Puydarrieux. Le retour des graines de nos grands-parents - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 31/10/2010 à 22h20 par Jacques.


PUYDARRIEUX. LE RETOUR DES GRAINES DE NOS GRANDS-PARENTS

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Patrimoine agricole

Et si on refaisait pousser le passé ?

C'est une idée très originale, et pas farfelue du tout, qui est proposée pour faire revivre des variétés anciennes de blé, en faisant appel aux semeurs volontaires.

Le collectif OGM 65, l'association Terre en vie, composée majoritairement d'agriculteurs, et la Maison de la nature à Puydarrieux, viennent de lancer un projet sur la conservation et la multiplication de variétés anciennes de blé.

Le projet peut paraître a priori un peu farfelu, ou à tout le moins anecdotique, à l'heure des énormes groupes financiers et semenciers qui tiennent le haut du pavé industriel.

Que pèsent le « tuelle », le « poulard de Grèce », le « touzelle rouge haut-alpin » et consorts face au Monsanto 810 pour le maïs à haut rendement ? De prime abord, pas grand-chose.
100 grammes

On pourrait même dire : presque rien du tout.

Et pourtant... Comme pour des produits en voie de disparition (on pense au porc noir, au haricot tarbais, qui sont aujourd'hui redevenus de vraies filières), une poignée d'irréductibles a décidé de relever le gant : « Nous voulons que tout le monde puisse se réapproprier un patrimoine mondial, expliquait samedi, à la Maison de la nature, Denis Vignes.

Nous avons une trentaine de variétés, issues de tous horizons sur la planète, cultivées autrefois. Nos grands-parents en connaissaient certaines ici, comme le tuelle, le galère, le tauzelle.

Ces variétés sont certes moins « rentables » en rendements, mais avec un champ varié, le risque d'attaque par maladie est moindre et la paille plus abondante par exemple.

Nous sommes partis avec 100 g l'an dernier, pour les 30 variétés, et nous sommes arrivés cette année à 2 kg par variété ».

L'idée, c'est de distribuer quelques grammes de ces précieuses semences à d'autres agriculteurs, mais surtout à des particuliers, qui s'engagent à cultiver chez eux, dans les règles de l'art (sans adjonction de cochonneries nocives), un mètre carré de blé dans leur jardin et de livrer la récolte pour augmenter le stock de semences :

« Ces blés ont une valeur gustative bien supérieure à celle des blés industriels, faits justement pour l'industrie nouvelle, les demandes de rapidité de levée de pâte chez les boulangers.

Avec les blés anciens, en outre, il n'y a pas ces phénomènes d'allergies que l'on voit actuellement ».

À terme, les paysans cultivateurs de blés anciens vont se tourner vers la formule de la boulangerie à l'ancienne : cultiver, moudre et fabriquer le pain sur place.

L'idée de faire participer le public à la renaissance est bien sûr très positive : faire pousser une partie de son pain dans son jardin, ça remet les idées en place, à l'heure où l'on est de plus en plus déconnecté du naturel, au sens large.

Les « semeurs volontaires » devront suivre un protocole de culture. Rendez-vous pour la prochaine récolte et pour d'autres projets plus vastes dont nous aurons l'occasion de reparler.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire
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Auteur : Hélène Dubarry

Source : www.ladepeche.fr