RD Congo : produits importés moins chers préférés aux locaux - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 26/10/2009 à 16h32 par Michel95.


RD CONGO : PRODUITS IMPORTÉS MOINS CHERS PRÉFÉRÉS AUX LOCAUX

  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
RD Congo : produits importés moins chers préférés aux locaux

Kinshasa, Syfia Grands Lacs, via mediacongo.net

Information recueillie par Michel95

Malgré ce que disait Galilée, il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond sur cette planète!

A Kinshasa, Lubumbashi comme dans de nombreuses villes de la RD Congo, la plupart des produits vivriers importés qui inondent les marchés sont généralement moins chers que les produits locaux ce qui contribue à décourager la production agricole locale.

Manque de rentabilité ou à cause des habitudes prises,...les raisons ne manquent pas pour justifier ce paradoxe dans un pays pourtant gâté par la nature.

A Kasumbalesa, important poste douanier congolais situé à la frontière avec la Zambie, à deux heures de route de Lubumbashi, dans la province du Katanga, une ambiance particulière règne tous les jours.

Des dizaines de trucks chargés de maïs, de pommes de terre, de bananes, d'oranges ou de carottes, traversent la frontière en direction de la capitale du Katanga.

Ces produits vivriers proviennent des pays d'Afrique australe (Afrique du Sud, Zambie, Tanzanie,...) et vont inonder le marché sud-est congolais.

"C'est ridicule pour le Katanga d'importer même la tomate", affirme, consterné, Pitchou Mwamba, un commerçant qui vient écouler sa cargaison de marchandise au marché central de Lubumbashi.

Ingénieur agronome, Daniel Kabol Musul est catégorique.

Pour lui, le Katanga ne devrait en principe rien importer.

Ni céréale, ni légumes, ni fruit... "

Le maïs, le blé, le riz, les haricots, le soja et plusieurs sortes de fruits peuvent être produits en grande quantité localement", affirme-t-il.

Mais selon Jean Lenge, secrétaire administratif du marché central Mzée de Lubumbashi, 80 % des produits vivriers vendus sur la place viennent de l'étranger.

Une situation qui n'est pas propre à la riche province minière du Katanga.

A Kinshasa comme dans les autres provinces du pays, les produits vivriers de première nécessité ne sont que rarement fabriqués sur place.

"Ici, tout est artisanal.

Pas d'engins, pas de semence, pas de subvention de l'Etat, pas de route de desserte agricole...

Voilà pourquoi on ne produit pas assez pour alimenter les centres de consommation", explique Daniel Kabol.
Conséquence, l'économie du pays reste extravertie.

Le local plus cher que l'importé

Face à la rareté des produits locaux, les clients ne manquent pas d'humour lorsqu'ils font leurs achats.

Comme cette jeune femme, Liliane Tange, rencontrée au marché central de la capitale Kinshasa, avec dans son panier de ménagère, des poulets surgelés, des ingrédients et tout un tas de produits importés du Nigeria.

"Les étrangers nous aiment plus que nous même (sic), car ils nous apportent des aliments moins chers", dit-elle.

La différence de prix est en effet souvent bien perceptible dans toute la chaîne alimentaire.

Le poulet surgelé importé coûte en moyenne 3000 Fc (3,4 $), alors que le poulet sur pied provenant d'un élevage local coûte plus du double; un kilo de viande de boeuf fraîche vaut 8600 Fc (10 $) contre moins de la moitié du prix pour le ‘kappa' (viande de boeuf surgelée); et une mesure de 300 gr de riz importé est vendue à 500 Fc alors que pour la même quantité du riz local, il faut débourser à compter de 700 Fc.

"Cet écart de prix est dû notamment à la différence de moyens de production qu'emploient les agriculteurs", explique Jean-Robert Kasoko, économiste.

Les producteurs qui utilisent les techniques modernes produisent à la chaîne et savent mieux contrôler le coût de production.

Ce que ne font pas les agriculteurs artisanaux congolais. Leurs produits restent donc chers et les consommateurs se tournent vers l'importé.

Cela décourage les petits agriculteurs locaux, dont certains finissent par aller dans d'autres secteurs plus porteurs.

Au Katanga, Eugène Ngomba qui possédait une ferme sur la route de Likasi, s'est reconverti dans la mine.

"Je travaillais à perte, déclare-t-il.

Car pour faire un champ de maïs de 1 ha, j'utilisais environ 6 sacs d'engrais chimiques sans compter les semences et la main d'oeuvre.

Il y a 10 ans le sac coûtait 25 $, il se vend à 100 $ aujourd'hui.

Si je répercute toutes les dépenses sur ma marchandise, elle coûtera très chère sur le marché."

Revers de la médaille

Evelyne Ndaya qui élevait pourtant de la volaille, a préféré prendre le raccourci.

Elle vend actuellement des poulets surgelés au marché de Lubumbashi.

Acheter des poussins, les nourrir chaque jour, les soigner... lui coûtait cher. "J'ai fini par abandonner l'élevage, car mon poulet était vendu plus cher que celui congelé importé d'Afrique du Sud ", reconnaît-elle.

.../...

 

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

 

........