Où va nous mener la chimie agricole ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 22/02/2011 à 22h18 par Jacques.


OÙ VA NOUS MENER LA CHIMIE AGRICOLE ?

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Il y a soixante ans, un contrat social a été passé entre la société et le monde paysan pour nourrir la population à bas prix, tout en fournissant des bras pour l'industrie et la reconstruction de l'après guerre.

De paysan, ce monde est devenu agricole, puis agroalimentaire, par la mécanisation et l'énergie très bon marché.

Cette « révolution verte » n'a de verte que le nom, et doit tout à la chimie de synthèse.

Engrais et mécanisation ont déséquilibré cultures et « mauvaises herbes », devenues incontrôlables. Apparurent alors les désherbants, dont la toxicité ne fut étudiée qu'à court terme, sans tenir compte d'éventuels effets secondaires :

- risques pour les milieux et espèces commensales, parasites ou auxiliaires. Les insectes parasites se sont adaptés, comme les pucerons, et leurs destructeurs, comme les coccinelles, n'ont pas supporté et ont presque disparu. D'où la nécessité de détruire ces pucerons devenus nuisibles, ce qui a induit de nouveaux déséquilibres.

- risques pour la santé du consommateur, comme des utilisateurs directs de ces molécules. Ainsi l'atrazine, désherbant des maïs, fut présentée comme sans risque, voire buvable, en réunion de Développement Agricole, devant l'auteur de ces lignes...

Polluant majeur des nappes, l'atrazine a été classé comme cancérigène par le Centre International de Recherche Contre le Cancer (CIRC), puis déclassé en « cancérigène probable ». Il est maintenant reconnu comme perturbateur endocrinien probable...

A en perdre son latin, ou sa confiance en « la science », non ? L'atrazine est aujourd'hui remplacée par d'autres produits utilisés à des doses mille fois plus faibles : cinq à vingt grammes -épandus par du matériel de plein champ, dont la précision doit être diabolique- suffisent à désherber un hectare par an, au lieu de cinq kilos.

Si l'on sait maintenant que toutes ces molécules provoquent des effets directs sur la santé des agriculteurs, les études sur le cumul de doses et de produits sont inexistantes. Leurs actions se font sentir des dizaines d'années après le contact ou l'inhalation, ou parfois de façon quasi immédiate, ce qui permet alors de faire le lien entre produit, malaise ou maladie.

Sait-on ce que deviennent ces molécules, une fois dégradées dans la nature ?

Comment se recombinent-elles, en quels produits, toxiques ou non ?

Des statistiques permettent de constater les dégâts sur les utilisateurs, mais pas sur les consommateurs, exposés, sauf exception, à des doses très faibles et trop diffuses, que l'on ne peut donc estimer facilement dans les échantillons de population qui sont à la base des études.

Le cas des désherbants

Pour être efficaces, les désherbants sont vendus sous forme de mélanges complexes. La loi, issue de la directive européenne 91/414, prescrit que chaque molécule

ET chaque formulation soient étudiées de façon complète. Cette autorisation de mise sur le marché (AMM) doit être renouvelée tous les dix ans, et la formulation être « connue ».

Dans les désherbants, les molécules « actives » ont besoin de transpercer la protection cireuse des plantes, grâce à un agent mouillant. Comme l'aiguille permet l'injection du contenu de la seringue...

Encore faut-il que cette aiguille ne perturbe pas l'organisme traité (propreté, toxicité...). Pour prendre un exemple connu, la molécule active du Round Up, ou glyphosate, est toujours accompagnée d'un mouillant, souvent un poly oxyéthilène amine (POEA), molécules qui détiennent trois AMM.

Implicitement reconnue par l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, voir l'avis du 26 mars 2009), la présence conjointe du glyphosate et de POEA est pourtant absente des dossiers déposés par la firme demandeuse auprès de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), qui instruit les dossiers (voir la lettre du ministre de l'agriculture datée du 14 octobre 2009).

Alors que toutes les analyses confirment la présence d'agents mouillants. Ce ne sont pas toujours des POEA : il peut s'agir de Poly Oxy Propylène Amine, qui ne détiennent apparemment aucune AMM..., voire d'autres molécules, inconnues dans la liste des adjuvants détenant une AMM.

Par ailleurs, lors d'une Commission de toxicologie, dite ComTox, les experts présents ont à vérifier des centaines de dossiers, en quelques heures, ce qui est surhumain. A moins qu'il ne s'agisse d'une simple acceptation de « modification mineure de composition », ainsi que cela fut évoqué devant nous lors d'une rencontre à la DGAL...

Mais peut on penser que de passer d'une molécule avec des radicaux à deux carbones ait le même effet qu'avec des radicaux à trois carbones ? Un peu comme si du butane se comportait comme du propane, de l'éthanol comme du méthanol.

La loi est clairement contournée... Même si la publication de ces données n'est pas faite au public, l'administration devrait, pour le moins, exiger que les dossiers soient complets.

Et qu'en est-il de l'action de ces agents mouillants sur les sols et notamment la matière humique, énorme piège de carbone ? Sa dégradation a-t-elle été surveillée par les services publics comme l'Inra ?

Les radicaux mycéliens ont-ils la même mortalité lors d'une application de Round Up (donc des agents mouillants) que les cellules du cordon placentaire (voir l'étude de Gilles-Eric Séralini, décembre 2008) ?

Alors que certains pensent que la dégradation des sols participe au réchauffement climatique (voir Daniel NAHON, « l'épuisement de la Terre, l'enjeu du 21e siècle »), les tonnages de carbone ainsi émis sont colossaux.

Depuis le Grenelle de l'Environnement, des indices de fréquence de traitement (IFT) ont été mis en place grâce aux travaux de l'Inra.

Pourquoi les traitements par enrobage ne sont-ils pas compris dans le calcul de ces IFT ? Ne masquerait-on pas ainsi une utilisation massive de ces produits plus toxiques que tous les autres ?

Questions aux services de l'Etat

Pourquoi n'ont-ils pas étudié toutes les conséquences de leurs préconisations chimiques sur la santé, la qualité des aliments, la préservation des ressources en eau et la survie qualitative des sols agricoles ?

Pourquoi n'ont-ils jamais donné aux experts agréés les moyens de répondre à des questions simples sur le devenir des produits dans les sols, les conduisant par exemple à récuser une mission d'évaluation des risques de rémanence d'un produit pulvérisé dans les sols d'une parcelle labellisée en agrobio ?

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Auteur : Rédaction combat-monsanto.org

Source : www.combat-monsanto.org