Quête ou racket de la biodiversité? - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 02/02/2010 à 21h33 par Jacques.


QUÊTE OU RACKET DE LA BIODIVERSITÉ?

  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Quête ou racket de la biodiversité?

Réflexion sélectionnée par Jacques

Au cinéma, les océans passionnent. Mais pourquoi les océanologues et les autres chercheurs qui s'intéressent à notre environnement sont-il si mal considérés? La chronique d'Angélie Baral.

5,63 milliards d'euros (1). C'est le coût du super-accélérateur de particules inauguré en Suisse fin 2008, financé par l'Europe (ajoutez 26 millions d'euros pour réparer l'incident survenu 9 jours après... moyennant plus d'un an d'arrêt). Au menu: recréation des conditions d'énergie intense des premiers instants de l'univers, découverte des constituants de la matière noire, antimatière...

En comparaison, la Commission européenne n'a alloué qu'à peine plus de 700 millions d'euros (2) en 18 ans pour le programme Life Nature, principale source de financement européen pour la conservation de la biodiversité et des habitats.

Identifier les particules infinitésimales constituant notre univers infini semble plus pertinent qu'identifier les espèces et comprendre précisément le fonctionnement des écosystèmes dont le rôle est fondamental pour réguler les cycles terrestres vitaux (oxygène, carbone, eau...).

Sans doute la quasi-absence des sciences de la Terre à l'Académie des sciences (3) illustre bien nos priorités. En effet, à l'heure où les préoccupations environnementales sont sur le devant de la scène, les voix des quelques chercheurs de l'Académie qui s'attaquent à ces questions (en écologie, faune, flore, géologie...) sont noyées parmi celles des nombreux médecins, biologistes et généticiens, sur-représentés...

Cela fait longtemps que ce déséquilibre est vivement critiqué, il serait temps de le corriger.

Dois-je rappeler que nous connaissons mieux la surface de Mars que les grands fonds océaniques? Or, les océanologues découvrent depuis quelques années que ces écosystèmes jouent un rôle prépondérant sur l'ensemble des milieux marins –ce qui inclut, entre autres, les organismes participant à l'oxygénation et à l'absorption de carbone, ainsi que toute la faune marine que nous pêchons pour notre alimentation.

Loin d'être un désaveu de la physique, cette chronique a pour but de questionner nos priorités d'investissement dans la recherche. Certes, faire avancer la physique nécessite des instruments ultra-précis et donc forcément coûteux, engendrant (espérons-le) des retombées technologiques qui peuvent servir dans d'autres domaines.

Mais quand je vois les difficultés croissantes de chercheurs à financer des expéditions pour mieux comprendre les écosystèmes dont les retombées sont immenses pour le bien-être de l'humanité, je me dis qu'il serait temps de revoir nos priorités.

(1) source: La Recherche, octobre 2009.

(2) Depuis 1992, un total de 1,35 milliard ont été alloués au programme Life dont la partie Nature représente tout au plus la moitié des dépenses (le reste va à des projets environnementaux plus généraux: énergie, transports...) – source: http://ec.europa.eu/environment

(3) Source: www.academie-sciences.fr/membres/liste_sections.htm

Source : lexpress.fr

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........