Projet Yasuni, une idée (un peu) folle pour sauver la biodiversité - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 25/04/2010 à 18h09 par Jacques Dusens.


PROJET YASUNI, UNE IDÉE (UN PEU) FOLLE POUR SAUVER LA BIODIVERSITÉ

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Projet Yasuni, une idée (un peu) folle pour sauver la biodiversité

(De Quito) A 300 kilomètres et quelques heures de pirogue de Quito, commencent l'Amazonie et le parc Yasuni, une des plus riches réserves naturelles de la planète, territoire protégé de communautés indiennes waorani.

Mais la jungle est aussi assise sur une richesse plus concrète : 850 millions de barils de pétrole qui reposent -pour le moment- dans le sous-sol du parc. L'avenir de cette partie de la forêt se joue à Quito en ce moment. A Quito, mais pas seulement...

Le gouvernement équatorien n'a toujours pas touché à ce pactole, estimé à 7 milliards de dollars. Un élan écologiste surprenant pour une nation dont 20% des ressources dépendent du pétrole.

Pour l'Equateur, pays en développement, le problème se pose forcément sous forme d'équation. D'un point de vue économique, les arguments en faveur de la préservation du Yasuni ne pèse a priori pas grand chose. En effet, si la biodiversité est un bien public mondial, l'Equateur, à court terme, peut difficilement en tirer des revenus.

Comment sortir de ce dilemme ? En organisant une compensation financière internationale à cette « non-exploitation ».
Un mécanisme novateur

L'enjeu de ce que propose Rafael Correa, le président socialiste équatorien, est de donner une valeur à la biodiversité. Pour René Ramirez, secrétaire national de la planification et du développement :

« Le principal avantage comparatif de l'Equateur est sa biodiversité. Nous ne savons pas encore la convertir en valeur ajoutée, et c'est là l'enjeu du projet Yasuni : protéger la biodiversité, apprendre à la connaître et en faire un axe important d'une future économie post-pétrolière. »

Le prix de la biodiversité

Voici la proposition équatorienne : laisser sous terre le pétrole amazonien du Yasuni, en échange d'une contribution financière des pays industrialisés, estimée à 350 millions de dollars par an pendant dix ans, et correspondant au manque à gagner.

Cet argent, placé dans un fonds dont les intérêts reviendraient au pays, financerait des activité clés : reforestation et protection de l'Amazonie, développement d'énergies alternatives, soutien aux populations amazoniennes et surtout approfondissement de la connaissance scientifique. Si le projet aboutit, il créera un précédent symbolique et pourrait faire jurisprudence.

Doutes et questions

L'initiative, séduisante, soulève toutefois des questions. Comment s'assurer que dans le futur, le territoire soit respecté par les futurs gouvernements ? René Ramirez est convaincu :

« La meilleure garantie que le Yasuni ne sera pas exploité ? Ce serait de prouver que l'Equateur peut profiter de ses richesses et se transformer en société de connaissance biologique, leader en biochimie, pharmacie, biomédecine ou dans le domaine des énergies alternatives. »

En outre, si les réserves du parc Yasuni sont l'objet de toutes les attentions, quelques kilomètres plus loin, l'exploitation et la pollution se poursuivent. Selon Matthieu Le Quang, doctorant en sciences politiques et collaborateur de l'équipe Yasuni :

« Pour le moment, l'Equateur ne peut pas se passer des revenus du pétrole, mais doit préparer le terrain pour cette économie post-pétrolière. »

Quant à Alberto Acosta, ancien ministre des Mines, il avertit :

« Le risque est que le gouvernement utilise le projet Yasuni comme grand prétexte pour continuer à faire ce qu'il veut à côté, attention ! »

Enfin, les pays développés ne craindront-il pas la « jurisprudence Yasuni » qui pourrait les contraindre à devoir passer à la caisse pour des cas similaires ?

Avec cette idée, l'Equateur rappelle à la communauté internationale que le débat écologique va au-delà de la seule question du réchauffement climatique. C'est pour cette raison que l'initiative mérite d'être suivie et soutenue par la société civile.

Source : rue89


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