Paul Crutzen : et si l'on manipulait le climat ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 14/08/2013 à 23h02 par Jacky.


PAUL CRUTZEN : ET SI L'ON MANIPULAIT LE CLIMAT ?

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Paul Crutzen : et si l'on manipulait le climat ?

 

Que faire contre le réchauffement ? La solution préconisée par le Prix Nobel Paul Crutzen ne manque pas d'audace. Ce spécialiste de la couche d'ozone propose - rien de moins - de larguer 1 million de tonnes de soufre dans l'atmosphère pour diminuer, en quelques années, la température moyenne de la planète.

La Recherche : Dans le numéro de la revue Climatic Change de cet été, vous suggérez un moyen rapide et radical de diminuer la température de la planète.

De quoi s'agit-il ?

Paul Crutzen : D'une solution d'urgence, au cas où le réchauffement climatique se révélerait plus brutal que prévu. Elle consiste à déployer artificiellement des particules de sulfates dans l'atmosphère. En réfléchissant les rayons du Soleil, ces dernières permettraient de réduire, en quelques années, la température moyenne du Globe.

Cette idée n'est pas nouvelle. Elle a été discutée il y a une trentaine d'années par le scientifique russe Mikhaïl Budyko. Mais il me semble important de l'étudier désormais car tout ne peut être prévu en matière de climat. Il est possible que nous ayons sous-estimé le réchauffement climatique à venir.

Or, si ce dernier se révèle plus brutal que prévu, il faudra trente à cinquante ans avant que nos mesures de réduction de l'effet de serre * - recours à de nouvelles énergies, séquestration du dioxyde de carbone atmosphérique CO2, limitation des carburants fossiles, etc. - aient un impact sur la température de la planète.

Concrètement, en quoi consiste cette « manipulation » du climat ?

Paul Crutzen : Il s'agit de larguer au moins un million de tonnes de soufre ou de sulfure d'hydrogène dans la stratosphère, la couche de l'atmosphère située entre 10 et 50 kilomètres d'altitude, à l'aide de ballons lancés depuis les tropiques. Une fois à ce niveau, ces composés sont brûlés de manière à obtenir du dioxyde de soufre. Lequel est ensuite converti en particules de sulfate de moins de 1 micromètre de diamètre.

(...)

Quel serait le coût d'une telle mesure ?

Paul Crutzen : Le déploiement de 1 à 2 tonnes de soufre coûterait 25 à 50 milliards de dollars par an, soit 25 à 50 dollars par habitant des pays les plus riches.

(...)

La présence de sulfates dans la stratosphère ne risquerait-elle pas d'avoir des effets néfastes sur l'environnement pluies acides et la santé humaine asthme ?

Paul Crutzen : Parmi les aspects négatifs, il pourrait y avoir une réduction de l'ozone stratosphérique. (...)Je ne conseille toutefois pas de faire cette expérience dans l'immédiat, mais d'étudier la question de façon à lever les incertitudes à ce sujet. Commençons par réaliser des modèles. Si les résultats sont encourageants, la décision d'effectuer des tests atmosphériques de petite échelle devra alors faire l'objet d'un accord international. Nous avons besoin de savoir si cette opération ne créerait pas un nouveau problème tout en en résolvant un. Il faut avoir une discussion scientifique à ce sujet, sans hystérie.

 

 

Justement, comment cette idée est-elle perçue par la communauté scientifique ?

Paul Crutzen : La manipulation du climat est depuis longtemps un sujet tabou ! Les scientifiques les plus âgés hésitent même à faire des modèles d'ingénierie du climat. Les plus jeunes se montrent davantage intéressés. Certains climatologues commencent à faire des simulations, au laboratoire Lawrence Livermore, aux États-Unis, notamment. En Europe, un groupe de jeunes chercheurs réfléchit même à proposer cette idée pour le prochain programme-cadre européen de recherche et de développement.

Le recours à ce type de solution ne risquerait-il pas d'éloigner les gouvernements des vraies mesures contre l'effet de serre, à savoir la réduction des émissions de CO2 ?

Paul Crutzen : Si les hommes politiques utilisaient cette opération comme argument pour ne rien faire, ce serait criminel. Je le répète : cette solution n'est valable qu'en cas d'urgence, dans la mesure où l'élévation des températures serait supérieure à 0,2 °C par décennie, par exemple. Elle n'est pas simple à mettre en oeuvre, et ses conséquences d'un point de vue environnemental sont encore ignorées.

Vous semblez exhorter les gouvernements à bouger. Êtes-vous satisfait par la manière dont les hommes politiques font face au changement climatique ?

Paul Crutzen : Pas vraiment. Je suis déçu par le manque d'action politique. (...) Face à cette situation, les hommes politiques disent parfois : « Le changement climatique ne devrait pas être si terrible, ne bougeons pas. » Nous avons pourtant vu par le passé que les choses pouvaient être pires que que nous l'avions estimé au départ.

À quel événement pensez-vous ?

Paul Crutzen : Au trou de la couche d'ozone. Il était imprévisible. Sa découverte a été une surprise totale. (...) Et il est possible que cela se reproduise pour le changement climatique. L'avenir nous montrera que nous avons surestimé certains phénomènes, sous-estimé d'autres. On ne peut exclure qu'il y ait des corrections importantes sur le climat d'une bonne partie de la planète.

 

 

Comment expliquez-vous que ce type d'argument soit si peu entendu ?

Paul Crutzen : Le réchauffement climatique actuel - 0,6 °C en moyenne sur le Globe - n'est pas suffisamment alarmant. L'action des gouvernements serait sans doute plus rapide si un événement dramatique, aux conséquences comparables à celles du trou de la couche d'ozone, bouleversait le système climatique. Un « trou du climat » en quelque sorte. De quel événement pourrait-il s'agir ? Peut-être de la fonte des calottes glaciaires avec l'élévation des températures. Récemment, les tensions ont été vives à ce propos.

Cependant, des mesures ont été prises pour minimiser les émissions de CO2. Que pensez-vous du recours aux biocarburants*, récemment encouragé par George Bush ?

Paul Crutzen : Le passage du pétrole aux carburants fabriqués à partir de déchets végétaux me laisse très perplexe. (...)

Après avoir révélé la chimie de l'ozone atmosphérique, vous avez été très impliqué dans le règlement du problème du trou de la couche d'ozone. Pensez-vous que la question du changement climatique puisse être gérée de la même façon ?

Paul Crutzen : Cela me paraît difficile. (...) Nous pouvons parvenir à maîtriser notre énergie de manière à juguler le changement climatique.

De quelle manière ?

Paul Crutzen : Avant tout en réalisant des économies d'énergie. Il faut aussi développer des formes d'énergies qui n'émettent pas de gaz à effet de serre. L'énergie solaire est, selon moi, la solution la plus intéressante. L'énergie nucléaire a ses contraintes. L'énergie éolienne nous oblige à installer des éoliennes partout, créant des problèmes de bruit.

Sans parler des mesures de réduction des émissions de CO2. Les grands- messes telles que la conférence de Kyoto*, en 1997, vous semblent-elles propices à faire bouger les choses ?

Paul Crutzen : Assez peu. Les scientifiques y ont joué un rôle limité. Les hommes politiques et leurs conseillers se sont rencontrés, ont débattu le texte mot après mot jusqu'au milieu de la nuit. Comment voulez-vous que des idées efficaces émergent d'une telle organisation ? Il est heureux que toutes les nations se sentent concernées par la question du changement climatique. Mais, entre deux conférences de type Kyoto, il faut que les acteurs principaux du changement climatique, la Chine, les États-Unis, l'Europe, le Japon, l'Inde, parlent entre eux. Il faut un G8 du climat. Car si ces gouvernements ne s'accordent pas entre eux, ne croyez pas qu'une centaine de pays seront capables de signer un protocole et de tenir leurs promesses.

 

 

En tant que Prix Nobel, pensez-vous pouvoir influencer les hommes politiques afin qu'ils lancent un G8 du climat ?

Paul Crutzen : J'y ai songé. Mais je ne l'ai jamais suggéré ouvertement. C'est une tâche réservée à la communauté scientifique. Je ne ressens pas le besoin de devenir le grand prêtre de ce domaine.

(...)

 

Pour lire la totalité, cliquer ICI

 

Un article de Sophie Coisne, déniché par Phil', publié par larecherche.fr et relayé par SOS-planete

 

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Auteur : Sophie Coisne

Source : www.larecherche.fr