Qui sont les vrais pirates en Somalie ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 12/08/2011 à 09h56 par Tanka.


QUI SONT LES VRAIS PIRATES EN SOMALIE ?

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Qui sont les vrais pirates en Somalie ?

 
Alors que, spoliés de leur ressource, les anciens pêcheurs somaliens n'ont d'autre choix que la piraterie, les Etats protecteurs des bateaux-usines traitent Paul Watson, de l'ONG Sea Shepherd, de pirate et de terroriste! La chronique de Franck Laval.

Sea Shepherd apporte une analyse bien différente de la situation somalienne et propose de revenir sur la genèse d'une piraterie de résistance née en réponse à une piraterie étrangère bien plus grande, totalement passée sous silence. Si, bien sûr, les méthodes employées divergent, le point commun entre les « pirates » somaliens et les « pirates » de Sea Shepherd est de se référer à la notion de droit d'ingérence pour légitimer leurs actions. Les uns comme les autres agissent en réponse à l'absence d'une autorité efficace en mer pour enrayer le pillage illégal de la biodiversité marine perpétré par des prédateurs dotés d'armes de destruction massive des océans : les bateaux-usines étrangers.

Ils ont fait des eaux de la Somalie à la fois un grand supermarché en libre service et le dépotoir de l'Europe, et ils ont fini par transformer des pêcheurs en pirates en phase de devenir terroristes...

Somalie 1991: le dernier gouvernement s'écroule du fait de la guerre civile. Les 3300 km de côtes de la Somalie et ses eaux parmi les plus poissonneuses au monde sont livrés sans protection à un pillage en règle par les navires de pêche étrangers toujours plus nombreux. Ces côtes deviennent en parallèle une immense décharge pour l'Europe.

Les chaluts étrangers se passent le mot: en l'absence de toute réglementation, les eaux somaliennes constituent alors un nouvel eldorado. On y pille à loisir des espèces à haute valeur commerciales, thons, espadons, homards, requins... toutes les techniques sont employées, la seule limite est la capacité de charge des navires-usines. Ainsi, pour la seule année 2008, la pêche exercée par ces navires étrangers est estimée à plus de 300 millions de dollars.

Quand les médias dénoncent l'attaque subie par un thonier français au large de la Somalie, Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, pose la question de savoir ce que faisait ce thonier dans les eaux territoriales d'un des pays les plus pauvres du monde.

Mais de nombreuses entreprises européennes ont aussi vu dans ces eaux livrées sans protection le moyen de se débarrasser à moindre frais de déchets embarrassants et particulièrement dangereux. Ainsi, dès 2005, Nick Nuttall, porte-parole du Programme des Nations unies pour l'environnement déclarait : «Depuis les années 1990, les eaux au large de la Somalie ont été utilisées comme décharge tout au long de la guerre civile qui a frappé ce pays.

On y a immergé des fûts de déchets radioactifs, d'uranium, de plomb, de métaux lourds, de déchets d'hôpitaux, etc. Les compagnies européennes estimaient que c'était très bon marché de s'en débarrasser au prix ridicule de 2,50 dollars la tonne, alors que les dépôts de déchets en Europe réclament des montants de l'ordre de 1000 dollars la tonne ».

En décembre 2008, les Nations unies autorisent pourtant les pays dont les navires sont attaqués au large de la Somalie à mener des raids militaires de représailles sur terre, en mer et dans les airs contre des pirates qui risqueraient de nuire au bon déroulement des échanges commerciaux dans cette zone. Ce sera donc l'unique réponse du monde à ces anciens pêcheurs ruinés, spoliés et humiliés, devenus « pirates ».

Mon ami Paul Watson, fondateur et président de Sea Shepherd (berger des mers), une ONG qui se base sur la Charte mondiale pour la nature des Nations unies pour faire respecter les lois de protection des océans, est lui-même souvent qualifié de pirate, voire de terroriste. Son organisation a coulé à quai plusieurs baleiniers illégaux sans jamais blesser et, fait surprenant, sans jamais être inculpé. "Le dernier endroit où des braconniers ont envie de se retrouver, c'est devant une cour de justice", dit-il.

Pirate, Paul Watson ? Adepte de ce qu'il appelle la non violence combative à l'égard de la pêche illégale et face au laisser-faire et à la complicité des Etats, il estime avoir un devoir d'ingérence en agissant au quatre coins des océans pour faire respecter les lois bafouées par des intérêts économiques destructeurs.

S'il ne cautionne pas l'utilisation d'armes par les anciens pêcheurs somaliens, Paul Watson avertit que si le problème n'est pas pris à la racine, si ces prédateurs étrangers qui pillent les eaux somaliennes ne sont pas appréhendés au lieu d'être protégés par les marines militaires de leur pays, la poudrière somalienne s'étendra à d'autres pays africains et en premier lieu à la Mauritanie, à quelques centaines de kilomètres de la France...

Imaginons simplement que des milliers de bateaux somaliens viennent racler les derniers poissons qu'il restent au large des côtes françaises et européennes, puis en profitent pour y déverser des fûts radioactifs et chimiques en toute impunité: que feraient les pêcheurs français?
 

Un article de Franck Laval, publié par L'express

 

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Auteur : Franck Laval

Source : www.lexpress.fr