Pierre Rahbi - Pour une insurrection des consciences - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 30/09/2009 à 07h47 par Tanka.


PIERRE RAHBI - POUR UNE INSURRECTION DES CONSCIENCES

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Pierre Rahbi - Pour une insurrection des consciences

Information recueillie par Tanka.

La croissance n'est pas la solution : elle est le problème

Pierre Rabhi La croissance est devenue une idole devant laquelle économistes, médias et politiques se prosternent. C'est pourtant une croyance irréaliste et dangereuse. Une croissance matérielle infinie sur une planète aux ressources limitées est bien sûr impossible. Le culte de la croissance économique est à la base de la plupart des maux dont nous souffrons. En fait, la croissance n'est pas le remède, elle est le problème. Ce principe produit un système qui fait de chaque nation une entreprise compétitive en guerre économique contre les autres nations et de chaque individu un ennemi de son voisin. Cette guerre, aux conséquences humaines et écologiques catastrophiques, touche d'abord les plus faibles, chez nous en France, par la précarité puis par l'exclusion. Elle augmente l'injustice dans les pays riches et encore bien davantage dans les pays pauvres au sud de la planète. 20% de la population de la planète, les pays riches, dont la France, consomment 80 % des ressources naturelles de la Terre.

Les changements climatiques, liés aux activités humaines, sont maintenant scientifiquement démontrés. La capacité de notre Terre d'absorber la pollution atteint sa dernière limite.

D'autres façons de penser et de pratiquer les échanges et l'économie existent, et sont mises en pratique avec succès dans de nombreuses contrées du globe.

L'argent produisant de l'argent, la spéculation monétaire, est une illusion aussi dangereuse qu'une bombe à retardement. Les vraies richesses ne sont pas virtuelles. Elles sont tangibles et résultent également de la créativité humaine.

En France, comme dans tous les pays riches, nous devons apprendre à consommer mieux pour consommer moins.

Se libérer de la société de surconsommation

La publicité envahit chaque jour d'avantage l'espace public, nos domaines privés, jusqu'à notre imaginaire. Elle tente de nous imposer l'idée que le bonheur se trouverait dans une consommation sans limite. Mais alors quel sens pour l'existence ? Comment s'accomplir comme être humain quand nos vies sont réduites à une acquisition effrénée d'objets et de services ? L'explosion des banlieues et la montée de la violence, la surconsommation de médicaments antidépresseurs, le mal vivre de nombre d'habitants des pays riches, tous ces phénomènes trouvent une large part de leur origine dans ces messages qui propagent une fausse idée de la vie. Rompre avec cette idéologie est une étape indispensable pour nous diriger vers une société plus humaine. Privilégier un esprit critique et constructif, vivre sobrement, en favorisant une vraie convivialité dégagée de l'accumulation des marchandises, conditionnent notre capacité à vivre de façon véritablement désirable et responsable sur notre planète.

Le modèle dominant

Concentration et spéculation. Epuisement et dissipation des ressources. Destruction de la biosphère et de l'humain. Le temps, c'est de l'argent. La Terre nous appartient.

La logique du vivant

Renouvellement, pérennité, échange, dynamique entre les espèces vivantes. Le temps, c'est de la vie. Nous appartenons à la Terre.

Produire et consommer localement

Nous assistons à une confiscation graduelle et sournoise de la capacité des peuples à se nourrir eux-mêmes. Ce constat est la cause d'injustices et de violences génératrices d'une insécurité planétaire. Les biens communs de l'humanité comme la terre, l'eau, les semences sont accaparés au profit de quelques puissances financières. Ils sont, soit soumis à l'abandon, à l'érosion et à la pollution, soit dissipés comme les semences, au profit de firmes multinationales qui leur substituent des productions incertaines et dangereuses comme les Organismes Génétiquement Modifiés.

L'alimentation est aujourd'hui l'objet de transports incessants et inutiles rendant des populations entières dépendantes des seules lois du marché. Elle parcourt des milliers de kilomètres avant d'être consommée. Cette pratique absurde engendre ainsi de multiples pollutions, alors que la nourriture pourrait être produite sur place, et sur des structures à échelle humaine par des paysans qui ne demandent qu'à le faire dans des conditions viables.

L'agriculture non productiviste doit être respectueuse des équilibres de la terre, de la nature et des consommateurs à qui elle fournit des denrées de haute qualité.

Cultiver son jardin, développer des potagers communautaires, favoriser les échanges ville-campagne, les associations « producteurs/consommateurs » sur des bases humaines et économiques saines, sont des actes politiques de résistance pacifique.
Produire et consommer localement devrait être le grand mot d'ordre planétaire

Cela signifie pour la France comme pour tous les pays du monde une nouvelle politique de ménagement des territoires et de l'urbanisation.

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