Port-Leucate. Un "virus" tueur menace les huîtres - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 13/12/2010 à 16h45 par Tanka.


PORT-LEUCATE. UN "VIRUS" TUEUR MENACE LES HUÎTRES

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Port-Leucate. Un "virus" tueur menace les huîtres

La profession ostréicole est menacée par un « virus » qui tue les jeunes huîtres. Sur le port de Leucate, les ostréiculteurs audois résistent tant bien que mal.

Notre enquête.

Sa fille et son neveu sont volontaires pour prendre la suite. Ils seront la troisième génération à exercer le métier d'ostréiculteur sur l'étang de Leucate, à condition que les huîtres du bassin audois recouvrent la santé durablement. Ange Gras n'est sûr de rien. « Les années se suivent, les mortalités ne se ressemblent pas et, nous, nous payons les pots cassés », déplore le président des ostréiculteurs leucatois.

Depuis la mi-mai 1995, la conchyliculture en France est confrontée à une surmortalité des jeunes huîtres qui serait liée au réchauffement climatique. Ange Gras se défend d'être aussi catégorique que les instances parisiennes de la profession. « En vérité, dit-il, nous sommes dans le flou.

En 2006, nous avons subi une mortalité foudroyante pendant quinze jours. En 2007-2008, nous avons vu passer deux vagues mortelles en juin et en septembre. En 2009-2010, le phénomène s'est renouvelé en avril pendant un mois environ, il s'est reproduit une quinzaine de jours en octobre ».

Les jeunes huîtres succombent à un mal que les scientifiques de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) n'ont pas clairement identifié. « Je ne crois pas au seul réchauffement des eaux. Nous attendons des réponses précises courant janvier 2011 », dit Ange Gras.

Jusque-là, les ostréiculteurs leucatois devront serrer les dents, car cette maladie a forcément des répercussions négatives sur la santé de la profession. « Je ne serai pas étonné qu'en début d'année prochaine, trois ou quatre de nos entreprises soient contraintes de fermer de façon temporaire », dit Ange Gras. Les raisons sont simples. La mortalité des huîtres précoces a provoqué une flambée des prix des naissains de 55 € à 90 € pour un millier. « L'épidémie est tellement répandue que même à ce prix-là il est devenu difficile d'en trouver », indique l'ostréiculteur audois.

Revers de la médaille, cette rareté ajoutée à une mauvaise conjoncture financière a entraîné une chute de 30 % de la commercialisation et une hausse des prix publics au-dessus de 10 % à 4 à 5 € le kg.

La première activité privée sur le port de Leucate, 24 pêcheries indépendantes plus une quarantaine d'emplois au centre ostréicole, serait menacée par une épidémie qui n'a toujours pas dit son nom. « Jusqu'à présent les ventes directes qui sont le gros du commerce pour nos entreprises nous ont mieux préservés que nos collègues de l'Atlantique en contrats avec la grande et la moyenne distribution ». Pourvu que ça dure. Ange Gras croise les doigts.

Situation critique sur tous les littoraux

La situation des ostréiculteurs français est devenue critique. Sur la mortalité des huîtres juvéniles, André Gérard, directeur de recherche à l'Ifremer, en charge de la cellule de crise, avait indiqué au cours de l'été dernier : « Il y a deux hypothèses à cette mortalité.

Il s'agit soit d'une cause environnementale, soit d'une cause pathogène. Les années précédentes, la cause avait été environnementale sur des huîtres affaiblies. Les dernières analyses ne montrent aucun résultat pathogène particulier ». Cette mortalité est observée à un moment où la jeune huître est fragile juste après la période de reproduction qui a mobilisé ses réserves. Jusqu'à maintenant ce sont les ostréiculteurs du littoral Atlantique et ceux de l'étang de Thau qui ont pâti de cette maladie.

À Port-Leucate, la profession a mieux résisté mais l'inquiétude gagne dans le cas où ce phénomène de mortalité se poursuivrait. Les huîtres de la Méditerranée arrivent à maturité au bout de quatorze mois. Ce qui impose des besoins très rapides en naissains.

Le chiffre : 24

Le département de l'Aude compte vingt-quatre entreprises de pêche ostréicole. Elles sont concentrées sur l'étang de Port-Leucate, et elles totalisent plusieurs dizaines d'emplois.

« Si les jeunes huîtres succombent à la maladie, que les consommateurs soient rassurés, il n'y a aucun risque pour la santé de l'homme »

Angel Gras, président des ostréiculteurs

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Auteur : Christian Aniort

Source : www.ladepeche.fr