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Cette actualité a été publiée le 24/08/2009 à 16h01 par Tanka.


QUAND L'ÉLITE MONDIALE IMAGINE L'AVENIR

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Quand l'élite mondiale imagine l'avenir

Information sélectionnée par Tanka.

À Oxford, une soixantaine de chercheurs ont présenté des innovations qui pourront, peut-être, changer la planète. Récit du «brain storming de l'année»

Fin juillet, la ville universitaire d'Oxford, temple de l'excellence à l'anglaise, fut prise d'assaut par 800 passionnés d'innovation et de découverte. Ils étaient venus des quatre coins de l'Europe et des États-Unis pour assister à TEDGlobal, l'édition européenne de la très prisée TED Conference. Créée il y a 25 ans en Californie, la conférence TED est la Mecque des idées qui peuvent changer le monde. Souvent comparée à Davos pour son audience de stars des affaires et d'entrepreneurs des médias, la conférence ressemble davantage à un Woodstock du Cogito.

Les TEDsters - les participants à la conférence - ne paient pas 4 000 dollars de frais d'inscription pour s'y montrer ni s'autocongratuler. Mais pour se ressourcer auprès des cerveaux les plus brillants de la planète. Sur la scène du Playhouse Theater plein à craquer, Prix Nobel de physique et étudiants, magnats de l'Internet et artistes en herbe ont partagé visions de l'avenir et projets fous. Si la technologie et les sciences constituèrent le socle du programme - plus de 64 interventions de 18 minutes maximum chacune - c'est surtout leurs impacts sur la société qui furent décryptés. Ainsi Evgeny Morozov, Biélorusse de 25 ans, blogueur, spécialiste de cybercriminalité, a démonté le mythe de l'Internet facteur de démocratisation : en Chine comme en Iran récemment, Twitter et Facebook sont les meilleures alliées des pouvoirs autoritaires. Ils s'en servent pour décrédibiliser, surveiller et arrêter les opposants.

Parmi les avant-premières, les technologies utiles aux plus démunis enthousiasmèrent l'auditoire : la gourde purificatrice de Michael Pritchard transforme une flaque en eau potable ; les lunettes de vue autoajustables de Joshua Silver permettent aux myopes des pays en développement de régler eux-mêmes leur correction et de se passer d'ophtalmologiste, trop chers et trop rares dans leurs contrées ; la seringue à usage unique de Marc Koska se casse après la première utilisation, permettant ainsi de limiter la transmission du HIV. Signe des temps, en matière de discours et d'innovation, le concept de résilience collective - comment aider les populations à résister aux crises et à devenir plus capables et autonomes - l'a emporté sur celui de performance individuelle.

Une dune verte pour arrêter le désert

«Comment sauver notre monde» fut bien le fil rouge de l'édition. Magnus Larsson, étudiant en architecture, veut stopper la désertification. «Elle est trop lente pour attirer l'attention des médias. Pourtant, un tiers des terres arables vont disparaître d'ici à la fin du siècle à cause de la progression des déserts.» D'après lui, seuls des arbres et des plantes peuvent filtrer le vent, le débarrasser des grains de sable et ainsi stopper la désertification. Son idée ? L'édification, par la nature elle-même, de murs végétaux à la limite des déserts. Ceux-ci reposeraient sur des structures en dur, créées organiquement par le Bacillus pasteurii, un micro-organisme qui transforme en 24 heures le sable en roche compacte. Au-dessus de cette structure, on ferait pousser arbustes et plantes. À l'intérieur, on y vivrait, un peu à la manière de troglodytes. Son projet, primé par Holcim, est en cours d'évaluation financière. Magnus Larsson veut faire un test grandeur nature, avec une dune verte de 6 000 kilomètres traversant l'Afrique, de la Mauritanie à Djibouti.

La biologiste américaine Janine Benyus débarqua sur scène avec des photos qui semblaient tirées du film Microcosmos. Selon elle, l'avenir de l'innovation est là : dans le détail d'une forme de feuille (elle excelle à la captation de l'énergie solaire) ou d'une nageoire de baleine bleue (légèrement dentée, elle décuple la force déployée). «La nature a déjà résolu tous nos problèmes d'organisation sociale mais aussi de procédés techniques. Nous sommes entourés de génies.» Janine Benyus est la papesse du biomimétisme (qui prend la nature comme bible du progrès technique), le gourou des industriels et des architectes.

Invité surprise de TEDGlobal, Gordon Brown est intervenu seul, entre le comédien Stephen Fry et la performance de Matthew White, un virtuose d'une forme rare du trombone, âgé de 18 ans. Le premier ministre a eu droit aux 18 minutes réglementaires, sans prompteur ni note. Sur les images d'Hiroshima ou du Biafra, il a lancé un appel à l'émergence d'une conscience collective globale, fondée sur une éthique de la responsabilité, seule capable de nous permettre de résoudre les maux de notre monde (pauvreté, changement climatique, santé, économie). Il a fustigé le FMI, la Banque mondiale, l'ONU...

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