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Pêche intensive : comment l'Europe affame l'Afrique - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 28/03/2011 à 10h46 par geof.

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Pêche intensive : comment l'Europe affame l'Afrique

 
Surexploitation maritime, pêche illicite ou sous pavillon de complaisance, accords internationaux iniques... Les ressources de l'Afrique attirent, une fois de plus, l'Europe prédatrice.

Résultat : le poisson se fait rare et les pêcheurs sénégalais doivent s'aventurer de plus en plus loin des côtes. Et à défaut de nourrir les populations locales, les poissons d'Afrique viendront garnir les assiettes des Européens.

(...)

Un poisson trop cher pour les Sénégalais

Les captures se font rares pour tous. Depuis 2003, la pêche maritime au Sénégal enregistre une baisse de 16 % des captures, ce qui a des conséquences désastreuses pour les Sénégalais. (...)

Avec ses 700 km de côtes, le Sénégal est pourtant riche d'importantes ressources halieutiques : thons, espadons, voiliers, sardinelles, chinchards, maquereaux, crevettes et merlus, dorades, mérous, crevettes blanches ou céphalopodes... Mais à l'instar de pays africains dont les richesses en diamants, pétrole, gaz, terres arables, donnent lieu aux pires pratiques de prédation, cette richesse a, elle aussi, attisé les convoitises.

L'Afrique nourrit l'Europe en poissons

Pillé depuis des décennies par des flottes étrangères – espagnoles, françaises, italiennes, russes, japonaises, coréennes, chinoises ou taïwanaises – le « grenier à poissons » de l'Afrique et du Sénégal se vide de sa substance... Et ce, au prix d'une concurrence déloyale : quand les pêcheurs artisanaux sénégalais ne peuvent rester que quelques heures en mer, les campagnes de pêche des navires étrangers durent deux à trois mois.

Le chalutage – qui consiste à racler les faible, moyenne et grande profondeurs des mers (jusqu'à 1.000 m) – entraîne la raréfaction des espèces de poissons et la destruction des environnements marins. Un désastre écologique.

(...) « L'Afrique nourrit l'Europe ! », s'indigne Mamadou Diop Thioune, président du Forum des organisations de la pêche artisanale. (...)

L'impuissance du Sénégal face à la pêche pirate

Le fléau de la pêche illégale frappe aussi le Sénégal. « Ce sont les pêches INN : illicites, non déclarées et non règlementées. » Comme beaucoup de pays africains, l'État sénégalais dispose de très peu de moyens techniques pour contrôler et arraisonner les bateaux étrangers.

(...)

Le piège des accords de pêche

(...) Des Accords de partenariat de pêche (APP) permettent à des flottes entières de bateaux européens, russes, chinois de venir légalement surexploiter les ressources halieutiques de la Mauritanie, du Maroc, de la Guinée ou du Sénégal. Au sortir de la colonisation, les États d'Afrique ont investi dans le développement d'une industrie de pêche nationale, plutôt que d'opter pour un soutien massif à la pêche artisanale. Mais les flottilles industrielles sont coûteuses.

À la fin des années 1970, le clanur de la pêche n'échappe pas aux effets dévastateurs des programmes d'ajustements structurels néolibéraux, imposés par les institutions financières internationales. Des programmes qui déséquilibrent profondément la filière : les États africains – dont les besoins en devises augmentent – privilégieront dès lors les exportations, au détriment de la consommation locale, et la signature d'accords de pêche avec compensation financière.

Depuis les puissances maritimes tirent un maximum de profit de cette situation. Notamment l'Union européenne qui, depuis 1979, a conclu près de 17 accords de pêche avec le Sénégal. L'accès aux eaux africaines, extrêmement poissonneuses, est un enjeu stratégique primordial pour l'Europe.
 


 

La Politique commune de la pêche (PCP) européenne limite les captures dans les eaux européennes pour préserver la ressource. Les accords de pêche constituent pour l'Union européenne un moyen de redéployer une partie de sa « surcapacité de pêche », tout en diminuant la pression de la surexploitation de ses propres eaux.

Transfert de la surpêche de l'Europe vers l'Afrique

Formellement les accords de pêche entre « les nations en eaux lointaines et les pays côtiers » sont fondés sur le principe de complémentarité : (...) Il s'agit de prélever le « reliquat » disponible, seulement après une évaluation scientifique précise des ressources. (...)

Mais les autorités sénégalaises ne disposent pas de moyens conséquents pour effectuer une évaluation efficace des stocks de ressources halieutiques. (...)

Des experts internationaux dénoncent l'obsolescence du mode de calcul – en tonnes de jauge brute ou TJB –, qui ignore totalement l'incroyable progression des moyens électroniques de détection à bord des navires d'aujourd'hui. (...)

Pour un euro versé, l'Europe en récupère trois

Dans le cas du Sénégal, l'ONG Coalition pour des accords de pêche équitables soutient que « si la compensation financière versée par l'UE est importante, elle ne représente qu'une petite partie de la valeur des ressources pêchées. Ainsi, un euro dépensé par l'UE pour la signature d'accords de pêche, en raporte trois ou quatre au niveau européen. » (...)

Pavillons de complaisance et sénégalisation de bateaux étrangers

Après une importante mobilisation des pêcheurs et de leurs organisations, en pleines négociations de renouvellement des APP, le gouvernement sénégalais a été contraint d'interdire aux navires de l'UE de pêcher dans ses eaux territoriales.

Mais pour s'assurer l'accès aux eaux sénégalaises, il existe un moyen moins risqué que la pêche pirate, et plus rapide que de longues négociations internationales : la constitution d'une société mixte de droit sénégalais. Un associé sénégalais, soi-disant majoritaire, enregistre l'entreprise au Sénégal, alors qu'il n'est en fait qu'un employé de son partenaire étranger.

(...)

Le nombre de sociétés mixtes a explosé dans les années 1990, (...)

Des sociétés écrans exemptées de droits de douane

(...) Depuis 2001, les acteurs de la pêche au Sénégal demandent en vain un audit de ces sociétés mixtes. Les grosses sardines du gouvernement sénégalais font la sourde oreille.
 

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Auteur : Eros Sana

Source : www.bastamag.net

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