Paluel, une centrale dont la maintenance est déficiente - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/09/2011 à 09h52 par Kannie.


PALUEL, UNE CENTRALE DONT LA MAINTENANCE EST DÉFICIENTE

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Paluel, une centrale dont la maintenance est déficiente

 

Paluel, 29 septembre 2011 : exercice de crise... ou mise en scène ? Un dossier d'actualité du Réseau "Sortir du nucléaire"

Au sein de ce parc nucléaire, le Centre Nucléaire de Production d'Electricité (CNPE) de Paluel comporte 4 unités de production de 1300 MW chacune, soit une puissance totale de 5200 MW. A en croire EDF, cette centrale a une place non négligeable dans le dispositif énergétique français :

«En ayant produit plus de 33 milliards de kWh en 2010 soit environ de 7 % de la production d'électricité française et 35 % de l'énergie consommée dans la région, la centrale nucléaire de Paluel constitue un atout essentiel pour répondre aux besoins de la consommation d'électricité en France.»

La réalité est bien moins honorable qu'EDF le déclare. Depuis plusieurs années, la centrale de Paluel connaît une suite ininterrompue d'incidents divers et variés qui ont entraîné des avis sévères de l'Autorité de sûreté nucléaire, des arrêts des réacteurs et même des prolongations des opérations de rechargement en combustible.

Un article récent du quotidien Mediapart donne à voir les problèmes récurrents que connaît Paluel et plus encore le malaise social qui règne dans la centrale.

«Fuites à répétition, rejets de gaz radioactif, déclenchements de balises d'alertes, contaminations de travailleurs : depuis plus d'un mois, l'une des plus grosses centrales nucléaires françaises, le site de Paluel, en Haute-Normandie, connaît des dysfonctionnements en série.

La multiplication des incidents crée un vent de panique chez les agents qui y travaillent, selon des témoignages et des documents exclusifs recueillis par Mediapart. La centrale de Paluel produit, à elle seule, environ 7% de l'électricité nationale.»

Il n'est pas difficile de vérifier ces informations. Le site internet de la centrale publie dans des délais raisonnables les déclarations d'incidents. Ainsi peut-on lire un compte-rendu des récents problèmes survenus en juin dernier :

Note d'information du 23 juin 2011 réactualisée le 26 juin - L'unité de production n°3 de la centrale nucléaire de Paluel a été arrêtée en mars dernier pour recharger le combustible. Elle a été reconnectée au réseau de distribution d'électricité le 19 avril. Elle fonctionne aujourd'hui normalement et à pleine puissance.

Dans le cadre de la surveillance permanente de son fonctionnement, le 28 avril 2011, les équipes de conduite ont constaté un défaut d'étanchéité sur l'un des assemblages combustible qui avaient été chargés dans la cuve du réacteur à l'occasion de l'arrêt (193 sont chargés dans un réacteur comme celui de Paluel). Ce défaut n'a aucun impact sur la sûreté des installations et l'environnement, les assemblages combustible étant immergés dans l'eau de la cuve en acier du réacteur, lui-même protégé par le bâtiment en béton hermétiquement fermé. La situation est actuellement suivie et contrôlée en continu par les équipes de conduite et de chimie de Paluel.

Des émanations de gaz xénon, issues de la réaction chimique à l'intérieur du combustible, ont en outre été mesurées dans le bâtiment réacteur, elles sont prises en compte dans les dispositifs d'exploitation et de sûreté de la centrale. Un arrêt pour maintenance sur le réacteur n°3 de la centrale de Paluel, du 11 et au 13 juin, a permis de réparer une fuite d'air comprimé sur un équipement à l'intérieur du bâtiment réacteur, identifier et réduire un écoulement d'eau sur deux robinets du circuit primaire (en cas de fuite, l'eau est aussitôt collectée dans des réservoirs prévus spécifiquement).

Durant le week-end du 25 au 26 juin, la centrale de Paluel a mis à profit un arrêt du réacteur, réalisé dans un contexte de faible consommation d'électricité due à une météo clémente, pour réparer les robinets concernés. Ces robinets seront remplacés lors d'un prochain arrêt pour maintenance. Durant ces deux opérations (du 11 au 13 comme du 25 au 26 juin), les équipes sont intervenues dans le bâtiment réacteur avec les protections adaptées. Les intervenants ont ensuite passé les examens de radioprotection d'usage qui ont montré qu'aucun d'eux ne présentait de contamination interne.

Chaque mot a ici son importance et mérite qu'on s'y attarde. A croire l'exploitant lui-même, nous avons ici affaire à un problème de sécurité puisque la première et la seconde barrière de protection ont cédé entraînant une perte de gaz radioactifs dans l'enceinte du bâtiment réacteur. L'incident fut suffisamment sérieux pour entraîner un arrêt pour maintenance de l'installation nucléaire.

Et l'on est en droit de s'étonner de la prudence de l'ASN qui n'a pas voulu déclarer l'incident au prétexte de la prétendue faiblesse des rejets...

Cet événement du mois d'avril est à mettre en regard d'un autre incident lui aussi minoré par l'Autorité de sûreté nucléaire :

Le jeudi 3 mars 2011, en fin de matinée, de légères traces de contamination interne ont été détectées sur un salarié d'une entreprise extérieure. C'est lors des contrôles systématiques réalisés en sortie du bâtiment réacteur que cette contamination a été observée. L'intervenant a été orienté vers le service médical du site. Les premières analyses effectuées révèlent une contamination interne 40 fois inférieure à la limite réglementaire annuelle de 20 mSv.

Il s'agit bel bien d'un problème survenu lors de ce que l'on a coutume d'appeler un arrêt de tranche, c'est-à-dire des opérations de maintenance des réacteurs au cours desquels différents travaux d'entretien sont effectués et une partie du combustible changée.

Là nous touchons un problème essentiel mis en cause par l'association de Philippe Billard et les précaires de l'industrie nucléaire. Cette série de problèmes que le réacteur n°3 de Paluel a connue donne à voir une faiblesse essentielle de l'industrie nucléaire aujourd'hui.

EDF essaie par tous les moyens d'accroître la disponibilité de ses centrales qui sont à l'arrêt près de trois mois par an. Une telle exigence impose de limiter tant que faire ce peut les arrêts de tranche et de réduire au strict minimum des opérations de maintenance longues et coûteuses.

Pour reprendre le vocabulaire en vogue dans l'industrie nucléaire, on est passé au cours des dernières années du «risque zéro» au «risque maîtrisé». Et pour hâter les opérations, EDF a largement externalisé les activités de maintenance, préférant employer des sous-traitants corvéables à merci plutôt que des personnels statutaires dont les droits sont strictement garantis par le statut des électriciens-gaziers.

 

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Pour lire la suite de cet article publié par groupes.sortirdunucleaire.org, cliquer sur Source ou Lien utile

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Sortir du nucléaire

Source : groupes.sortirdunucleaire.org