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Cette actualité a été publiée le 13/10/2009 à 18h28 par Tanka.


RAPPORT ADEME SUR LES AGROCARBURANTS

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Rapport ADEME sur les agrocarburants

Information recueillie par Tanka.

L'efficacité des agrocarburants de première génération n'est pas encore évaluée que la France lance un programme de deuxième génération, poétiquement nommé BioTfuel. Tant pis pour la cohérence scientifique. Et tant mieux pour Total... qui rafle 7 millions d'euros au passage.

Les agrocarburants (aussi nommés biocarburants) de première génération sont produits à partir d'huiles végétales de différentes plantes (betterave, canne à sucre, colza, blé...). Ceux de "deuxième génération" seront élaborés à partir de résidus agricoles et forestiers (paille, bois), valorisant ainsi la partie de la plante qui n'est pas destinée à l'alimentation. La directive européenne "énergies renouvelables", aujourd'hui en vigueur, impose aux Etats membres de porter la part des agrocarburants dans les transports à 10%, en 2020. Cette mesure doit, selon la Commission Européenne, réduire les émissions de CO2 et de gaz à effets de serre d'au moins 35%.

Crise alimentaire et environnementale

Mais ces agrocarburants posent deux problèmes. Pour produire les huiles végétales, il faut des terrains, pas très difficiles à trouver, vu le prix de la tonne.

Conséquence : déforestation massive et transformation de surfaces consacrées à l'alimentation des populations locales. D'où des pénuries alimentaires dans les pays en voie de développement (l'année dernière, la Banque mondiale estimait que la production d'agrocarburants était responsable d'une augmentation de 75% des prix des denrées alimentaires, entre 2002 et février 2008) et des problèmes environnementaux, les cultures alimentaires étant en général moins agressives que celles dédiées aux agrocarburants.

What a BioTfuel world (?)

Concernant le premier problème, le programme BioTfuel est plutôt une bonne chose, puisqu'il permettrait d'utiliser moins de surfaces agricoles. Mais ça reste à prouver, aucune étude n'ayant été menée sur le sujet. Concernant le second problème, par contre, ça se corse. L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) réalise actuellement un rapport sur le bilan environnemental des agrocarburants de première génération. Un résumé partiel vient d'être publié. Et ça n'est pas folichon.

Impact écologique incertain

En résumé, L'ADEME conclut que la filière des agrocarburants pourrait permettre de limiter les rejets de CO2 et de gaz à effet de serre... mais sans prendre en compte les "changements d'affectation des sols", c'est-à-dire la transformation de prairies, de forêts ou de champs déjà cultivés nécessaires à la production d'agrocarburants. Et l'Agence l'admet elle-même, ces changements "peuvent venir modifier grandement ces résultats, voire pourraient potentiellement les inverser pour les bilans des filières d'importation mais aussi nationales par effets indirects".

"Des travaux spécifiques doivent être conduits pour approfondir cette zone d'ombre et le degré de plausibilité des scénarios vis-à-vis des différentes filières étudiées" dit encore le rapport. Impossible de savoir si, au final, on y gagne ou on y perd.

Le Flou Total...

Mais pourquoi attendre ? Dans la foulée, l'Ademe a annoncé la mise en oeuvre d'un programme de production d'agrocarburants de deuxième génération. Avec pour objectif de produire 200 000 à 300 000 litres de carburant de type biogaz et biokérosène à l'horizon 2015. L'investissement global est estimé à 112 millions d'euros, il prévoit la construction de deux sites industriels. L'ADEME subventionnera ce projet à hauteur de 30 millions d'euros, dont 7 millions pour Total, selon France Nature Environnement. La firme pétrolière a réalisé 14 milliards d'euros de bénéfices en 2008, et attend quelques centaines de millions de plus de l'incorporation de ces agrocarburants... moins chers à produire que les carburants fossiles. Total bénéf'...