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Cette actualité a été publiée le 08/09/2011 à 09h32 par Tanka.


RAPPORTS DE L'INERIS SUR LES ÉVÉNEMENTS LIÉS AUX ALGUES VERTES

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Rapports de l'INERIS sur les événements liés aux algues vertes

 
Titre original :
Rapports de l'INERIS sur les événements liés aux algues vertes en baie de Morieux (Côtes d'Armor)

 
Contexte

Des cadavres de sangliers ont été retrouvés en baie de Morieux (Côtes d'Armor) à différentes dates entre début juillet et début août 2011.

Ils ont fait l'objet d'autopsies et d'analyses. Plusieurs hypothèses ont été examinées, notamment l'intoxication par l'hydrogène sulfuré (H2S), émanations d'algues en décomposition dans de la vase.

L'INERIS a été sollicité par le Ministère chargé de l'écologie pour procéder à deux types d'interventions :

- Une campagne de mesures pour évaluer les niveaux de concentration en H2S, liés à la fermentation des algues vertes, au sol (sur les dépôts d'algues) et dans l'air ambiant : ces mesures ont été faites à proximité des zones fréquentées par les populations, afin d'apporter des éléments de réponse sur les risques potentiels pour la population.

- Un appui au préfet des Côtes d'Armor pour identifier la cause de mortalité des animaux : cette étude consiste pour l'Institut à interpréter les autopsies et les résultats d'analyse existants en s'appuyant sur ses connaissances en toxicologie et en chimie.

1) La campagne de mesures

La campagne, s'est déroulée en 2 phases : l'une, du 5 au 6 août 2011, pour caractériser dans différentes zones de la baie les émissions d'hydrogène sulfuré (H2S), liées à la fermentation des algues vertes. L'autre, du 4 au 11 août 2001, a été réalisée pour évaluer les concentrations en H2S auxquelles les populations riveraines, ou fréquentant la plage de Morieux et la zone de l'estuaire, sont susceptibles d'être exposées.

Les résultats

- Les mesures effectuées à la surface du sol mettent en évidence des dégagements importants de composés soufrés, principalement du H2S, lors du perçage de la croûte des dépôts d'algues : des libérations de gaz se produisent alors, de type « bouffées instantanées ». Des valeurs de plus de 3 000 mg/m3 ont été relevées. Ces valeurs diminuent au fur et à mesure que l'on s'éloigne du sol : aux points étudiés, les détecteurs, placés à la hauteur de la taille des opérateurs, ont fourni des valeurs de 15 à 140 mg/m3.

- Dans l'air ambiant, les concentrations les plus élevées ont été relevées dans les zones les plus difficiles d'accès (zones escarpées, vasières). Sur la zone témoin de l'étude (hors des zones de dépôts d'algues), la valeur mesurée est 2,9g/m3 (1) ; elle est un peu supérieure à ce qui est généralement observé dans l'air ambiant, en France (0,15 à 0,45g/m3). Les concentrations moyennes, sur chacun des points de la zone de mesure, sur l'ensemble de la période étudiée, sont de 5 à 75 fois supérieures à la valeur témoin locale (voir carte ci-après).

Les conséquences

- Les expositions de longue durée à de faibles concentrations (cas des riverains) : les mesures dans l'air ambiant sur une semaine sont représentatives d'une exposition dite « sub-chronique », car la saison d'échouage des algues s'étend principalement de juin à septembre, soit une exposition potentielle d'environ 4 mois. Les valeurs de concentrations en H2S relevées sont inférieures à la valeur de 30 μg/m3 définie par l'ATSDR (2) pour ce type d'exposition.
Sur la base de cette valeur de référence de l'ATSDR, la situation ne semble pas présenter de risque préoccupant pour la santé.

Les effets olfactifs de l'H2S (odeur d'« oeuf pourri ») interviennent à des doses très inférieures à celles entraînant des effets sur la santé, ce qui rend certains scénarios d'exposition à des concentrations élevées ou maximales peu probables. On peut en effet penser que les personnes circulant dans les zones fortement malodorantes ne s'y attardent pas et/ou ne s'approchent pas des zones à risques. Néanmoins il convient d'évoquer ces scénarios.

- Pour les expositions de courte durée à des concentrations élevées (cas des promeneurs ou randonneurs qui se déplacent sur des zones de dépôts d'algues) : des valeurs de 15 à plus de 140 mg/m3 ont été relevées. Elles se situent à des niveaux pour lesquels des effets ont été observés sur l'Homme, notamment l'anesthésie de l'odorat, au-delà d'une heure d'exposition en continu sur des zones de dépôts d'algues.

- Même s'il est peu probable qu'un individu soit exposé aux concentrations maximales des « bouffées » au niveau du sol ou dans les dépôts d'algues, les concentrations mesurées peuvent atteindre les seuils mortels (2 408 mg/m3 pour une exposition d'une minute).

L'hypothèse de la survenue d'un accident ne peut être écartée (enfant jouant dans le sable, chute grave...).

2) Cause de mortalité des animaux

Afin d'établir les causes de mortalité de sangliers, ragondins et blaireau retrouvés dans l'estuaire de la rivière Gouessant, trois hypothèses ont été étudiées : exposition à des cyanobactéries, à des substances toxiques ou à de l'H2S. Les travaux de l'INERIS ont été réalisés à partir des résultats d'analyses transmis par la Préfecture et la Direction Départementale de la Protection des Populations des Côtes d'Armor, ainsi que par le centre ministériel de veille opérationnelle et d'alerte.

D'après l'analyse des différents résultats (niveaux de concentration en H2S dans les différents milieux de la baie, mesure dans les poumons ou le sang et symptômes observés chez les animaux morts), l'hypothèse la plus vraisemblable est l'intoxication par l'H2S.

Par ailleurs, il faut souligner qu'à des doses chroniques les perturbations de l'odorat sont un handicap pour la vie animale.

 
(1) un microgramme (µg) = un millième de milligramme (mg).

(2) Agency for Toxic Substances and Disease Registry du Département de la Santé du gouvernement américain
 

Un article publié par Ineris

 

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Source : www.ineris.fr