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Pourquoi Tuvalu manque d'eau ? - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 26/10/2011 à 23h03 par geof.

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Pourquoi Tuvalu manque d'eau ?

 
Au cours de la semaine dernière, le gouvernement de l'archipel de Tuvalu a déclaré l'état d'urgence du fait d'une sécheresse exceptionnelle. Le manque de précipitations explique en partie le problème, mais pas seulement.

Tuvalu, pays au ras de l'eau sans nappe phréatiques (sauf sur l'île de Vaitupu au centre de l'archipel). En conséquence l'eau utilisée pour les différents usages domestiques a deux origines: la pluie et la station de désalinisation (pour les îles qui y sont équipées).

Plus généralement, toutes les maisons construites à Tuvalu, tant sur l'île capitale que sur les îles extérieures sont équipées d'un système de récolte et de stockage de l'eau. Bien que cela paraisse plutôt simple, récolter et stocker l'eau de pluie nécessite 3 éléments : une surface de captage (généralement un toit), un dispositif pour faire converger l'eau (comprendre une gouttière et quelques tuyaux) et enfin, un dispositif de stockage (un réservoir à eau d'au moins 10 000 litres).

L'ensemble de ces éléments est peu coûteux, cependant, dans un pays où le salaire moyen est inférieur à 500 dollars, l'équipement total représenterait une à deux années d'investissement s'il n'était pas supporté par le gouvernement et des donneurs internationaux.

Tuvalu est un pays tropical avec les précipitations qui lui sont associées: entre 2000 et 3500mm d'eau par an. A titre de comparaison, en France, il ne pleut que 800mm en moyenne. Tuvalu a déjà connu d'importants épisodes de sécheresse au cours desquels l'état d'urgence avait déjà été déclaré, en 1999 notamment. Cependant, jusqu'à présent, les épisodes de sécheresse étaient associes avec El Nino, comme le confirme Glantz, M.H. en 1996 ainsi Ropelewski et Halpert en 1987.

L'événement donc surprenant ou inquiétant cette année c'est que la sécheresse est associée à la Nina, cela révèle peut-être un nouveau modèle météorologique pour le Pacifique. Mais il est pour le moment impossible de savoir s'il ne s'agit que d'un événement isolé ou d'une réelle modification en profondeur.

Au cours d'un séjour de 9 mois de Septembre 2010 à Mai 2011, j'ai eu le temps d'étudier la question de l'eau à Tuvalu tant d'un point de vue juridique qu'économique.

Ce que notre étude, présentée à l'Université de Columbia (NYC), a révélé est que la capitale de Tuvalu Funafuti a suffisamment d'équipement (comprendre surface de toit et volume de stockage) pour venir à bout d'une période de sécheresse de 3 mois sans consommer les réserves d'eau publiques (collecte de l'eau sur les bâtiments publics et désalinisation). Mais à seulement deux conditions: que les Tuvaluans ne consomment pas plus de 50L d'eau par personne et par jour, ce qui selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne présente qu'un faible risque sanitaire, et que l'équipement soit équitablement reparti parmi la population.

Or, ces deux conditions n'ont jamais été respectées.

Au cours des dernières années, le niveau d'équipement des Tuvaluans s'est considérablement accru: voiture, machine à laver, toilette à chasse d'eau... L'envie d'un développement à l'européenne fait des émules. Ces nouveaux équipements consomment toujours plus d'eau alors qu'il pleut de moins en moins (moins 18% depuis 1930) et que les toits abritent toujours plus de personnes (Tuvalu souffre d'un sérieux problème de sur-population).
 


 

Bien que les organisations inter-régionales (SPREP, SOPAC...) essayent de développer l'utilisation des toilettes sèches à Tuvalu, ces derniers font face à beaucoup de résistance dans la mesure où les toilettes sèches sont associés dans l'imaginaire collectif à un retour en arrière en terme de développement.

Ensuite, se pose un problème encore plus important pour les iles Tuvaluanes : l'inéquitable répartition des équipements. Dans les années 2000, le gouvernement australien puis l'Union Européenne ont financé plusieurs programmes de récolte et de stockage de l'eau. Les programmes ont été tellement efficaces qu'à présent chaque foyer dispose d'un réservoir à eau. Cependant, deux problèmes majeurs sont apparus.

Le premier est lié au fait que les réservoirs sont donnés par foyer, sans tenir compte du nombre d'occupants de celui-ci. Ainsi, qu'ils soient deux ou vingt (ce qui est possible), ils ne recevront qu'un seul réservoir. Cela crée un vrai déséquilibre dans l'accès à la ressource, mettant le plus souvent les plus pauvres - dans une situation de précarité hydrique.

Le second problème, plus insidieux, qu'il s'est posé est que les plus fortunés (comprendre les ministres, les haut fonctionnaires du gouvernement et les quelques propriétaires d'affaires) ont également reçu un réservoir grâce aux enveloppes australienne et européenne mais ont aussi pu en acheter. Ainsi, certains foyers sont équipés de 5 ou 6 réservoirs de 15 000 litres alors que la majorité n'en ont qu'un seul.

De plus, certaines rumeurs disent que les employés du département des travaux publics ont été obligés de reprendre des réservoirs à eau que des ministres avaient volé de l'espace où les réservoirs sont entreposés. Rumeur non vérifiée mais qui révèle un peu le climat ambiant. En conséquence de quoi, certains foyers disposent de plusieurs milliers de litres par personne alors que les plus pauvres s'en partagent seulement plusieurs centaines.

Cette nouvelle sécheresse dont souffre Tuvalu devrait permettre à la population et aux donneurs internationaux d'interroger les pouvoirs publics sur leur capacité à agir et à réduire cette crise qui ira crescendo avec les années. Cependant, seul le changement climatique est incriminé, même si celui est en partie responsable de cette nouvelle situation, il ne fait qu'aggraver les existantes vulnérabilités – liées à la mal gouvernance – qui sont les inégalités sociales et territoriales et l'accaparement des ressources par une minorité de la population.

L'adaptation au changement climatique sera un défi majeur pour les prochaines décennies dans les pays en développement. Cependant, si les problèmes liés au développement (gouvernance, corruption...) ne sont pas adressés et résolus rapidement, il y a fort à croire que des milliards de dollars seront dépensés à pure perte et que les populations vulnérables de ces pays le seront toujours plus.

 

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Auteur : Climatcopenhague.Blog.Lemonde

Source : climatcopenhague.blog.lemonde.fr

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