Premier bilan pour l'expédition Tara Océans - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 02/06/2010 à 22h44 par Frederic.


PREMIER BILAN POUR L'EXPÉDITION TARA OCÉANS

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Premier bilan pour l'expédition Tara Océans

Ce matin les responsables scientifiques de l'expédition Tara océans - dont Eric Karsenti, Chris Bowler, Colomban de Vargas... - ont tiré un premier bilan.

Réunis au siège du Cnrs - le principal contributeur en nombre de scientifiques impliqués - ils ont pu se réjouir des premiers mois de navigation de la célèbre goélette qui doit, dans un tour du monde de trois ans, récolter un vaste échantillonnage de la vie planctonique dans la perspective d'une percée décisive dans la compréhension des écosystèmes marins et de leurs biodiversité.

Aujourd'hui, Tara est à Mayotte, dont elle devrait partir fin juin en direction du Cap, puis de l'Atlantique.

On peut trouver ici la note que j'ai publiée lors du départ de Tara, de Lorient, en septembre dernier.

Ainsi que ici et ici les deux pages que Libération y a consacré. Le communiqué des scientifiques est ici.

Cette expédition hors du commun par son ambition scientifique et son mode de financement (un partenariat entre recherche publique et mécénat privé) enthousiasme les océanographes biologistes qui y participent.

Malgré des conditions de vie à bord assez rudes, très loin de celles qu'offrent les navires de l'Ifremer par exemple.

Cet enthousiasme provient d'un sentiment de possible grande réussite scientifique.

L'affaire n'est pas encore jouée, mais le début est prometteur.

D'abord, ils sont maintenant persuadés que les protocoles et techniques mis en oeuvre pour rassembler une banque de données planctoniques - en particulier par l'analyse génomique - d'une ampleur sans précédent sont bons.

Cela marche, résume Eric Karsenti.

Ainsi, 56 stations d'échantillonnages concernant les écosystèmes planctoniques ont été réalisées en Atlantique, Méditerranée, Mer Rouge, Mer d'Arabie, Océan Indien.

Elles couvrent une grande variété d'écosystèmes : anoxique, plus ou moins riche en sels nutritifs, côtiers, au large, et avec des structures physiques particulières comme le tourbillon de Chypre.

Puis, la capacité de l'équipe à utiliser les données satellitaires (concentration en chlorophylle, structures océaniques) comme les prévisions du système Mercator de ces structures (tourbillons, courants, températures) a été confirmée.

Ainsi, les décisions de navigation et de lieux des stations scientifiques peuvent être optimisées en fonction des objectifs scientifiques et tous les prélèvements biologiques accompagnés d'une description physico-chimique de l'environnement précise et précieuse.

(...)

Enfin, même si rien n'a été encore véritablement étudié et encore moins publié, de premiers éléments génétiques confirment l'intuition des biologistes : il y a des millions d'espèces de bactéries, de virus et de protistes (organismes unicellulaires) à découvrir.

Bref : l'ambition d'aller vers une description et une compréhension des écosystèmes marins et de leurs relations avec les cycles biogéochimiques planétaires, liés au dossiers du changement climatique, semble désormais possible.

Possible, mais pas certaine.

En effet, si leurs méthodes de prélèvements du plancton, filtrage de l'eau par de filets traînés, pompage d'eau ou prélèvements, ainsi que toute la chaine instrumentale (imagerie, préparation d'échantillons pour les envoyer aux laboratoires) sont validées, il reste deux inconnues de taille.

La première, c'est que le financement des deux ans à venir n'est pas réuni.

La seconde, c'est que l'exploitation scientifique d'un tel échantillonnage massif suppose un investissement en force de travail humaine (scientifique, ingénieurs, techniciens) et matériel (doter le Génoscope de moyens de séquençage et de bio-informatique bien supérieurs à ceux dont il dispose aujourd'hui).

Or, cet investissement n'est aujourd'hui pas financé.

Alors que les chercheurs ont osé se lancer dans cette opération dont tout semble montrer qu'elle constitue un pari scientifique gagnant, les pouvoirs publics sont au pied du mur.

Valérie Pécresse avait, lors du départ de l'expédition, parlé "d'un million d'euros".

On est loin du compte.

Il serait désolant de devoir constater qu'un projet scientifique de dimension mondiale et manifestement excellent, où des chercheurs Français jouent un rôle décisif, capote faute de soutien public suffisant.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Source : sciences.blogs.liberation.fr