Réduire les émissions de méthane améliorerait l'efficacité de la lutte à court terme - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 28/01/2010 à 11h52 par Tanka.


RÉDUIRE LES ÉMISSIONS DE MÉTHANE AMÉLIORERAIT L'EFFICACITÉ DE LA LUTTE À COURT TERME

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Réduire les émissions de méthane améliorerait l'efficacité de la lutte à court terme

Information recueillie par Tanka

Le méthane est le deuxième GES le plus important parmi les six inclus dans le protocole de Kyoto. À court terme, une stratégie spécifique au méthane renforcerait l'efficacité des politiques de réduction des émissions de GES. Explications.

Le méthane, en se transformant en C02 dans l'atmosphère, réduit progressivement son potentiel de réchauffement global (PRG). C'est pourquoi le quatrième rapport du GIEC indique un PRG à 20 ans 72 fois plus élevé que le C02, déclinant à 25 sur 100 ans et à 7,6 sur 500 ans. Or, les PRG retenus par la CCNUCC réduisent l'ensemble des GES en équivalent CO2, afin d'évaluer les options de réduction des émissions via le coût de la tonne de CO2eq évitée. Ainsi, ''à Kyoto, on a retenu des équivalences à 100 ans, considérant que les perturbations climatiques apparaitraient à cette échéance'' explique Benjamin Dessus, directeur de Global Chance.

Avec le PRG de 21 retenu à Kyoto, les 349 millions de tonnes de méthane émises en 2005, selon la base de données EDGAR (Emission Database for Global Atmospheric Research), représentent environ 15% du total des émissions de GES, et si l'on applique le PRG à 20 ans elles représenteraient environ 37% du nouveau total. ''L'accent mis sur le long terme masque l'urgence de la lutte contre les émissions de méthane et la décennie passée a montré l'importance d'un pic des émissions peu élevé d'ici 2015 à 2020'', analyse Benjamin Dessus.

Lutter contre les émissions de méthane

Selon les données EDGAR, en 2005 les émissions mondiales de méthane étaient principalement liées à trois secteurs : l'agriculture (40,7%), l'énergie (31,7%) et les déchets (18,4%). S'agissant de l'agriculture, les sources se décomposent entre la fermentation entérique du cheptel (68,2%), la culture du riz (23,9%) et la gestion des déjections animales (7,9%). Les émissions fugitives associées à l'énergie sont issues pour deux tiers de l'industrie pétrolière et gazière et pour un tiers de l'industrie charbonnière. Enfin, s'agissant des déchets, 55,3% des émissions proviennent du traitement des eaux usées et 44,6% de la mise en décharge des ordures.

Cependant, il est possible de réduire sensiblement les émissions de méthane avec des technologies simples et disponibles, d'autant plus que dans un contexte de hausse du prix des énergies, certaines de ces mesures s'autofinancent en partie grâce à la valorisation du méthane pour la production d'électricité. Ainsi, un rapport de l'Agence française de développement (AFD) estime qu'il existe un potentiel de réduction rapide des émissions de 30% par rapport au niveau actuel. De plus, pour Michel Colombier, directeur scientifique de l'IDDRI, ''une politique spécifique au méthane est rapidement applicable car elle remet peu en question les modes de vie, alors que la réduction des émissions de C02 requiert un débat de société plus profond''.

En effet, mise à part la question agricole, qui ouvre le débat sur la place de la viande dans les régimes alimentaires, les politiques de lutte contre les émissions de méthane sont liées à des processus techniques de réduction des fuites du réseau gazier ou de captage du méthane dans les décharges, les stations d'épurations et les mines de charbon. De plus, une fois les dispositifs en place la réduction des rejets se poursuit dans le temps ce qui n'est pas le cas de toutes les mesures de réduction du CO2. ''Finalement il serait simple d'agir en mettant en place des outils réglementaires appropriés'' estime Michel Colombier.

Autre avantage, la réduction des émissions de méthane ne remet pas en cause la croissance des pays développés et le développement économique des pays du sud, contrairement à la réduction des émissions de C02 qui impose une transition énergétique complexe. Cet aspect est important car, ''sur le plan de l'évolution du climat, une action rapide sur les émissions de méthane permet de relâcher la contrainte temporelle qui pèse sur la réduction des émissions de CO2 qui réclame des changements structurels à longs terme'' analyse Benjamin Dessus.

Une action différenciée pour les émissions de méthane ?

Selon le rapport de l'AFD, l'Allemagne a réduit de 43% ses émissions de méthane entre 1990 et 2004 grâce à une politique appropriée. Cette réduction a le même impact sur le climat, pour un coût moindre, que la baisse de 14% des émissions de C02 sur la même période. Quant au MDP du protocole de Kyoto, 20% des projets concernent le méthane, selon le Risoe Centre du PNUE. Enfin, les Etats-Unis ont créé Methan to Market en 2004, afin de réduire les émissions au niveau international grâce aux techniques les plus rentables. Le programme a alloué 40 millions de dollars à 170 projets.

Par Philippe Collet - Source : Actu-Environnement.com


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