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Cette actualité a été publiée le 21/12/2009 à 14h48 par Tanka.


QUESTIONS SUR LES CARENCES D'UN SOMMET BANCAL

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Questions sur les carences d'un sommet bancal

Information recueillie par Tanka

La Conférence sur le climat a débouché sur un accord a minima qui a toutefois le mérite d'exister.

Le sommet de Copenhague est-il un échec total ?

Nicolas Sarkozy, la veille de son arrivée à Copenhague, lors de son interview à Canal +, avait énuméré les quatre critères de réussite du sommet. Seuls deux figurent dans l'accord final : la limitation de la hausse des températures de 2°C comme objectif, et les engagements financiers. En revanche, la référence à une diminution de 50 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde en 2050 ainsi que la création d'une organisation mondiale de l'environnement sont passées par pertes et profits.

L'Europe s'était engagée à porter son effort de 20 % à 30 % en cas d'accord satisfaisant. Elle «s'en tiendra à l'objectif de 20 % jusqu'à la conclusion d'un traité contraignant», a déclaré Angela Merkel. Pour certains, le sentiment d'échec tient au fait que la perspective d'un traité a totalement disparu de l'accord final.

Samedi, tous les diplomates s'interrogeaient sur la valeur juridique de ce texte. C'est une décision «acrobatique», concède le diplomate maltais Michael Cutajar, un des responsables de la négociation onusienne. «L'urgence ne produit pas le droit, analyse Laurence Boisson de Chazournes, professeur de droit international à l'université de Genève, c'est le droit qui accompagne le processus politique.» Copenhague a accouché d'un accord bancal, mais qui a le mérite d'exister. «Ce sont les chefs d'État qui ont sauvé le processus.

Avant qu'ils arrivent, on était fichu», commente Brice Lalonde, l'ambassadeur climat pour la France. Les optimistes soulignent que même en l'absence de règles du jeu internationales, tous les pays, États-Unis et Chine compris, ont engagé des politiques nationales de lutte contre le réchauffement climatique.

Le processus de négociations de l'ONU a-t-il implosé ?

La présence des chefs d'État et de gouvernement a court-circuité les voies traditionnelles de la négociation onusienne. L'accord de Copenhague a été ficelé derrière des portes closes entre une petite trentaine de dirigeants sur 119 présents et 193 États représentés. «Vous allez entériner ce coup d'État contre les Nations unies», tonnait la déléguée du Venezuela durant l'ultime séance plénière, dans la nuit de vendredi à samedi.

À l'instar de nombre d'acteurs de cette folle quinzaine danoise, Nicolas Sarkozy confirme : tout cela montre «les limites d'un système onusien qui est à bout de souffle».

«Si certains grands pays, comme l'Inde, étaient au Conseil de sécurité, cela serait plus facile de leur faire endosser leurs responsabilités», a ajouté le chef de l'État, persuadé qu'«il n'y aura plus d'autres conférences où personne ne peut prendre de décision». Copenhague esquisse «ce que pourrait être une gouvernance planétaire, remarque Brice Lalonde. Il n'y aurait pas de contrainte a priori, mais une surveillance a posteriori des engagements climatiques.»

Le protocole de Kyoto est-il mort ?

Signé en 1997 mais ratifié et entré en application en 2005 seulement, le protocole de Kyoto engage 37 pays industrialisés plus l'Union européenne (UE) à des réductions chiffrées de leurs émissions de CO2, pour la période 1990-2012. Les États-Unis n'ont jamais ratifié Kyoto. La conférence de Copenhague avait pour objectif de fixer les règles du jeu de l'après-Kyoto. L'accord succinct prévoit seulement que les pays industrialisés «s'engagent individuellement ou collectivement» pour l'échéance 2020. Sans autre carcan qu'une surveillance aux règles indéterminées. Cependant, il n'est pas exclu que le protocole de Kyoto soit prolongé pour l'après-2012 par un nouveau texte contraignant. Mais, comme l'a perfidement souligné Barack Obama, «Kyoto était juridiquement contraignant, et personne n'a respecté ses engagements».

Que va-t-il se passer maintenant ?

La déclaration de Copenhague ne fixe même pas de calendrier pour obtenir un traité ou autre document contraignant sur le climat. Les Européens et de nombreux pays en voie de développement espéraient au moins mentionner la conférence ministérielle annuelle suivante comme date butoir. Celle-ci se déroulera du 29 novembre au 10 décembre 2010 à Mexico. Avant Mexico, Bonn, siège du secrétariat de la Convention de l'ONU sur le climat, accueillera du 31 mai au 11 juin une réunion d'étape. Les scientifiques sonnent l'alarme, mais le processus politique mondial entamé à Rio en 1992 n'en est qu'à ses débuts.

Marielle Court et Fabrice Nodé-Langlois - Le Figaro

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