Poissons aux PCB : des interdits, pas d'inquiétude - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 09/04/2012 à 11h16 par Tanka.


POISSONS AUX PCB : DES INTERDITS, PAS D'INQUIÉTUDE

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Poissons aux PCB : des interdits, pas d'inquiétude

 
C'est un demi-ouf de soulagement. Pas un vrai ouf, parce que le suspense n'était pas énorme. Mais tout de même. Depuis quelques jours, c'est officiel : aucun pêcheur de Lorraine ne souffre d'une pathologie liée à la consommation de poissons puisés dans la Moselle et nourris aux PCB.

Cela n'empêche pas la prudence et les interdits. Reprenons.

• PCB. – Les polychlorobiphényles ont été utilisés des années 1930 aux années 1980. Ils sont interdits depuis une vingtaine d'années. Pour une bonne cause : ils ont des effets cancérigènes et tératogènes (malformations du foetus).

• Arrêté. – Fin 2008, un arrêt préfectoral interdit toute pêche à l'aval d'Argancy, dans la Moselle, polluée, comme toutes les rivières des bassins industriels.

• Étude. – L'Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentaire et de l'environnement (ex-Afssaps), décide d'y voir clair. Elle mène, depuis fin 2008, une enquête auprès de 21 000 foyers, qui permettent de cibler 606 pêcheurs amateurs et 16 professionnels, en France, parmi les plus mordus. Il s'agit de déterminer si les pêcheurs en eaux douces accumulent le PCB dans leur organisme, via la consommation de poissons. Sur les 606 cobayes, seuls quatre ont présenté des risques. Sur les six sites étudiés de France, l'un était en Lorraine.

« Toutes les personnes qui ont participé à l'étude ont reçu leurs résultats. En Lorraine, ils sont tous bons », commente Cécile Brouillard, ingénieur génie sanitaire à l'Agence régionale de la santé.

• Peu d'appétit. – Si les résultats sont bons, c'est d'abord parce que les pêcheurs ne sont pas voraces.

« Le niveau de consommation de poisson d'eau douce est faible, environ une fois par mois », observe Pascal Duchêne, de la Dreal.

• Poissons stockeurs. – Si les résultats sont bons, c'est aussi parce que dans l'assiette des disciples de saint Pierre n'apparaissent que 13 % de poissons bio-accumulateurs. Ceux-là sont des poissons de fond, qui touillent la vase et/ou chassent et accumulent dans leur chair les PCB. Autrement dit l'anguille, le barbeau, la brème, la carpe, le gardon et le silure. Pour eux, pas de changement par rapport à l'arrêté de 2008 : leur pêche reste interdite à l'aval d'Argancy. Pour l'anguille, soumise à forte pression, c'est plutôt une bonne nouvelle.

• Poissons consommables. – Dans l'autre catégorie figurent donc les ablettes, brochets, carassins, chevesnes, goujons, perches, poissons-chats, sandres, tanches et truites. Ceux-là sont autorisés mais à une condition : qu'ils pèsent moins de 600 g ! Pour une raison simple : plus ils sont petits, plus ils sont jeunes, moins ils ont accumulé de PCB.

• Avertissement. – Ces interdictions sont valables en aval d'Argancy. En amont, l'Anses recommande de limiter la consommation de poissons bio-accumulateurs à une fois tous les deux mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants de moins de trois ans, les fillettes et les adolescentes. Le reste de la population est prié de limiter la consommation de ce genre de poissons à deux fois par mois. Ce qui correspond en gros déjà à la pratique locale...

• Dans l'assiette. – Cette interdiction relève surtout de l'avertissement. Car, en l'espèce, s'il est interdit de consommer, il n'est pas interdit de pêcher. « Nous n'allons pas contrôler dans les assiettes », admet Pascal Duchêne. Et l'information n'est pas forcément passée. « Tout le monde ne le sait pas, reconnaît Jean-Marc Marteau, président de l'AAPPMA de Metz. Mais ça fait trente ans que ça dure, cette cochonnerie dans l'eau. »

• Optimisme. – Il voit tout de même que l'Agence de bassin Rhin-Meuse, la Dreal et les collectivités multiplient les efforts pour améliorer la qualité de l'eau. L'élimination complète des émissions de substances dangereuses est prévue pour 2020. Preuve d'une amélioration, Jean-Marc Marteau voit revenir des goujons dans les étangs de La Maxe. La lutte contre les autres polluants, industriels, sanitaires et agricoles, marque des points.

Mais 93 % des eaux de surface sont polluées en France et les PCB, eux, ont une durée de 50 à 25 000 ans... Le combat s'annonce long.
 

Un article d'Olivier JARRIGE, publié par le Republicain-lorrain
 

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Auteur : Olivier JARRIGE

Source : www.republicain-lorrain.fr