Plongée au coeur du centre de retraitement des déchets de la Hague - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 17/12/2011 à 20h46 par Kannie.


PLONGÉE AU COEUR DU CENTRE DE RETRAITEMENT DES DÉCHETS DE LA HAGUE

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Plongée au coeur du centre de retraitement des déchets de la Hague

 

La Hague. Depuis 1966, le nom de la cité est lié au nucléaire et à son centre de traitement des combustibles usés issus des centrales nucléaires françaises et étrangères.

Cette ville dans la ville qui compte quelque 5 000 travailleurs –dont un millier de sous-traitants- avec ses techniciens, ses administratifs, son personnel médical, ses pompiers, fait indirectement vivre près de 10 000 personnes autour d'elle.

De loin, les quelque 300 hectares du site ne laissent en rien présager un site nucléaire ; la cheminée et les cubes de tôles bariolés ne déparent pas d'une installation industrielle classique. Pourtant, à l'intérieur dorment l'équivalent de 108 réacteurs, désossés en barres de combustibles, au fond de piscines de stockage, ou en MOX.

Le lieu est stratégique et pourtant il se visite. Beaucoup même. Et officiellement. Avant le plan vigipirate renforcé suite aux attentats de 2001, il accueillait jusqu'à 10 000 personnes par an sur les installations. Aujourd'hui, deux fois moins, même si les nombreux panneaux pédagogiques parsemés sur le site montrent que le grand public est toujours le bienvenu, après avoir montré patte blanche (contrôle d'identité et des photos notamment, multiples passages de badge et revêtement d'une tenue spécifique).

Areva, qui l'exploite, en a fait une sorte de vitrine de l'excellence de la filière nucléaire française. Un tel centre est d'ailleurs unique au monde. De fait, «le retraitement ne présente aucun intérêt -la valeur marchande du plutonium est même nulle- et Areva n'arrive d'ailleurs pas à vendre son modèle à l'étranger» tranche de son côté l'expert nucléaire Mycle Schneider (voir article lié) et prix Nobel alternatif 1997.

Plusieurs usines, en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Belgique ont ainsi été arrêtées. Restent celles de Sellafield en Angleterre, de Cheliabinsk en Russie, Kalpakkam en Inde et une de démonstration au Japon. La Corée du Sud chercherait cependant à recycler son combustible et, selon Areva, les Etats-Unis regarderaient de nouveau cette solution, mais Mycle Schneider reste sceptique...

Mais pour l'OPECST (office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques), la question ne se pose pas ainsi en France. Dans son rapport sur «L'avenir de la filière nucléaire» rendu public le 15 décembre, il explique que l'abandon du retraitement des combustibles usés poserait des problèmes de stockage et d'acceptabilité de ces «déchets radioactifs d'un nouveau type».

Une problématique à laquelle sont confrontés les Américains qui n'ont «toujours pas à ce jour mis au point une solution crédible pour le stockage à long terme de leurs combustibles usés.»

Pourquoi le retraitement ?

Petite précision sémantique d'abord. Connue du grand public comme un centre de retraitement des déchets nucléaires, Areva insiste pour parler d'une usine de «valorisation des combustibles usés» (la loi du 28 juin 2006 précisant la définition du 'déchet'). Une distinction qui a toute son importance et que "Sortir du nucléaire" récuse.

Pour le réseau en effet, «le 'retraitement' du combustible nucléaire usé est l'une des escroqueries (du lobby nucléaire) ; Areva ose même en parler comme d'un recyclage, masquant ainsi un problème insoluble par un artifice de langage», explique-t-il dans un récent petit livre "Sortir du nucléaire, c'est possible".

L'entreprise va même plus loin car sur son site internet elle n'hésite pas à écrire : «S'il est reconnu que recycler 85 % du contenu d'une voiture fait de celle-ci une voiture "écologique", alors, le recyclage de 96 % du contenu d'un combustible usé en fait un combustible écologique»... Un amalgame qui fait crisser des dents les anti-nucléaires.

Au départ, le retraitement a été envisagé à des fins militaires, puis pour pallier un manque éventuel d'uranium à une époque où l'on craignait une rareté du métal et par conséquent une forte hausse de son prix. Mais la relative disponibilité actuelle de l'uranium remet en question le bien-fondé du retraitement.

«L'extraction du plutonium aurait pu être arrêtée. Mais stopper le 'retraitement' du combustible reviendrait à reconnaître que le secteur nucléaire ne sait que faire de ses déchets. Le 'retraitement' entretient l'illusion que les déchets radioactifs pourraient être 'gérés' voire 'recyclés', à condition de faire croire que l'on peut utiliser à des fins pacifiques le plutonium extrait des combustibles usés», estime Sortir du nucléaire.

Il n'y a aujourd'hui «plus de raison de retraiter le combustible», renchérit Mycle Schneider «si ce n'est la crainte de l'effet que cela aurait sur la filière nucléaire dans le monde».

De son côté, Areva s'enorgueillit de pouvoir traiter 96 % des matières du combustible, soit 95% d'uranium et 1% de plutonium qui peuvent ensuite être utilisés pour produire de l'électricité.

«Cela permet d'économiser jusqu'à 25 % des besoins en uranium naturel», affirme Catherine Argant, la responsable communication du site. Mais cela reste théorique. Propriété de l'électricien, c'est ce dernier qui «module son stock en fonction des prix», précise-t-elle.

Mais aujourd'hui, l'opérateur français EDF est un des seuls clients du centre, aux côtés de EPZ (Pays-Bas), SOGIN (Italie), ainsi que de la Belgique et de l'Australie. Les combustibles confiés par l'Allemagne ou le Japon ayant ainsi été totalement traités.

Les 4 % restant du combustible usé constituent des déchets ultimes (produits de fission et actinides mineurs) de haute valeur radioactive. «Compactés et vitrifiés, leur volume est ainsi divisé par 5», précise Areva.

«Quid de la multiplication des autres catégories de déchets (moyennement et faiblement actifs)? Quid des rejets radioactifs qui conduisent à plus de la moitié de la dose collective des européens en provenance de toutes les installations nucléaires?», rétorque Mycle Schneider.

 
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Auteur : Radio Protection

Source : radioprotection.eklablog.com

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