Pesticides et santé : le rapport qui dérange - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 30/04/2010 à 15h05 par Tanka.


PESTICIDES ET SANTÉ : LE RAPPORT QUI DÉRANGE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Pesticides et santé : le rapport qui dérange

Stupeur ou amertume du côté des associations environnementales. Présenté mercredi au Parlement mais pas encore rendu public, le travail de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques concernant les effets sur la santé des produits phytosanitaires met en garde contre une diminution "trop brutale" des pesticides !

Rédigé sous la houlette de Claude Gatignol, député UMP et vétérinaire, et de Jean-Claude Étienne, sénateur lui aussi UMP et professeur de médecine), le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) lance plusieurs pavés dans la mare.

S'il concède que les résidus de pesticides "sont présents dans tous les compartiments de l'environnement", il rappelle qu'« aucune étude scientifique n'est en mesure aujourd'hui de faire chez l'homme un lien entre la consommation d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies ».

Et avec une réduction de 50% de l'usage des pesticides, comme le prévoit le Grenelle de l'environnement, il craint que l'accès aux produits par le « plus grand nombre" et « la sécurité de revenus stables » ne soient plus garantis pour les agriculteurs. Car qui dit réduction dit « probable diminution des rendements », hausse des prix, « possible disparition de nombreuses productions » et « phénomènes de résistance des ravageurs » souligne l'OPECST.

Ces quelques morceaux sont bien sûr choisis, dans un rapport qui conseille aussi de « renforcer l'information, la formation et la qualification des professionnels », « vulgariser les techniques qui permettent d'économiser les intrants » ou d'« informer les utilisateurs non professionnels des risques liés à l'exposition aux pesticides et des dangers de pollution de l'environnement ». Il n'empêche : l'accueil chez les défenseurs d'une réduction des pesticides oscille entre prudence, résignation et colère.

- François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures

« Sur la dangerosité des pesticides, le rapport reconnaît quand même qu'il y a des risques chez les agriculteurs pour certains cancers, mais il insiste bien sur le fait qu'ils sont globalement en meilleure santé. Pour le reste de la population, ils disent que l'on ne sait pas, que l'on n'a pas de certitudes absolues sur des relations de cause à effet.

Ce rapport n'est pas imprégné du principe de précaution : même si on n'a pas de certitude absolue, on doit quand même prendre des mesures. Or, et c'est grave, on remet en cause l'objectif de réduction de 50% de pesticides inscrit dans le Grenelle de l'environnement. Plus grave encore, ils veulent simplifier la réglementation. Cela veut dire par exemple étendre l'homologation d'un produit X pour un légume-feuille [1] donné à l'ensemble des légumes-feuilles.

Claude Gatignol continue ici le travail de lobbying qu'il menait en 2008 avec le collectif “Sauvons les fruits et légumes” pour contrer le projet de l'UE de retirer certaines des substances actives les plus dangereuses.

Je pense qu'il avait une opinion tout à fait formée avant le travail, il n'est pas neutre et cela a rejailli sur le rapport. Effectivement on nous a entendu avec nos petits camarades du WWF, mais ce n'est pas intégré dans la conclusion du rapport. C'est juste là comme un verbatim. Et lorsqu'on dit que les ONG n'ont pas un fondement scientifique, cela me fait hurler. Je peux vous assurer que l'on a envoyé des centaines d'études aux rapporteurs. Notre travail est basé sur ce qui sort dans la littérature scientifique et pas sur des commentaires comme ceux de Luc Multignier, qui a écrit des pages et des pages pour dire qu'il y a tant d'incertitude que finalement on ne peut rien savoir.

Sur l'agriculture biologique, ce que les rapporteurs disent est purement et simplement mensonger : comme elle n'utilise pas de pesticides de synthèse, elle ne serait pas en mesure de supprimer les mycotoxines [2]. Ce qu'ils ont oublié de dire, c'est l'agriculture conventionnelle en a au moins le même niveau que le bio. Plusieurs études européennes le montrent. »

- Jean-Claude Bévillard, responsable des questions d'agriculture à France Nature Environnement

« Ce n'est pas une remise en cause, mais un peu quand même, de la possibilité de réduire l'utilisation des pesticides. La conclusion que moins de pesticides réduirait les récoltes ne correspond pas à la dernière étude de l'INRA, qui dit qu'on peut arriver à -30% en améliorant les pratiques tout en gardant les systèmes actuels.

Source : terra-economica.info


Pour lire la suite de cet article, cliquer ici

Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire