Pourquoi le réacteur nucléaire n°3 de Fukushima est plus inquiétant - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 15/03/2011 à 21h57 par Jacques.


POURQUOI LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE N°3 DE FUKUSHIMA EST PLUS INQUIÉTANT

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Rappelons en préambule que Fukushima comporte deux sites nucléaires avec 10 réacteurs. Sur le site de Fukushima I trois réacteurs posent des problèmes graves.

Pour comprendre, l'origine des problèmes, alors que tous les réacteurs se sont convenablement arrêtés au moment du tremblement de terre, notre lecteur pourra se reporter à notre article "Un réacteur nucléaire ne s'arrête pas comme une lampe de poche" et à nos articles d'actualités récents.

Alors que le réacteur n°1 semble sérieusement endommagé mais refroidi par de l'eau de mer, et que l'on ne dispose que de peu d'informations sur le réacteur n°2 (problème de refroidissement, fuite), l'inquiétude se fait plus grande aujourd'hui pour le réacteur N°3. Pourquoi ?

Le réacteur n°3 est plus de 1,5 fois plus puissant que le réacteur n°1, 784 MW contre 460. Ce qui signifie que son chargement en combustible nucléaire est plus important et que la chaleur dégagée par le réacteur à l'arrêt est plus grande.

Le réacteur n°3 fonctionne avec du combustible MOX, un mélange de putonium et d'uranium, dont l'activité résiduelle est plus importante qu'un réacteur chargé avec du combustible classique à base d'uranium enrichi.

Le point de fusion du MOX est plus bas que celui du combustible classique et les éléments de combustible contiennent davantage de produits gazeux. L'expérience du comportement du MOX dans des situations accidentelles est moindre que pour le combustible classique.

Le risque de criticité, autrement dit de démarrage d'une réaction en chaîne explosive, ce qui constitue le pire scénario, est plus important avec le MOX. L'ajout de bore dans l'eau, qui précisément sert à modérer le réacteur et à diminuer ce risque, est moins efficace avec le MOX.

En cas de dommage grave au réacteur, le plutonium peut être dispersé dans l'environnement causant une pollution radioactive sur le très long terme (la moitié du plutonium disparaît après 24 400 ans). Un réacteur à uranium enrichi fabrique du plutonium au fur et à mesure de son fonctionnement, mais il en contient de l'ordre de 5 fois moins.

Le plutonium est un radionucléide qui n'existe pas dans la nature, et qui est 100 000 fois plus radioactif que l'uranium naturel. Son rayonnement est très destructeur mais peu pénétrant.

Absorbé par le corps humain il se fixe dans le foie, les os ou les poumons. Sur la base de la dose maximale de radiation admissible, fixée par les autorités sanitaire pour un civil, 0,1 microgramme de plutonium absorbé par le corps humain suffirait à atteindre cette dose sur toute la vie.

Ce qui veut dire qu'un seul gramme de plutonium peut suffire théoriquement à faire dépasser la dose de radiation maximale admissible de 10 millions de civils. La dose létale (suffisante à provoquer la mort en moins de 30 jours dans un cas sur deux) est de l'ordre du milligramme.

Il y a plusieurs centaines de kilos de plutonium dans le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima, soit plusieurs centaines de millions de milligrammes. La bombe lachée sur Nagasaki en 1945 ne contenait que 8 kg de plutonium.

Ces chiffres montrent à la fois, la dangerosité extrème du matériau nucléaire et sa puissance extraordinaire, générant chez les uns la terreur absolue, chez les autres la fascination absolue.

Les deux points de vue, forcément extrêmes, ne sont séparés que par des probabilités, autrement dit la mesure de notre ignorance.

 

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Auteur : Yves Heuillard

Source : www.ddmagazine.com