pesticides: ça va enfin bouger à Tahiti! - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 09/11/2009 à 14h05 par Yol.


PESTICIDES: ÇA VA ENFIN BOUGER À TAHITI!

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pesticides: ça va enfin bouger à Tahiti!

Information recueillie par Yol

Au tribunal administratif, le rapporteur public vient de conclure, mardi, au rejet d'une demande d'annulation d'un arrêté du Conseil des ministres, visant à fixer les limites maximales de résidus de pesticides dans les fruits et légumes destinés à l'alimentation humaine, en Polynésie française. Le point sur une problématique d'actualité.

Le rapporteur public a conclu au rejet de cette demande, au motif qu'elle allait "à l'encontre du mouvement initié depuis plusieurs années qui veut que les produits végétaux destinés à l'alimentation humaine ne contiennent pas de pesticide". Si le tribunal administratif ne rendra son délibéré que dans une quinzaine de jours, l'association Te Tia Ara a immédiatement réagi à l'annonce de ce rejet en portant à nouveau la charge, mercredi dans un communiqué, contre une utilisation incontrôlée des pesticides.

Cette demande d'annulation émanait de la Fédération générale du commerce et de la société Agritech, l'un des principaux fournisseurs de pesticides en Polynésie française, dont Gilles Yau assure la présidence de l'une et la direction de l'autre. "Ce commerçant a tenté de faire casser le thermomètre que sont les LMR en demandant l'annulation de l'arrêté de février 2009", déplore l'association de consommateurs qui estime que celui-ci "cherche à freiner par tous les moyens la mise en place d'une réglementation sur le bon usage des pesticides".

Une polémique d'actualité

On se souvient qu'à la mi-octobre, l'association Te Tia Ara médiatisait déjà la mise en évidence dans des salades commercialisées par des supermarchés de la place - lors de contrôles effectués par l'Institut de la consommation (IC) - de résidus de pesticides de synthèse. Ceux-ci étaient largement (de 220 à 3100 fois) supérieurs, en concentration, à la Limite Maximale de Résidus (ou LMR) autorisée en Polynésie française.

Outre une réponse de l'IC , qui souhaitait néanmoins rappeler que suite aux campagnes de prélèvement qu'il a initiées depuis 2007 jusqu'à aujourd'hui, "il est constaté une très nette amélioration des résultats" - cette sortie de Te Tia Ara suscitait une réaction de l'association Te Ora Hotu Fenua Rau, promotrice d'une agriculture raisonnée en Polynésie française. Association dont Gilles Yau est également le président. Celle-ci tenait notamment à préciser dans un communiqué que les normes LMR "ne sont pas utilisées pour connaître l'impact sur la santé mais la qualité de nos fruits et nos légumes".

"Les agriculteurs doivent aussi porter leur part de responsabilité"

Il faut dire que le dit arrêté prévoit des amendes de 53.699 Fcfp à 178 997 Fcfp (de env. 447 à 1490 euros). Autrement dit, "si les producteurs se voient obligés de produire des légumes sans pesticide", c'est un "fonds de commerce" qui est mis "en péril", commente Te Tia Ara. Des propos que veut nuancer, jeudi, le nouveau président de la FGC, Jacques Billon-Thyrard.

Celui-ci confirme qu'un recours a bien été déposé par la Fédération générale du commerce mais, "parce que ce texte fait porter toutes les responsabilités sur les distributeurs de fruits et légumes alors que les agriculteurs doivent, eux aussi, porter leur part de responsabilité en prouvant la qualité des produits qu'ils utilisent", explique-t-il en précisant que "le Pays doit aider les exploitants agricoles à produire sainement, avec la mise en place de contrôles efficaces, et pas simplement pénaliser les commerçants".

Le long accouchement d'une réglementation adéquate

Sans vouloir alimenter ici cette polémique, il est à remarquer que la problématique de fond - qui ne date pas d'hier et qui s'étend à la formation et aux sanctions en cas de non respect des règles - trouve sa source dans la difficile mise en place d'une réglementation bien définie et utilement applicable. Une tâche à laquelle les services du ministère de l'Economie rurale, en charge de l'agriculture, de l'élevage et du développement forestier s'attellent "avec fermeté", indique-t-on au ministère en précisant qu'une "loi de pays" concernant notamment l'importation, la commercialisation et l'utilisation des pesticides "est en cours de préparation".

Celle-ci doit améliorer une réglementation dont les premiers éléments remontent à... 1974 (modifiée en 1976). Rédigé en accord avec la Direction de la santé, le Service du développement rural (SDR), le Service des affaires économiques et la Direction de l'environnement, ce texte doit renforcer nombre de points concernant les demandes d'agrément, les demandes d'importation ou encore l'étiquetage.

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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