Pas d'atomes crochus avec l'énergie nucléaire - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 02/06/2011 à 19h32 par Jacques.


PAS D'ATOMES CROCHUS AVEC L'ÉNERGIE NUCLÉAIRE

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Une Mulhousienne témoigne de son combat contre les dangers mortels liés à l'extraction d'uranium dans les mines d'Afrique. Elle sera à la Foire éco-bio qui s'ouvre aujourd'hui à Colmar.

En France, on s'intéresse plus aux risques des centrales nucléaires qu'à ce qui se passe en amont, déplore Jacqueline Gaudet. Témoignant dans un documentaire de Dominique Hennequin sur l'extraction d'uranium, à l'affiche de la Foire éco-bio à Colmar, cette Mulhousienne sait de quoi elle parle.

De 1978 à 1991, elle a vécu avec son père, sa mère et son mari au Gabon, près d'une mine d'uranium exploitée par une filiale d'Areva ; après son retour en France, elle a « fermé les yeux » de ses trois proches en l'espace de cinq ans : son mari est décédé d'un cancer en 1997, son père d'un cancer en 2000, sa mère d'un cancer en 2002. Les premiers travaillaient sur le site, sa mère vivait à proximité. « Comment prouver qu'ils sont morts des suites de l'exposition à l'uranium ? »

Depuis lors, cette femme tente de faire reconnaître ces cancers comme maladies du travail. Ce qui n'est pas le cas de la Sécurité sociale française. Le tableau n° 6 des maladies professionnelles par les rayonnements ionisants, mis à jour pour la dernière fois en 1984, ne reconnaît que trois cancers : leucémie, cancer des os, cancer des poumons. « Il faudrait le réactualiser car les médecins disent que l'uranium atteint toutes les parties du corps », insiste Jacqueline Gaudet.

C'est là le combat de cette femme, qui a fondé en 2005 l'association Mounana (du nom de la mine d'exploitation d'uranium au Gabon) : faire reconnaître les maladies professionnelles dues à l'uranium sur les sites d'Areva.

Après le décès de ses proches, Jacqueline Gaudet a multiplié les démarches en ce sens auprès de la Sécurité sociale, puis de celle des Français à l'étranger, puis d'Areva et enfin de la Sécurité sociale gabonaise.

En vain jusqu'à présent. Elle a toutefois reçu le soutien des députés alsaciens Francis Hillmeyer et Jean-Luc Reitzer pour l'actualisation du tableau n° 6 de la Sécurité sociale.

« Coïncidence », dit-elle, elle visionne un documentaire à la télévision suisse sur Mounana puis un autre sur le même sujet au Niger. « Au culot », elle contacte alors l'association Sherpa et la Criirad, mentionnées dans le second film. « Je leur ai raconté ce qui s'est passé au Gabon. Ils ne connaissaient pas la situation. »

S'en suit une mission sur place menée par les deux associations, qui dénoncent les faits à leur retour. Le journaliste Dominique Hennequin s'empare du sujet et contacte alors Jacqueline Gaudet qui témoigne du sort des expatriés travaillant pour Areva au Gabon dans le documentaire Uranium, l'héritage empoisonné.

Entourée de quelque 200 membres de son association, expatriés et sympathisants — « le problème des expatriés est qu'ils sont morts ou qu'ils vieillissent » —, Jacqueline Gaudet, soutenue « gracieusement » par Sherpa, se targue de se battre depuis onze ans contre Areva.

Elle n'a reçu aucune excuse, déplore-t-elle. Un protocole d'accord est toutefois intervenu en 2010 entre Sherpa et Areva qui s'engage à faire des prises de sang sur les ex-salariés gabonais. « Beaucoup sont déjà morts ! Et ils ne font ça que sur la population locale, pas sur les expatriés. On ne saura jamais la vérité... » La mine de Mounana a été fermée en 1999 par Areva : « Ils ont tout enterré. »

En France, on attend toujours une réactualisation du tableau n° 6 de la Sécurité sociale.

VOIRUranium, l'héritage empoisonné, en présence du réalisateur Dominique Hennequin et de Jacqueline Gaudet, samedi 4 juin à 11 h, espace conférences.

 

Un article de Anne Vouaux, publié par L'Alsace

 

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Auteur : Anne Vouaux

Source : www.lalsace.fr