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Cette actualité a été publiée le 16/12/2009 à 23h44 par Tanka.


RADICALISATION À COPENHAGUE

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Radicalisation à Copenhague

Information recueillie par Tanka.

De nouveaux acteurs ont apparu dans l'arène climatique, qui témoignent d'un élargissement du mouvement climatique à des groupes altermondialistes, et d'une crise de légitimité des porte-paroles traditionnels.

Ces derniers jours à Copenhague, deux évènements ont suscités des remous, et ont fait couler de l'encre. Avec un peu de distance, ils méritent de s'y attarder un moment. Il s'agit des manifestations de samedi, les plus grandes pour la cause climatique à ce jour, et de plusieurs suspensions des négociations, dues à la colère des Etats africains et à la révolte des pays insulaires autour du tout petit Tuvalu. Ces évènements sont le signe de nouvelles fractures, qui traversent à la fois les négociations et la société civile mondiale réunie aux marges de la négociation.

La manifestation de samedi, colorée et tres diverse, réunissait pour la première fois les différents mouvements verts et des forces contestataires plus traditionnelles autour de la question climatique. « Justice climatique » était le mot d'ordre, fédérant des tribus aussi différents que Greenpeace et le conseil mondial des églises, les végans et l'Internationale socialiste, différents mouvements antinucléaires et des associations humanitaires. La tonalité générale de la manifestation était nouvelle.

Des pancartes comme « blabla, arrétez de parler, agissez », « la planète ne négocie pas » ou « on n'a pas de planete B » soulignaient l'urgence de passer à l'action. Il y avait aussi des recommandations mettant en cause le cadrage des négoctiations actuelles. Un premier thème était la « dette climatique » des pays développés, un deuxième la mise en cause de la « finance carbone ».

Ce nouveau ton critique et radical culminait dans la déclaration adoptée par le « forum du peuple » : « changeons le système, pas le climat ». On voyait, également une nouveauté, quelques figures phares du mouvement altermondialiste, telle Vandana Shiva, qui lança aux manifestants rassemblés devant le Bella Center, où se déroulent les négociations : « c'est là-bas que le puissants négocient. Je ne poserais jamais les pieds dans ce bâtiment, je ne participerais pas à cette corruption ».

Ce ton témoigne d'une désillusion croissante avec le processus de négociations, mais aussi d'une certaine défiance vis-à-vis d'une fraction des ONG environnementales, qui est profondément impliquée dans les négociations, prend des responsabilités, essaie de faire avancer les choses de l'intérieur, mais qui du coup se professionalise, adopte une attitude plus pragmatique, et parle souvent le même jargon climatique que les négociateurs. Ce problème, qui est au fond un problème de représentation de la société civile, est illustré par le succes inouï d'une nouvelle initiative, 350.org. Née il y a à peine un an et demi, ce réseau très large et très peu structuré fonctionne sur un principe d'activisme créatif et local. 350.org a organisé en 2007 l'action « Step it Up » dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde. Un de ses sept (!) membres permanents nous confie :

« On est différent des ONG traditionnelles comme Greenpeace, qui ont un message très précis, une structure d'organisation déterminée et qui veulent contrôler leur message. Nous, on a un objectif, 350 ppm, mais sinon, tout le monde est libre. On dit aux gens : voilà notre message, prenez-le, faites-en ce que vous voulez. Il y a des groupes à travers le monde, que l'on n'a jamais vu, qu'on ne connaît pas. Ils peuvent s'enregistrer sur notre site, mais il y en a, qui ne l'ont pas fait - on ne contrôle pas, et c'est ok ».

350.org ressemble plus à ces nouveaux réseaux sur le Web, qui tirent leur créativité de la seule initiative de leurs membres qu'aux ONG hautement hiérarchisées de type WWF et Greenpeace. Leur apparition à ce point du processus est intéressant. A un moment où même des membres éminents du GIEC semblent indiquer que la barre des 2 degrés sera presque impossible à atteindre, vu les récentes évolutions et l'inertie des systèmes énergétiques, 350.org préconise des réductions de 80% pour l'année 2050, correspondant à une stabilisation de la température autour de 1,5 degrés au dessus des températures pré-industrielles. Leur message séduit, parce qu'il se situe en dehors de la posture pragmatique de certains ONG verts. Et la mobilisation autour de la « journée mondiale pour le Climat », organisée à travers le site 350.org samedi dernier, semble leur donner raison : des manifestations étaient organisées dans 137 pays du monde, en France dans une cinquantaine de villes.

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