Prédire le risque d'extinction des poissons - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 22/02/2011 à 17h00 par Fred.


PRÉDIRE LE RISQUE D'EXTINCTION DES POISSONS

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Prédire le risque d'extinction des poissons

 
Titre original : Prédire le risque d'extinction des espèces de poissons récifaux pour mieux les protéger

 
Une chercheuse de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), appartenant à l'équipe Biocomplexité des écosystèmes coralliens de l'Indo-Pacifique (CoRéUs 2), a développé, en partenariat avec une équipe internationale , une méthode permettant de prédire le risque d'extinction des principales espèces de poissons récifaux de l'Océan Indien.

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Ecology Letters.

Ainsi, selon les estimations des chercheurs, plus d'un tiers des espèces courraient un risque d'extinction locale ou globale, principalement du aux impacts des changements climatiques sur les récifs coralliens.

Applicable à des zones océaniques plus larges, cette nouvelle méthode permettra de mieux protéger les écosystèmes coralliens, notamment dans le cadre de la mise en place d'Aires Marines Protégées (AMP).

 
Des récifs coralliens riches en biodiversité mais menacés

Situés dans les océans Pacifique, Indien et Atlantique, les récifs coralliens comptent parmi les écosystèmes mondiaux les plus riches en biodiversité.

Ils procurent une niche écologique à environ un quart de la faune et de la flore marine, qui en est dépendante pour son habitat et sa nourriture.

Particulièrement fragiles, ils sont de plus en plus menacés, tant par les changements globaux (variation de température, salinité, acidification...) que par l'impact plus localisé des actions anthropiques (pêche, tourisme, pollution agricole...).

Les populations de poissons récifaux sont très affectées par ces perturbations, qui peuvent parfois entraîner l'extinction définitive d'espèces. Identifier les facteurs de vulnérabilité et prédire le risque de disparition d'une ou d'un groupe d'espèces est un enjeu scientifique majeur pour construire une politique de protection des écosystèmes coralliens.

 
Prédire le risque d'extinction des espèces

Une nouvelle méthode a été développée dans le cadre d'une collaboration scientifique internationale initiée en 2003 lors du programme Bleaching impact on reef communities in the South West Indian Ocean.

Les chercheurs ont suivi 134 espèces de poissons osseux, appartenant aux quatre principales familles récifales : chirurgiens, papillons, perroquets et labres.

Ils ont tout d'abord établi un indice de vulnérabilité climatique pour des groupes fonctionnels tenant compte des spécificités alimentaires, des préférences d'habitat, des modes de reproduction et des tailles des poissons.

Puis ils ont construit un indice de risque d'extinction basé sur des variables telles que l'étendue géographique, la taille des groupes et leur répartition en profondeur.

Ensuite, ces indices ont été combinés, afin d'établir un indice final de risque d'extinction pour chaque espèce. Enfin, les chercheurs ont appliqué et testé leur indice en utilisant les données sur les espèces de poissons récoltées avant et après le réchauffement critique lié à l'épisode El Niño de 1998, qui a engendré un blanchissement majeur des coraux.

Cette méthode originale a permis aux chercheurs de faire la part entre la vulnérabilité des populations aux perturbations climatiques affectant les récifs et la probabilité d'extinction globale de l'espèce.

Ainsi, les chercheurs ont montré que sur les 134 espèces étudiées, 56 sont menacées d'extinction globale ou locale, suite à l'impact des changements climatiques sur les récifs (perte d'habitat, de sources d'alimentation...).

Les espèces les plus vulnérables aux perturbations climatiques sont de petite taille et très dépendantes de l'habitat corallien. Elles sont, par contre, moins touchées par les perturbations dues à la pression de la pêche. Ainsi, les micro-carnivores (notamment les labres Labrichthys unilineatus) sont

plus vulnérables aux changements climatiques, alors que les herbivores sont plus sensibles à la pêche.

 
Améliorer la résilience des écosystèmes grâce aux Aires marines protégées

Chargée de recherche à l'IRD et co-auteur de la publication, Pascale Chabanet souligne que cette méthode est applicable à d'autres écosystèmes et aires géographiques.

Elle pourrait être utilisée pour mieux identifier les aires marines à protéger en priorité. Ces aires marines favorisent la résilience des récifs coralliens en limitant les pressions humaines sur les écosystèmes.

Alors que la France célèbre en 2011 l'Année des outre-mer, Pascale Chabanet rappelle qu'il est primordial de poursuivre les études sur les liens existant entre les populations marines d'une zone géographique donnée et de prendre en compte ces connectivités lors de la mise en place d'un réseau d'aires marines protégées.

  
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Auteur : Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

Source : www.alphagalileo.org