricoles. En France, la taille moyenne des exploitations agricoles était, en 2000, de 42 hectares (contre 15 hectares en 1955, ce qui s'est accompagné d'une très forte diminution de leur nombre).

En 2006, on comptait environ 350 000 exploitations agricoles en France [1]. La topographie de la Roumanie, contrastée elle aussi, explique en partie cette dualité de l'agriculture : à l'est et au nord du pays, de larges zones de montagnes (Transylvanie, Valachie, Moldavie) ; à l'ouest et au sud, une plaine fertile où se pratique une agriculture intensive.

Ce sont dans ces plaines que les champs de plantes génétiquement modifiées étaient majoritairement recensés. On le dit souvent, et l'exemple de la Roumanie le confirme, les OGM sont d'autant plus intéressants que les fermes ont une grande superficie. La Roumanie est à la fois exportatrice de matières premières agricoles et importatrice de produits alimentaires finis.

En 2005, les produits transformés représentaient 68% des importations tandis que les produits non transformés représentaient 59% des exportations. En 2009, la Roumanie était le cinquième producteur agricole dans l'Union européenne, et pourtant elle a importé des produits agroalimentaires pour une valeur de 3,7 milliards d'euros.

Ce déséquilibre est lié au fait que les grands exploitants qui fonctionnent sur fonds publics - subventions - étouffent le marché avec des matières premières qu'ils exportent à bas prix, sans les transformer.

Abandon du soja GM et introduction du maïs Mon810

Les cultures transgéniques en Roumanie ne sont pas un phénomène récent. Les premières PGM ont été introduites en Roumanie dès 1998 avec l'autorisation de 14 variétés de soja pour la culture commerciale, alors qu'aucune législation ne permettait d'assurer l'évaluation ou le suivi de ces cultures.

A cette époque, le soja GM était considéré du point de vue législatif équivalent aux variétés conventionnelles. Les premières statistiques officielles pour le soja GM datent de 2004. Les surfaces semées de soja GM étaient de 5 523 hectares en 2004, 87 600 en 2005 et 137 275 en 2006.

Lorsque la Roumanie est devenue membre de l'UE en 2007, la culture du soja GM a été officiellement interdite en Roumanie, conformément à la réglementation européenne. En effet aucun soja GM n'est autorisé pour la culture dans l'UE.

La même année, autre conséquence de l'entrée dans l'UE, c'est le fameux maïs Mon810 qui a été autorisé à la culture sur le territoire roumain.

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Auteur : Christophe NOISETTE

Source : www.infogm.org