Recherche agricole : De nouveaux paradigmes à trouver - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 14/10/2011 à 22h27 par Jacques.


RECHERCHE AGRICOLE : DE NOUVEAUX PARADIGMES À TROUVER

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Le développement agricole passe par un changement radical des paradigmes qui sous tendent la recherche dans le secteur. De l'avis du docteur Cherif Salif Sy, le modèle qui consiste à importer des graines pour les semer directement n'est pas pertinent pour accroître la production.

L'économiste animait hier une conférence à l'initiative du FNRAA (fonds national de recherches agricoles et agroalimentaires) et du Système national de recherches agro-sylvo-pastorales (SNRASP).

Le thème de la Conférence était centré sur l'agriculture sénégalaise dans le cadre de la mondialisation et les conséquences sur la recherche agro-alimentaire. Au cours de sa présentation, l'économiste Cherif Salif Sy a également affirmé que les biocarburants étaient « une aubaine pour l'Afrique. »

L'économiste a invité les autorités africaines à « rompre » d'avec le modèle de recherche qui consiste à importer des graines produites de la recherche des pays développés. « Il faut changer de paradigme pour aller vers des solutions endogènes qui s'inspirent de notre histoire afin de booster notre production », dit-il, ajoutant qu'« il faut changer de paradigme.

Ne plus considérer la situation comme si les éléments du développement tenaient dans les graines qui poussent dans les pays développés et qu'il faut juste prendre et implémenter. »

Des pays, a-t-il, expliqué, ont fait des innovations avec des résultats appréciés. Citant le cas du Paraguay, Cherif Salif Sy a montré que l'expérimentation du semi direct à partir de 1992 qui consiste à semer directement sur des sols non retournés, recouverts de paille en permanence et résidus de la récolte précédente, a donné des résultats « extraordinaires ».

Avec cette technique, 65% des surfaces sont utilisés et les rendements connaissent des hausses jusqu'à 30%. « La banque mondiale, dans des rapports récents, soutenait qu'une grande réussite dans l'agriculture africaine suppose des taux de croissance dans le domaine qui dépassent 4%.

Mais il y a deux cents ans et pendant une longue période avant l'arrivée du colonisateur, nous avions des taux de 7%, en utilisant des ressources, des savoirs traditionnels qui ne sont pas du tout farfelus et qui donnent des résultats au Paraguay, au Malawi, au Kenya et au Sénégal. Il faut regarder aussi du côté de la réflexion issue de ce savoir qui aide à augmenter la production. »

Selon le conférencier, les chercheurs sont interpellés par la mondialisation, notamment au Sénégal et en Afrique. Les turbulences dans le monde tel qu'il fonctionne réellement en déroutent plus d'un. Il y a des inquiétudes partout, il y a des aspects financiers et d'autres liés à l'agriculture elle-même.

Il faut que la recherche apporte suffisamment de réponses pour nourrir plus et mieux les africains et les sénégalais, en particulier. Il faut développer la recherche au niveau local afin de prendre en charge correctement les problèmes de l'intérieur.

De l'avis du Dr sy, le biocarburant est une chance pour l'Afrique car les pays développés vont consacrer de plus en plus d'espace à cette culture. Et cela interpelle l'Afrique en ce sens qu'elle va produire plus pour leur apporter les compléments alimentaires nécessaires et nourrir les populations du continent.

C'est sous cet angle, a-t-il dit, qu'il faut voir l'intérêt des biocarburants. Mais, précise-t-il, « il faut éviter à tout prix qu'il y ait une compétition entre surfaces dédiées aux biocarburants et celles destinées à la culture pour nourrir la population. » Sous cet angle, a encore dit le conférencier, « les biocarburants nous donnent l'occasion de produire plus ».

 

 

Dans ce même registre, il y a une tendance forte qui consiste à libérer des terres au profit des biocarburants. Mais force est, selon lui, de reconnaître qu'aucun pays ne peut prendre le risque de ne pas avoir suffisamment de surfaces pour, dans le cadre d'une agriculture productive, s'assurer dans le temps, de nourrir sa population. « C'est une question de sécurité nationale », a asséné l'économiste.

Toutefois, a-t-il ajouté, la tendance des biocarburants est irréversible et, outre les pays développés, d'autres moins développés avec un fort potentiel de développement comme le Brésil s'y sont résolument engagés.

M. Sy a également souligné le problème du « mauvais » rapport de force induit par la fixation des prix des produits de l'agriculture africaine au niveau de places étrangères. « il faut en Afrique que nous arrivions, comme le souhaitent les organisations de production elles-mêmes, à définir nous-mêmes les prix de ce que nous produisons, au lieu de laisser le choix aux bourses internationales. Et très souvent, la part qui revient aux producteurs dans ce prix fait moins de 5%.»

 

Un article de Daouda GUEYE, publié par SudOnLine

 

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Auteur : Daouda GUEYE

Source : www.sudonline.sn