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Cette actualité a été publiée le 21/04/2010 à 18h24 par Tanka.


PAR SOUCI ÉCOLOGIQUE, L'EQUATEUR RENONCERAIT À L'OR NOIR

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Par souci écologique, l'Equateur renoncerait à l'or noir

Afin de ne pas polluer la plus grande réserve de biodiversité au monde, le président équatorien Rafaël Correa serait prêt à ne pas exploiter le pétrole de son sous-sol. Contre une compensation financière.

Quito, Diane Cambon/Le Temps - C'est l'un des projets écologiques les plus novateurs jamais proposé par un pays producteur de pétrole. Le président de l'Equateur, Rafael Correa, doit le présenter officiellement jeudi, dans le cadre de la Conférence mondiale sur les droits de la nature et sur le changement climatique, organisée à Cochabamba en Bolivie. Il s'agit de l'initiative Yasuni ITT. Au nom de la préservation de l'environnement, le leader socialiste Correa est prêt à renoncer à l'exploitation d'un nouveau gisement d'or noir découvert dans une des dernières parcelles sauvages du parc national du Yasuni, situé en pleine jungle amazonienne. Un Eden tropical qui pourrait renfermer jusqu'à 850 millions de barils, soit 20% des réserves en hydrocarbures du pays.

L'objectif : ne pas contaminer ce poumon vert de 100 000 hectares, classé par l'Unesco comme la plus grande réserve mondiale de la bio sphère. Selon une étude faite par des naturalistes internationaux, ce parc est un joyau de la biodiversité : 2274 espèces d'arbres recensées, 567 d'oiseaux, 80 de chauves-souris, 10 de primates, 105 d'amphibiens et plus de 100 000 espèces d'insectes à l'hectare ! Un record. Mais c'est aussi le refuge de deux peuples indigènes qui vivent en isolement volontaire – les Tagaeri et les Taromenane – et de plusieurs milliers d'Indiens Huaorani.

Evidemment, la conservation du parc Yasuni n'est pas gratuite. L'Equateur demande à la communauté internationale une contrepartie financière équivalente à la moitié de ce que l'exploitation pétrolière lui aurait rapporté. Une jolie manne financière estimée à 7,5 milliards de dollars, selon les experts. « Ce ne sont pas des aides ou des subventions que l'on demande aux pays riches, tient à préciser Tarcisio Granizo, sous-secrétaire d'Etat au Ministère du patrimoine équatorien. On fait appel à la responsabilité partagée. Les pays développés doivent leur expansion en partie à la destruction des ressources naturelles.

Aujourd'hui, nous les invitons à participer à la préservation de la planète. » Car la non-exploitation permettrait aussi d'éviter l'émission dans l'atmosphère de 410 millions de tonnes de CO2.

350 millions de dollars sur dix ans

Le principe est simple : les pays riches sont invités à déposer une quantité d'argent sur un compte bloqué, géré par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). On parle de 350 millions de dollars durant dix ans. L'Equateur utilise les intérêts générés par le compte-capital et s'engage à les investir dans quatre domaines : changement du modèle énergétique (énergies renouvelables), conservation des zones protégées, reforestation, développement social durable dans l'Amazonie.

L'idée a déjà séduit l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne. La Suisse et la France sont également intéressées par le projet. D'autres pays comme la Turquie et même l'Iran feraient aussi un geste. « C'est le projet le plus novateur et le plus concret actuellement pour lutter contre le réchauffement climatique », affirme Alberto Acosta, ex-ministre des Energies et des mines, au début du mandat de Rafael Correa.

Car, si l'Equateur opte finalement pour le plan B, celui d'exploiter le pétrole, les conséquences financières pour la communauté internationale ne seront pas anodines. Rien que pour neutraliser les 410 millions de tonnes de carbone émises par la combustion de ce pétrole lourd, il faudrait dépenser entre 8,8 milliards de dollars, selon le gouvernement local. Sans parler des impacts en termes de perte de biodiversité, de déforestation, de pollution des eaux et de l'air ou encore de maladies.

Nouvelle ère post-pétrolière

Ces dommages collatéraux du pétrole, l'Equateur ne les connaît que trop bien. A quelques encablures du parc du Yasuni, sur l'autre rive du fleuve Napo, se trouve l'ancienne exploitation de la compagnie américaine Texaco, aujourd'hui reprise par l'entreprise nationale Petroecuador. Dans cette espèce de no man's land, survivent des communautés indigènes au milieu des pipelines rouillés et des cheminées qui crachent sans arrêt d'immenses flammes. « Cela fait quarante ans que les populations locales vivent sur des terres imbibées de pétrole.

Il n'y a pas eu le moindre bénéfice pour la région. Par contre, nous avons les plus hauts taux de cancer du pays, nous ne pouvons plus boire notre eau », fulmine Luis Yanza, le coordinateur d'un procès historique contre la compagnie pétrolière Chevron Texaco.

[couleur=Source : droitshumains-geneve.info][/couleur]


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[couleur=Information recueillie par Tanka][/couleur]

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