Quand l'homme joue à Dieu - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 02/06/2010 à 22h29 par Frederic.

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Quand l'homme joue à Dieu

Une cellule entièrement fabriquée par l'homme...

Retour sur les dessous d'une expérience aux implications vertigineuses.

Prendre les commandes d'un être vivant, aussi petit soit-il : il en rêvait depuis 15 ans.

Le franc-tireur de la génétique Craig Venter a franchi ce nouveau pas en publiant dans la revue Science, le 21 mai dernier, les détails de son expérience à la portée inédite.

Ce chercheur atypique, connu pour son sens aigu des affaires, a réussi avec son équipe à créer la première cellule vivante dont le génome a été fabriqué de toutes pièces par l'homme et sa technologie.

Avec une signification prométhéenne indéniable.

"On est à l'aube du huitième jour de la Création", s'exclame ainsi Philippe Marlière, chercheur au Genopole d'Évry et l'un des scientifiques français les plus pointus sur le sujet.

Car c'est bien la main humaine et non l'hérédité qui pour la première fois a façonné la vie.

Pour le moment, Venter n'a fait que "recopier" le génome existant.

Grâce à de puissants ordinateurs couplés à des automates, le scientifique américain a décrypté, puis recopié le génome d'une minuscule bactérie.

Brique après brique, il a assemblé le million d'éléments chimiques qui composent son ADN, la tour de contrôle de la cellule.

Un gigantesque Lego à l'échelle ultra­miniaturisée, qu'il a ensuite introduit dans la cellule d'une autre bactérie.

Résultat : la cellule s'est divisée et c'est le nouveau génome qui a été multiplié.

L'étape suivante s'annonce déjà : passer de la simple copie à l'innovation, et modeler le génome selon les besoins.

C'est donc bien une étape clé dans l'histoire de la biologie qui vient d'être franchie.

Depuis les années 1970, on savait intervenir sur une espèce en transférant tel ou tel gène.

La technique a donné naissance aux OGM (organismes géné­tiquement modifiés) et permis, entre autres, le développement de nouveaux médicaments.

Des gènes humains ont ainsi été greffés sur des colibacilles pour leur faire produire de l'insuline ou de l'hormone de croissance.

L'expérience américaine va plus loin : il ne s'agit plus de transférer un gène d'une espèce à une autre mais bien de modifier le génome entier.

"Nous sommes entrés dans l'ère de la biodiversité artificielle", estime Philippe Marlière.

Les retombées économiques s'annoncent immenses, et Craig Venter s'est d'ailleurs empressé de breveter sa technique.

Les bactéries nouvelle génération sont riches de promesses : après l'agroalimentaire et le médicament, la biologie synthétique pourrait révolutionner l'industrie chimique des plastiques, du textile, voire produire de l'énergie propre.

(...)

Aux États-Unis, le président Barack Obama a demandé son avis au Comité d'éthique de la Maison-Blanche, tandis que des associations environnementales réclament un moratoire.

(...)

"Il faut obliger les chercheurs à la plus grande transparence et sanctionner sévèrement les expériences menées en secret", estime de son côté Philippe Marlière.

Pour le chercheur, "cette rupture biologique s'apparente à celle qu'a connue l'humanité avec la fission nucléaire".

La prolifération nucléique après la prolifération nucléaire ?

Si l'homme sait maintenant programmer la machine à fabriquer la vie, il va devoir apprendre, très vite, à en définir les limites.

Question de survie.

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Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........

 

Auteur : Claire Legros

Source : www.lavie.fr

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