PAU. Les apiculteurs du département tenaient leur assemblée samedi - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 18/01/2010 à 13h03 par Michel95.

SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
PAU. Les apiculteurs du département tenaient leur assemblée samedi

Information recueillie par Michel95

« L'abeille va mal » S'il n'y avait qu'elle...

«L'abeille est dans la merde ».

C'est en ces termes fleuris que Bernard Prat, secrétaire du Groupement de défense sanitaire apicole du Béarn et du Pays Basque, tire le bilan de l'assemblée générale qui se tenait samedi à Pau.

Ce qui pique surtout les apiculteurs du département, c'est « la reconduite de l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser ».

Cet insecticide pour grandes cultures du laboratoire Syngenta est accusé de tuer les abeilles, au même titre que le Regent ou le Gaucho, désormais proscrits.

En cause, la molécule active de ce produit : le thiametoxan.

« Quand les agriculteurs procèdent à leurs semis, le souffle des semoirs pneumatiques fait voler des poussières contenant ce produit, qui enrobe les graines.

Et ces poussières viennent s'échouer sur les bandes enherbées, dont les plantes sont léchées par nos butineuses. »

Pierre Darfeuil, le président du groupement, a perdu 30 colonies à cause de ce produit.

Un signe qui ne trompe pas, selon lui : c'est au moment de la floraison des acacias - qui correspond à la période du semis des maïs - que cette hécatombe est survenue.

Deuxième plaie qui hante les apiculteurs : le frelon asiatique, véritable tueur d'abeilles.

« Le problème, c'est que nous avons perdu un allié dans la bataille », déplore Bernard Prat.

« Je veux parler des pompiers, qui ont abandonné leur mission de lutte contre les hyménoptères, désormais à la charge du seul secteur privé. »

Sensibiliser le public

Résultat, les apiculteurs n'ont pas le moral.

« Aujourd'hui, on est désemparés », résume Bernard Prat.

D'autant que leur activité n'est plus aussi florissante que par le passé.

« On a de plus en plus de calamités, et de moins en moins de récolte.

En 1981, je ramassais 30 kilos de miel par ruche.

L'an passé, à peine 10 kilos. »

Difficile, dans ces conditions, de motiver des jeunes de prendre la relève.

« On perd des effectifs tous les ans », confirme le secrétaire du groupement, qui rassemble 220 membres.

Bernard Prat regrette l'approche de certains agriculteurs, « qui ne jurent que par la course aux rendements et se désintéressent des nouvelles pratiques ».

Il refuse toutefois de jeter la pierre à la profession dans son ensemble.

Les vrais fautifs, pour lui, sont les politiques français, qui maintiennent l'autorisation du Cruiser, pourtant interdit en Italie et en Allemagne.

Afin de faire pression sur le législateur, les apiculteurs font tout pour sensibiliser le public à leur cause.

À commencer par le public urbain.

C'est dans cet objectif qu'un Parc aux abeilles va être créé cette année à la MJC Berlioz à Pau.

Il y avait déjà deux ruches sur un balcon sur le site.

Il y en aura bientôt quatre, ceintes dans un espace de huit mètres par huit, délimité par un mur vitré.

Le paradoxe, c'est que ces abeilles des villes donnent plus de miel (70 kilos pour 2 ruches l'an passé) que celles des champs, constate Bernard Prat.

Mais pour autant, celui-ci conteste que la ville soit l'avenir des butineuses.

« Ce n'est pas la solution.

L'abeille doit trouver, à la campagne, matière à manger, et sans se faire intoxiquer.

Mais pour ça, il faudra se mettre à replanter des arbres et des haies.

Or, depuis des années, on a davantage planté en ville que dans les champs. »

Une autre mesure d'urgence pour préserver les abeilles.

Une espèce dont Bernard Prat assure que « si les apiculteurs n'étaient pas là, il n'y en aurait plus ».

Source : Gwenaël BADETS - Sud Ouest.com

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........

 

  • Lire les commentaires
  • Lien utile / source de l'actualité
  • Modifier cette actualité
  • Contacter Michel95
  • Recommander cette actualité
  • Imprimer cette actualité
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr