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Rivière en crise : double menace pour la biodiversité - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 26/02/2011 à 10h58 par fredl.

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Rivière en crise : double menace pour la biodiversité

 
Bujumbura, le 24 Février 2011

- Ruvubu, une des plus grandes rivières qui séparent le Burundi de la Tanzanie, est menacée par les populations riveraines qui exploitent ses alentours et ses marécages, à la recherche des terres fertiles. Le déboisement de ses abords vient imposer un coup dur à sa faune et sa flore. A Mugeni, dans la commune de Muyinga, l'association «Dukingiribidukikije : protégeons l'environnement » est à pied d'oeuvre, pour sauvegarder ce patrimoine naturel.

Pour poser les jalons d'un vrai changement, le projet de protection de la biodiversité des marécages et des alentours de la rivière Ruvubu, financé par le fonds pour l'environnement mondial (FEM) et appuyé par le PNUD, s'est s'assigné la noble tâche de restaurer la flore et la faune terrestre et aquatique de cette rivière. Comment ? En stimulant tout d'abord une collaboration accrue entre les populations, l'administration locale et les responsables du parc.

Une menace permanente

La menace est liée à la proximité des populations avec le parc national de la Ruvubu dont les limites se trouvent le long de la rivière. Les habitants utilisent les arbres, y compris les essences autochtones, ce qui crée une menace réelle pour l'écosystème.

En effet, La conservation de ces terres humides permet de maintenir l'équilibre écologique du territoire environnant, en contrôlant l'érosion des berges ainsi qu'en épurant les eaux qui traversent le marécage. D'ailleurs, affirme Mpamira Wenceslas, président de l'association, « le débit d'eau ne cesse de diminuer et la désertification progresse », en expliquant d'un air inquiet que la présence du sable au bord de la rivière se manifeste en très grande quantité, par endroits.

En effet, le papyrus qui poussait jadis dans les marécages des alentours de la Ruvubu a disparu et une sècheresse commence à s'annoncer. Pour preuve, autrefois, en traversant la rivière vers la Tanzanie, l'eau était toute proche des rives. Aujourd'hui, pendant la saison sèche on doit descendre à plus d'un mètre et demi pour atteindre la pirogue, utilisée comme principal moyen de traversée.

Des enjeux majeurs

En clôturant la zone à protéger avec la plantation d'essences autochtones appelées « uruzira » et « Umunyari » et en repeuplant les marécages de la Ruvubu, l'association pourra limiter les dégâts causés par la population.

En limitant la destruction des arbres qui la ceinture, la biodiversité de la Ruvubu pourra donc évoluer à nouveau naturellement. De ce fait, les collines qui la surplombent bénéficieront d'un micro-climat bénéfique. « Les animaux et beaucoup d'espèces d'oiseaux spécifiques à la région aujourd'hui disparus réaparaitront », espère Mpamira.

Cette région possède un potentiel écologique et économique énorme et l'absence de ces animaux ne peut guère influencer la promotion du tourisme dans la région, s'insurgent les habitants de Mugeni. « Autrefois les hippopotames quittaient la Ruvubu pour brouter sur la terre ferme, il était agréable de les observer. On ne peut pas développer le tourisme sans ces animaux », ajoutent-ils.

Ainsi créée, la ceinture sécurisera par le fait même les champs de la population que, par le passé, dévastaient les animaux venus du parc. Chaque saison, pas moins de 20 ha de plantes vivrières sont endommagées par les animaux quittant le parc pour venir brouter dans les champs mitoyens à la réserve.

Compenser le manque à gagner

Convaincre les agriculteurs des bienfaits d'abandonner les terres qu'ils exploitaient jusque-là de manière illégale pour se reconvertir dans d'autres clanurs d'activités n'est pas chose facile.

Pourtant, les chèvres octroyées par le projet permettent aux habitants d'augmenter leur production agricole grâce à la fumure organique et de ce fait, d'augmenter leurs revenus. « Ces chèvres constituent un substitut pour qu'ils renoncent également au braconnage dans le parc car ils pourront manger la viande de leur élevage ... De cette manière, le projet assure une bonne cohabitation entre les habitants, la faune et la flore», estime Mpamira.

Mobiliser les troupes

Sabiti Feruzi, chef de clanur rive gauche 1 du parc de la Ruvubu, est convaincu que le moyen le plus sûr de sauvegarder la Ruvubu et son parc reste la sensibilisation de la population pour une meilleure prise en compte de son environnement. Il envie, la galerie forestière qui protège la colline et les berges de la rivière du côté de la Tanzanie, en face de Mugeni.

En Tanzanie, la protection de la Ruvubu est déjà entrée dans les moeurs et la population riveraine bénéficie de sensibilisation de la part de l'administration. Les personnes passant outre les règlements sont sévèrement punies.
En adhérant au projet, je gagne beaucoup

Rose Ntahombaye est une riveraine de la Ruvubu qui exploite le marécage en cultivant au bord de la Ruvubu depuis 1991. Ancienne habitante du parc avant la délimitation de cette réserve en 1988, elle s'est retrouvée installée sur un sol ingrat. Comme ses voisins, à cause de la faim, elle s'est rabattue sur les terres marécageuses de la Ruvubu. Aujourd'hui, à force de sensibilisation, elle est prête à libérer ces terres.

« En adhérant au projet je gagnerai beaucoup plus », dit-elle. Les chèvres et les vaches données pour diversifier ses activités l'ont encouragé à se réorienter.

Léonie Ndayavugwa, au sommet de la colline Mugeni, s'est aussi sentie concernée par le projet de protection de l'environnement. Elle subie tous les jours les conséquences de la déforestation et de la régression de sa production agricole.

« En plantant les arbres chez nous, nous aurons du bois de chauffe et nous ne serons plus obligés d'aller le chercher de l'autre côté du parc », affirme-t-elle en ajoutant confiante « qu'un grand profit est aussi à tirer de l'élevage que nous procure le projet.

C'est très simple, si on me donne une chèvre et que je l'entretiens bien, j'ai du fumier pour cultiver le sorgho, le haricot et le maïs».

Le combat contre ces menaces requiert une synergie et une mobilisation accrue de toutes les parties prenantes. La compréhension des enjeux affectant négativement les populations et l'écosystème de la Ruvubu permettra de concevoir des mesures et stratégies concrètes pour s'en prémunir.

 

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Auteur : http://www.bi.undp.org

Source : www.bi.undp.org

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