Poussés par la soif, les dromadaires sauvages envahissent les villes du nord de l'Australie - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 26/12/2009 à 09h40 par Tanka.


POUSSÉS PAR LA SOIF, LES DROMADAIRES SAUVAGES ENVAHISSENT LES VILLES DU NORD DE L'AUSTRALIE

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Poussés par la soif, les dromadaires sauvages envahissent les villes du nord de l'Australie

Information recueillie par Tanka

Le centre de l'Australie est un lieu rêvé pour les animaux. Les kangourous pullulent autour d'Alice Springs, au coeur du continent, et les dromadaires sauvages parcourent les alentours par milliers. Mais les camélidés, introduits au XIXe siècle pour aider à construire le pays, sont tellement nombreux qu'ils représentent désormais un problème majeur.

A Docker River, petite communauté de 350 habitants, à des centaines de kilomètres à l'ouest d'Alice Springs, la situation est devenue intenable. Alors que la sécheresse sévit, les animaux, poussés par la soif, se rapprochent des habitations. "Nous sommes assiégés, et le terme "assiégés" est adéquat, explique Graham Taylor, maire du comté de MacDonnell. Lorsque les gens regardent par la fenêtre, ils voient les dromadaires autour de leur maison. Certains vont jusqu'à passer la tête à la fenêtre." Le gouvernement du Territoire du Nord a donc décidé d'abattre les animaux. Sur les 6 000 dromadaires qui rôdent autour de Docker River, 3 000 devraient être abattus. L'opération devait coûter 50 000 dollars à l'Etat.

La mesure semble bien acceptée. Les camels, comme les appellent les Australiens, sans aucun prédateur, ont proliféré depuis leur introduction. Ils seraient désormais plus d'un million sur une région de 3,3 millions de kilomètres carrés.

"C'est un problème sérieux. Si l'on ne fait rien, leur population aura doublé d'ici dix ans. Or ils provoquent des destructions de l'écosystème. Et ils font concurrence aux animaux indigènes, par exemple pour l'accès aux points d'eau", explique Jan Ferguson, directrice du Centre de recherche sur la connaissance du désert, chargée de la protection de la biodiversité de la région. Sans oublier les dommages provoqués dans les communautés que les troupeaux traversent.

Selon un rapport que vient de publier le Conseil du centre - "Central Land Council" -, qui administre les terres indigènes au coeur de l'Australie, des milliers de carcasses de dromadaires, morts de soif, pourrissent au soleil, y compris sur des sites "sacrés".

"Le problème est ancien. La filière industrielle de viande de dromadaire qui existe déjà ne tue que 8 000 animaux par an. Or il faudrait en tuer 150 000 chaque année pour éviter leur multiplication et conserver leur nombre actuel", commente Luke Bowen, directeur de l'association des éleveurs de bétail du Territoire du Nord, qui milite pour le contrôle de l'espèce.

Les autorités, qui s'inquiètent de l'ampleur prise par le problème, viennent d'accorder 19 millions de dollars (11, 7 millions d'euros) au Centre de recherche sur la connaisance du désert pour mettre en place un plan de gestion de la population. Il imagine notamment développer la consommation de la viande de dromadaire et, donc, booster la filière industrielle. "Mais cela reste peu viable économiquement, lorsqu'il s'agit de troupeaux dans des zones très éloignées", reconnaît cependant Jan Ferguson.

Marie-Morgane Le Moël - lemonde.fr

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